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Marché : La BCE maintient ses taux et attend une reprise graduelle

Marché : La BCE ne modifie pas ses taux directeursMarché : La BCE ne modifie pas ses taux directeurs

par Sakari Suoninen

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne a laissé sa politique monétaire inchangée jeudi, maintenant son principal taux directeur à 0,5%, en expliquant que l'amélioration récente des indicateurs économiques confortait sa prévision d'une reprise graduelle d'ici la fin de l'année.

Son président Mario Draghi a déclaré, lors d'une conférence de presse, que le maintien d'une politique monétaire accommodante et le redressement des marchés financiers "devraient contribuer à soutenir les perspectives d'une reprise économique dans le courant de l'année". Et il a assuré que la politique de la BCE resterait accommodante aussi longtemps que nécessaire.

Il a ajouté que la BCE continuait d'étudier les moyens à sa disposition pour soutenir le crédit aux petites et moyennes entreprises (PME) et relancer le marchés des titres adossés à des créances (ABS), des instruments financiers qui permettent aux banques de réduire leur exposition au risque de crédit, donc de prêter plus facilement.

Mais Mario Draghi a reconnu qu'il ne fallait pas s'attendre à des mesures concrètes en la matière "à court terme".

Les services de la banque centrale (Eurosystème) ont revu à la baisse leurs prévisions économiques pour la zone euro cette année et tablent désormais sur une contraction de 0,6% du produit intérieur brut (PIB) des Dix-Sept, avant une croissance de 1,1% l'an prochain.

L'inflation, elle, devrait tomber à 1,4% cette année et même à 1,3% en 2014, donc nettement sous l'objectif d'un niveau "inférieur à mais proche de 2%" que s'est fixé la BCE.

Mario Draghi a expliqué que le Conseil des gouverneurs avait évoqué la possibilité d'un taux négatif de rémunération des dépôts des banques. Une mesure exceptionnelle censée elle aussi favoriser le crédit et à laquelle la BCE est techniquement prête mais qu'elle n'est pas disposée à utiliser "pour le moment".

Prié de préciser si cette position faisait l'unanimité au sein du Conseil, Mario Draghi a expliqué qu'il existait un consensus sur le fait qu'"il n'y a pas de changement de direction qui justifierait une action immédiate". Dans le passé, il a fait référence à un consensus pour évoquer une large majorité, pas forcément l'unanimité.

CRITIQUE IMPLICITE DE LA COMMISSION SUR LES DÉFICITS

"Cela peut être perçu comme une réaction à la légère amélioration des indices des directeurs d'achats (PMI), qui semblent signaler que le pire est passé pour la zone euro", a commenté David Kohl, chef économiste de la banque Julius Baer pour l'Allemagne.

Les PMI publiés en début de semaine ont montré une poursuite de la contraction de l'activité dans le secteur privé en mai, bien qu'à un rythme moins marqué qu'au cours des mois précédents.

Mario Draghi n'a toutefois pas exclu une évolution de la politique monétaire si nécessaire.

Pour Nick Kounis, économiste d'ABN Amro, "si les indicateurs devenaient décevants, une baisse du taux refi deviendrait une option".

Les Bourses européennes amplifiaient leur repli pendant la conférence de presse de Mario Draghi et les rendements des emprunts d'Etat des pays "périphériques" de la zone euro remontaient, les marchés ayant mal reçu l'avertissement lancé par le président de la BCE contre le risque d'être "trop optimistes".

Mario Draghi a par ailleurs encouragé les gouvernements de la zone euro à poursuivre la réduction des déficits et des dettes publiques, en soulignant que l'octroi de délais supplémentaires pour parvenir aux objectifs fixés devait être réservé à "des circonstances exceptionnelles".

Ces propos sonnent comme une critique implicite de la décision adoptée la semaine dernière par la Commission européenne d'octroyer de tels délais à cinq pays, dont la France.

Interrogé sur les moyens de favoriser le crédit aux PME, dont la raréfaction demeure un sujet de préoccupation pour la BCE, Mario Draghi a répondu que l'institution continuait de coopérer sur le dossier avec la Banque européenne d'investissement (BEI) mais qu'elle laissait à cette dernière le soin de prendre l'initiative.

Après avoir, pendant plusieurs mois, évoqué la possibilité de mesures exceptionnelles destinées à doper l'octroi de crédit, la BCE s'est employée récemment à canaliser les anticipations en la matière.

De son côté, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy avait déclaré vendredi s'attendre à une proposition commune du Conseil et de la BEI d'ici la fin du mois sur le crédit aux PME. Dans cette hypothèse, la BCE pourrait ne jouer qu'un second rôle.

Avec Paul Carrel et Paul Taylor, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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