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Marché : La BoE voit le Brexit peser sur l'investissement et l'emploi

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par David Milliken

LONDRES (Reuters) - L'investissement et l'emploi devraient connaître une croissance nulle en Grande-Bretagne sur l'année qui vient dans le sillage du vote pour une sortie de l'Union européenne, prédit une enquête de la Banque d'Angleterre (BoE) qui laisse la porte ouverte à une nouvelle hausse de taux cette année.

Les agents régionaux de la BoE qui parlent aux entrepreneurs à travers le pays ont constaté jusqu'à présent une certaine résistance du côté de la consommation des ménages et de l'immobilier. Mais ils ont également relevé une réticence grandissante des entreprises à investir et à embaucher.

"Les intentions en matière d'investissement ont baissé et signalent une stabilisation des dépenses d'investissement et des embauches sur les six à 12 mois à venir", écrit la BoE.

Les projets d'investissement des entreprises britanniques sont au plus bas depuis 2010, selon l'enquête.

Les indicateurs récents montrent que l'économie britannique a plutôt bien résisté jusqu'ici aux effets du référendum du 23 juin dernier.

Depuis le vote sur le Brexit, la livre sterling a perdu plus de 10% contre le dollar, ce qui a soutenu les exportations britanniques et contribué à limiter le choc économique que de nombreux prévisionnistes redoutaient.

Les conséquences à long terme demeurent cependant imprévisibles.

RALENTISSEMENT EN VUE

La BoE s'attend à voir la croissance du produit intérieur brut (PIB) britannique baisser de plus de moitié l'an prochain, à 0,8%. L'OCDE a prédit mercredi pour sa part une croissance divisée par deux en 2017, à 1%.

Ce ralentissement prévu pourrait conduire la banque centrale, qui a abaissé le mois dernier son taux directeur pour la première fois depuis 2009 et relancé son programme de rachat d'obligations, à réduire à nouveau ses taux en novembre prochain pour les placer juste au-dessus de zéro.

L'institut d'émission se tient prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la stabilité financière et n'exclut pas de baisser encore les taux mais écarte l'idée de les faire passer en territoire négatif, a déclaré son gouverneur, Mark Carney.

Le ministre des Finances, Philip Hammond, a déclaré pour sa part que l'objectif d'un excédent budgétaire était remis à plus tard et que des augmentations modérées de la dépense publique pour relancer l'économie n'étaient pas exclues.

"Je reconnais qu'il puisse y avoir certaines difficultés qui nous attendent mais je suis convaincu que nous avons les outils nécessaires pour soutenir notre économie pendant que nous nous ajustons à notre nouvelle relation avec l'UE", a-t-il dit en réaction à la nouvelle prévision de croissance de l'OCDE.

Les économistes s'inquiètent dans ce contexte pour le déficit budgétaire britannique, qui a été ramené à 4% du PIB sur le dernier exercice contre plus de 10% en 2010 mais reste parmi les plus importants des pays développés.

"Nous craignons que la combinaison d'une croissance ralentie et d'une politique budgétaire plus accommodante ne se traduise par (...) des comptes qui restent dans le rouge jusqu'au terme de l'horizon des prévisions, en 2021-22", dit Philip Shaw, économiste d'Investec.

(Patrick Vignal pour le service français, édité par Véronique Tison)

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