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Marché : La BCE va agir. Mais quand passera-t-elle à l'acte ?

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(CercleFinance.com) - Certes, la Banque centrale européenne (BCE) n'a pas modifié sa politique monétaire lors de la réunion du conseil des gouverneurs organisée la veille. Mais le discours de Mario Draghi, son président, a bel et bien changé : l'éventualité d'une action non conventionnelle et d'un QE, évoquée en clair, s'est sensiblement renforcée. La question n'est plus “si” ni “pourquoi”, mais “comment” et “quand”, selon un analyste. Les statistiques de l'inflation en zone euro au mois d'avril pourraient jouer un rôle déterminant.

Pour Aurel BGC, le président de la BCE a encore une fois utilisé “l'arme de la communication” en “laissant espérer une intervention prochaine” à l'aide des moyens non-conventionnels à sa disposition, “dont des rachats d'actifs, si l'inflation menaçait de rester trop longtemps trop basse”

Selon les analystes, la banque de Francfort a “l'art d'entretenir l'espoir”, puisqu'au-delà du discours, la politique monétaire reste inchangée à ce jour. Ce qui fonctionne : les marchés d'actions ont grimpé et l'euro teste le plancher des 1,37 dollar, loin de son record annuel de 1,3967.

Mais les perspectives se précisent. Confronté au plus faible taux d'inflation depuis 2009 (0,5% en mars, selon Eurostat), la BCE a insisté sur le rôle des prix de l'énergie.

Du côté de la politique conventionnelle - les taux directeurs -, la 'forward guidance' a été “indéniablement renforcée” : il n'est plus seulement question de maintenir les taux bas pendant une période prolongée ou de les abaisser encore. Le discours est plus ferme : 'nous n'excluons pas de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire'. Ce pourrait être le cas si l'inflation, inférieure aux prévisions de la BCE, ne rebondissait pas comme attendu, où si les perspectives économiques venaient à décevoir.

En outre, le conseil des gouverneurs se déclare “unanime” dans son engagement à utiliser “aussi des instruments non conventionnels, dans le cadre de son mandat, afin de faire face efficacement aux risques d'une période prolongée de faible inflation”, écrit Aurel BGC.

Nombreux sont les sujets qui ont été évoqués hier lors du conseil des gouverneurs : instauration d'un taux de pénalité sur la facilité de dépôt, nouveau resserrement du corridor formé par les taux directeurs mais aussi, du côté non conventionnel, arrêt de la stérilisation du SMP et surtout d'un “QE (comme le fait la Fed américaine, ndlr) à l'européenne”.

Le QE “a indéniablement des partisans au sein du la banque centrale. Il reste que des difficultés techniques perdurent, notamment en termes de structures de marché, voire, pour certains, de compatibilité avec les statuts de la BCE”, ajoute Aurel BGC. Et ce QE ne pourra qu'être différent de celui de la Réserve fédérale américaine.

Quoi qu'il en soit, conclut Aurel BGC, “la BCE est prête plus que jamais à agir. Mais la majorité du conseil des gouverneurs n'estime pas (encore) nécessaire de le faire et le débat sur le meilleur instrument d'intervention n'est toujours pas tranché.”

Pour Oddo & Cie, 'Super Mario met le turbo' ! La déclaration du président de la BCE constitue aussi une surprise, dans la mesure où la grande majorité des intervenants n'attendait rien de neuf de cette réunion, pas même en termes d'annonces.

Rien de neuf du côté de l'inflation : avec raison selon Oddo, la BCE juge faible le risque de déflation. “Ce qui l'inquiète est la situation d'inflation basse prolongée - le concept de 'low-flation' popularisé par le FMI”, commentent les spécialistes.

Mais Mario Draghi “n'avait jamais, comme hier, affiché un biais si fort en faveur d'un assouplissement de la politique de la BCE. Il a admis hier “qu'un programme de détente quantitative était sérieusement à l'étude.” Donc “la résistance de la BundesBank est levée”, en déduit Oddo.

“Au sujet du QE, la question du 'si' et du 'pourquoi' paraît tranchée : le conseil est unanime pour tout faire, y compris par les voies non-conventionnelles, pour remplir son mandat. Le débat porte désormais sur la question du 'comment', et ce qui en découle, sur la question du 'quand'”, commente Oddo.

Les spécialistes du bureau d'études parisien se risquent enfin à un pronostic : “il est possible que la BCE annonce assez vite les grandes lignes d'un programme d'achats de prêts bancaires titrisés, quitte à en conditionner la mise en oeuvre à la réalisation d'un certain nombre de conditions : la fin de l'Asset Quality Review (AQR), la reprise du marché des Asset Backed Securities (ABS) et, bien sûr, le maintien d'une inflation basse”, écrit Oddo.

Chez la banque canadienne Desjardins, on souligne aussi que la BCE a indiqué 'qu'elle suivra de près l'évolution de l'euro' et montre en cela 'qu'elle se soucie de la vigueur de l'euro'. Au final, Desjardins s'attend toujours à l'annonce prochaine de nouvelles mesures d'assouplissement, éventualité que la réunion d'hier a renforcé.

'Alors que la baisse des taux semblait être la réponse la plus probable à une faiblesse prolongée de l'inflation, l'option d'un assouplissement quantitatif apparaît un peu plus sérieuse aujourd'hui', peut-on lire.

Pour Société Générale aussi, la nouveauté apportée par cette réunion est que le QE fait maintenant officiellement partie de la 'boîte à outils de la BCE', si le risque déflationniste venait à s'accroître. Mais Mario Draghi a aussi confirmé ses anticipations d'inflation à moyen terme, qui excluent la déflation, et douté de l'efficacité des programmes de rachats d'actifs sous leur forme actuelle. Bref, la BCE ne semble pas décidée à se servir de son nouvel outil, du moins à court terme. Même si les cambistes comprennent qu'en cas de mauvaise surprise sur l'inflation, la BCE pourrait passer à l'action.

Chez Credit Suisse enfin, on se veut dubitatif : 'Mario Draghi a réussi cette fois-ci', écrivent les analystes, en se montrant plus accommodant que les fois précédentes dans son discours. Une mauvaise surprise de côté des indices de prix pourrait cependant pousser la BCE à passer à l'action. Désormais, Credit Suisse a donc les yeux rivés sur les chiffres de l'inflation en zone euro pour avril. Sachant que l'estimation rapide de ceux de mars (0,5%) a été publiée le 31 mars. A suivre.


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