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Marché : La Bulgarie dénonce une attaque contre son système bancaire

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par Tsvetelia Tsolova et Angel Krasimirov

SOFIA (Reuters) - La Banque centrale de Bulgarie a dénoncé vendredi une tentative délibérée de déstabilisation de l'Etat par le biais d'attaques contre le système bancaire et elle a promis d'utiliser tous les moyens à sa disposition pour protéger les avoirs des citoyens.

First Investment Bank, la troisième banque du pays, a annoncé à la mi-journée la fermeture de toutes ses agences jusqu'à lundi après ce qu'elle a présenté comme "une attaque criminelle organisée" qui a conduit ses clients à retirer à ses guichets 800 millions de lev (409 millions d'euros) en quelques heures seulement.

Les valeurs bancaires chutaient pour la deuxième journée consécutive à la Bourse de Sofia, les investisseurs craignant de voir tout le secteur ébranlé par le mouvement subit de défiance qui a déjà provoqué la semaine dernière une ruée aux guichets des clients de Corporate Commercial Bank (Corpbank) pour retirer leurs avoirs.

Corpbank est depuis une semaine sous la tutelle de la banque centrale, qui assure que les difficultés de l'établissement sont isolées. Des économistes et l'agence de notation Fitch ont eux aussi minimisé le risque de contagion, tandis que les banques étrangères implantées en Bulgarie assuraient que leurs activités étaient saines.

Mais jeudi, les déclarations d'un député du parti au pouvoir selon lesquelles une autre banque pourrait connaître le même sort que Corpbank ont ravivé les inquiétudes.

"Il y a eu ces derniers jours une tentative pour déstabiliser l'Etat à travers une attaque organisée contre les banques bulgares sans aucune raison", a déclaré la banque centrale dans un communiqué, ajoutant que First Investment Bank était l'une des principales cibles de cette attaque.

L'institut d'émission a appelé toutes les institutions de l'Etat à coopérer pour protéger la stabilité financière et a réclamé des procédures judiciaires à l'encontre de ceux qui propagent "des rumeurs fausses et mal intentionnées".

Le ministre de l'Intérieur, Tsvetline Yovtchev, a annoncé qu'une enquête avait été ouverte. Le Premier ministre Plamen Orecharski, a dit pour sa part qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter.

RUÉE AUX GUICHETS, CHUTE EN BOURSE

De son côté, Boïko Borissov, le chef de file du GERB, le principal parti d'opposition, a estimé que la Bulgarie avait besoin de l'aide immédiate du Fonds monétaire international (FMI) "afin que le pays puisse se calmer".

En fin de matinée, avant l'annonce par First Investment Bank de la fermeture temporaire de son réseau, des journalistes de Reuters avaient constaté que 65 personnes faisaient la queue devant une agence de la banque dans le centre de Sofia, tandis que 12 autres patientaient devant un distributeur automatique.

"On m'a dit de venir ici pour retirer mon argent", a déclaré une femme de 32 ans qui a requis l'anonymat.

L'action First Investment Bank chutait de 22,5% en début d'après-midi à la Bourse de Sofia. Et les autres valeurs du secteur étaient elles aussi lourdement sanctionnées.

"L'ensemble du secteur bancaire est bradé à cause des problèmes autour de Corporate Bank. Les investisseurs craignent une propagation des problèmes", a dit Boyan Gatsev, un trader de Varchev Finance.

Les tensions et les rumeurs des derniers jours ravivent en Bulgarie les souvenirs de la crise bancaire des années 1990, lors de laquelle 14 banques avaient déposé le bilan.

Elles interviennent en outre au plus mauvais moment pour le gouvernement, minoritaire au parlement et qui peine à relancer la croissance économique et à endiguer la baisse marquée des investissements étrangers. Des élections législatives anticipées doivent avoir lieu le 5 octobre.

Membre de l'Union européenne depuis 2007, la Bulgarie reste le pays le plus pauvre du bloc, et aussi l'un des plus corrompus.

Il y a dix jours, Standard & Poor's a abaissé la note souveraine du pays à BBB-, un échelon seulement au dessus de la catégorie spéculative ("junk").

(Angel Krasimirov, Tsvetelia Tsolova et Matthias, Williams, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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