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Marché : La BCE inaugure en douceur son nouveau soutien au crédit

Marché : La BCE inaugure en douceur son nouveau soutien au créditMarché : La BCE inaugure en douceur son nouveau soutien au crédit

par Eva Taylor et John O'Donnell

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a prêté jeudi 82,6 milliards d'euros à 255 banques dans le cadre de la première de ses nouvelles opérations de refinancement à quatre ans, les TLTRO, qui constituent le principal volet de son plan de soutien au crédit et de lutte contre les pressions déflationnistes.

Le montant global de cette première opération est inférieur aux attentes, ce qui a favorisé une brève hausse de l'euro face au dollar sur le marché des changes tandis que le marché obligataire s'orientait à la baisse.

L'opération de jeudi est la première des huit TLTRO annoncées le 5 juin pour tenter de relancer le crédit, soutenir l'inflation et, accessoirement, faire baisser l'euro.

Les TLTRO, qui arriveront à échéance en septembre 2018, visent à inciter les banques à prêter davantage aux entreprises et aux ménages. Il s'agit de prêts à taux fixe et très faible (0,15% pour celui de jeudi) que les banques peuvent souscrire dans la limite de 7% de leur encours de prêts au secteur privé non-financier de la zone euro.

La BCE a fixé à 1.000 milliards d'euros le plafond de l'ensemble des prêts qu'elle est susceptible d'accorder aux institutions financières dans ce cadre, dont 400 milliards pour les deux premières opérations, en septembre et décembre.

Les économistes et analystes interrogés lundi par Reuters prévoyaient en moyenne que les banques emprunteraient 133 milliards d'euros lors de l'opération de jeudi et tablent sur 200 milliards pour celle du 11 décembre.

Le succès du nouveau plan de la BCE est jugé crucial pour les 18 pays de la zone euro, dont l'économie peine à sortir de la crise et confrontés à un chômage record.

ATTENTISME

Les prêts massifs à taux quasi-nuls accordés ces dernières années aux institutions financières par la banque centrale n'avaient eu que peu d'impact sur le crédit, les banques préférant réinvestir la majeure partie ces liquidités dans l'achat d'obligations d'Etat, plus sûres et mieux rémunérées. Les critiques des TLTRO craignent de les voir elles aussi détournées de leur but premier.

Par ailleurs, l'approche de la publication des résultats des inspections menées par la BCE sur l'état de santé des banques a pu dissuader certaines d'entre elles de participer à l'opération de jeudi.

"Le secteur financier européen reste faible", explique Karel Lannoo, du cercle de réflexion CEPS à Bruxelles. "Il pourrait y avoir un effet de stigmatisation parce que les marchés attendent les AQR (asset quality review) dans quelques semaines."

Pour Johannes Mayr, économiste de la banque allemande BayernLB, la faiblesse relative du montant emprunté jeudi "nourrit les attentes envers le programme de rachat de dettes sécurisées et pourrait alimenter les spéculations sur la possibilité que la BCE doive acheter d'autres actifs, comme des emprunts d'Etat".

Le plan d'action présenté début juin par Mario Draghi, le président de la BCE, prévoit en effet le lancement au cours des prochains mois d'un programme d'achats de titres adossés à des actifs (asset-backed securities, ABS) et d'achats d'obligations sécurisées.

Mais les modalités de ces opérations ne doivent être détaillées que le 2 octobre, à l'issue de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs. Plusieurs sources informées des discussions au sein de la BCE ont dit à Reuters que ces programmes pourraient se dérouler sur trois ans et porter sur 500 milliards d'euros. L'attente de ces précisions pourrait avoir incité certaines banques à la modération jeudi.

Sans attendre, certains observateurs ne cachent pas leur scepticisme quant à la capacité de la BCE à relancer le crédit aux PME, pourtant jugé crucial pour soutenir la croissance. Karel Lannoo, du CEPS, rappelle que les 1.000 prêtés fin 2011 et début 2012 dans le cadre des LTRO, précurseurs des TLTRO, n'ont guère eu d'effet.

"Est-ce que cela a contribué à améliorer le crédit au secteur privé ? Pas tellement", dit-il. "Cela n'a pas réduit le fossé entre Nord et Sud."

Nomura, qui prévoit un montant total de 250 à 300 milliards d'euros pour les deux TLTRO de cette année, estime que les banques italiennes et espagnoles pourraient utiliser la totalité de leurs capacités d'emprunt dans ces opérations, soit 75 et 54 milliards respectivement.

(Eva Taylor et John O'Donnell, Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

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