Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : La BCE se dit prête à agir pour l'économie dès juin

Marché : La BCE se dit prête à agir pour l'économie dès juin

Marché : La BCE ne modifie pas ses taux, malgré l'euro et l'inflationMarché : La BCE ne modifie pas ses taux, malgré l'euro et l'inflation

par Jan Strupczewski et John O'Donnell

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) est prête à agir dès le mois prochain pour soutenir l'économie de la zone euro, a déclaré jeudi Mario Draghi, le président de la BCE, tout en jugeant que les appels extérieurs exhortant l'institut d'émission à prendre des mesures risquaient de saper sa crédibilité.

La perspective d'un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la zone euro s'est traduite par une nette hausse des Bourses européennes et un repli marqué de l'euro.

La monnaie unique, qui s'était rapprochée du seuil symbolique de 1,40 dollar juste avant la conférence de presse du président de la BCE, évoluait vers 16h30 GMT autour de 1,3860 . De leur côté, les places européennes ont terminé en nette hausse, la place de Paris affichant un plus haut de clôture de près de six ans.

"A l'issue des débats (d'aujourd'hui), je dirais que le conseil des gouverneurs ne voit pas de difficulté à agir la prochaine fois mais avant cela, nous devons disposer des projections de nos équipes, qui sortiront début juin", a dit Mario Draghi lors d'une conférence de presse.

La BCE avait annoncé peu avant le maintien de ses taux d'intérêt, dont le principal, le taux de refinancement, reste fixé à 0,25%.

Mario Draghi n'est pas entré dans le détail des mesures que la BCE pourrait prendre, se contentant de réaffirmer que la BCE était résolue à utiliser "tous les instruments non-conventionnels rentrant dans le champ de son mandat pour faire face efficacement aux risques d'une période trop prolongée de basse inflation."

Un assouplissement de la politique de la BCE pourrait passer par une baisse des taux directeurs, la fourniture de liquidités bon marché voir un recours à l'"assouplissement quantitatif", en clair la planche à billets.

Contrairement à la BCE, la Réserve fédérale américain, la Banque d'Angleterre et la Banque du Japon ont toutes les trois eu largement recours à ce procédé depuis la crise financière de 2007-2009.

Si la plupart des économistes ne voient pas la BCE s'embarquer dans un programme d'assouplissement quantitatif, ils estiment notamment probable une série de mesures visant à faire décoller les prêts consentis aux petites et moyennes entreprises.

De telles mesures ciblées "pourraient conduire à une baisse du taux de change, disons de quelques cents pendant quelques semaines", a estimé Holger Schmieding, analyste chez Berenberg.

LA VIGUEUR DE L'EURO, UN SUJET DE PRÉOCCUPATION

En plus de l'évocation d'une possible action de la BCE à l'issue de sa prochaine réunion de politique monétaire, Mario Draghi a réaffirmé son engagement à maintenir une politique monétaire accommodante pendant une période prolongée.

"Nous réaffirmons avec force que nous prévoyons toujours de laisser les taux directeurs de la BCE à leur niveau actuel, voire de les abaisser, pendant une période de temps prolongée", a-t-il dit.

Il a également jugé qu'un renchérissement de la monnaie unique dans un contexte de basse inflation était un "grave sujet de préoccupation".

Même si le taux d'inflation est remonté à 0,7% en rythme annuel en avril après un point bas de plus de quatre ans à 0,5% en mars, la hausse des prix à la consommation reste très éloignée de l'objectif de la BCE d'une inflation tout juste inférieure à 2%.

"En s'exprimant sur le taux de change et en laissant entendre qu'une action était possible en juin, Draghi a placé la BCE dans une position de laquelle elle aura du mal à s'échapper", estime Carsten Brzeski, économiste d'ING.

"Toutefois, de notre point de vue, il n'est pas acquis que la BCE agisse réellement en juin. En fait, si les chiffres du PIB au premier trimestre sont meilleurs qu'attendu, la croissance pour cette année pourrait être revue à la hausse."

Les statistiques du produit intérieur brut (PIB) dans la zone euro et ses principaux pays membres pour les trois premiers mois de l'année sont attendus la semaine prochaine.

INDÉPENDANCE

En évoquant clairement la hausse de l'euro, Mario Draghi a semblé répondre aux recommandations adressées par les uns et les autres à la BCE.

Samedi dernier, le Premier ministre français, Manuel Valls, avait ainsi appelé de ses voeux une autre politique monétaire en Europe, plus favorable à la croissance, des propos critiqués par Berlin peu après.

Et mardi, l'OCDE, à l'occasion de ses nouvelles prévisions économiques, avait appelé la BCE à assouplir sa politique pour écarter une menace déflationniste.

"Au cours de ces derniers jours, nous avons reçu quantité de recommandations de responsables politiques (et) d'institutions sur pratiquement tous les sujets (...) et nous en sommes très reconnaissants", a déclaré Mario Draghi jeudi.

"Mais vous savez que les traités ont fait de nous une entité indépendante donc il faut savoir que si ceci était considéré comme une menace pour notre indépendance, notre crédibilité risquerait d'en souffrir sur le long terme."

(Avec la contribution d'Eva Taylor et de Paul Carrel à Francfort,; Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Angrand)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...