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Marché : La construction en France freine encore la croissance

Marché : La construction en France freine encore la croissanceMarché : La construction en France freine encore la croissance

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - L'atonie du secteur de la construction pèse toujours sur la croissance de l'économie française et constituera le principal facteur de son retard sur les autres pays de la zone euro cette année, estime l'Insee.

Dans sa notre trimestrielle de conjoncture publiée jeudi, l'Institut a revu en légère baisse sa prévision pour 2015 à 1,1%, soit 0,1 point de moins que précédemment, du fait d'un "trou d'air" qu'il juge temporaire dans la production industrielle au printemps et au début de l'été.

Son estimation pour le PIB français reste supérieure à celle du gouvernement (1,0%). Mais elle se situe nettement en dessous de ses attentes pour l'ensemble de la zone euro (+1,6% en 2015), un décalage que l'Insee attribue au marasme de l'investissement en logements.

Alors que le pouvoir d'achat des ménages progresse, l'Insee attend un repli de 3,9% de l'investissement en construction en 2015 après -3,3% en 2014.

"Le principal frein au décollage de l'activité en France reste le secteur de la construction", a souligné Vladimir Passeron, chef du département conjoncture de l'Insee.

L'Institut estime ainsi à -0,4 point l'impact sur la croissance du seul secteur qui voit encore son climat des affaires se dégrader.

Si les ventes de logements neufs ont progressé de 19,3% au premier semestre selon la Fédération des promoteurs immobiliers, l'accession à la propriété ne décolle pas.

"Les dépenses en logement des ménages, qui ont déjà reculé de 25% depuis 2007, continueraient encore de baisser en seconde partie de l'année", juge l'Insee, invoquant les délais dans ce secteur où les signaux positifs se matérialisent tardivement.

L'investissement des ménages, constitué pour sa quasi totalité d'immobilier, est ainsi attendu en recul de 1,0% au troisième trimestre puis 0,6% au quatrième, pour une évolution de -4,5% sur l'année après -5,3% en 2014. Il se situe déjà à des plus bas depuis 1998.

CHÔMAGE STABILISÉ

Pour le reste, "les vents favorables qui soufflent sont encore bien présents", a dit Vladimir Passeron, rappelant que le climat des affaires était en septembre à son plus haut niveau depuis quatre ans.

"Toutefois, l'activité progresse encore par à-coups et le troisième trimestre pâtirait encore de la baisse, qui ne serait que temporaire, de la production industrielle."

Son "trou d'air" du printemps puis de juillet est imputé à des facteurs calendaires ou temporaires (grèves et arrêts techniques dans les raffineries) par l'Insee, qui prévoit une évolution heurtée de cet indicateur : -0,2% au T3 puis +0,5% au T4, après +1,2% et -0,7% aux T1 et T2.

L'Insee a révisé en conséquence ses prévisions de croissance trimestrielle à +0,2% pour le T3 et +0,4% au T4, contre +0,3% et +0,4% en juin.

Cette croissance s'accompagnerait d'un léger mieux sur le marché du travail, favorisé par le Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) et le pacte de responsabilité.

L'emploi marchand devrait continuer de se redresser au second semestre (+25.000 postes). Avec les contrats aidés, un total de 120.000 créations de postes sont attendues cette année, assez pour absorber la hausse de la population active et stabiliser en fin d'année le taux de chômage à 10,3% (DOM inclus), son niveau du deuxième trimestre.

La demande externe reste dynamique et les exportations devraient accélérer nettement sur l'année (+6,5% après +2,4% en 2014) malgré un léger contrecoup des ventes importantes, au deuxième trimestre, des secteurs naval et aéronautique.

"Les facteurs de progression du premier semestre - reprise chez nos partenaires et baisse de l'euro - seraient toujours présents", a relevé Dorian Roucher, chef de la division synthèse conjoncturelle.

La demande intérieure reste portée par la consommation des ménages, dont le pouvoir d'achat devrait progresser de 1,7% en 2015, sa plus forte hausse depuis huit ans, malgré une révision de -0,2 point par rapport à la prévision de juin.

Conséquence de la demande dynamique, l'investissement des entreprises s'inscrit dans une tendance favorable.

Le CICE, les baisses de charges et les cours du pétrole ont permis de rétablir leurs marges et les enquêtes signalent une plus grande propension à investir. Après une légère hausse au T2 (+0,3%), l'investissement devrait accélérer (+0,5% au T3, +0,6% au T4) pour ressortir à +2,1% sur un an, après +0,3% en 2014.

(édité par Yves Clarisse)

Copyright © 2015 Thomson Reuters

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