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Marché : La BCE évoque un impact significatif du Brexit sur la zone euro

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par Balazs Koranyi

FRANCFORT (Reuters) - Un vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne pourrait avoir un impact négatif significatif sur la zone euro et affaiblir davantage ses perspectives de croissance, pensent les gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) selon le compte-rendu, publié jeudi, de leur réunion du 2 juin.

La croissance de la zone euro est freinée par la faiblesse du contexte international, en particulier dans les pays émergents, et par la poursuite des efforts de désendettement des entreprises, ont conclu les gouverneurs de la BCE, pour qui les risques restent baissiers.

Cette réunion s'est tenue avant la victoire des partisans d'une sortie de l'UE lors du référendum en Grande-Bretagne le 23 juin, qui a fait chuter certains marchés mais aussi provoqué une baisse des rendements de nombreuses obligations souveraines, une évolution qui va dans le sens de la politique monétaire de la BCE.

"Dans le cas où le Royaume-Uni voterait en faveur d'une sortie, c'est-à-dire un "Brexit", il pourrait y avoir des répercussions négatives significatives, quoique difficiles à anticiper, dans la zone euro via un certain nombre de canaux, notamment les relations commerciales et les marchés financiers", est-il écrit dans ce compte-rendu.

La BCE, dont le ton prudent rappelle celui de la Réserve fédérale américaine, a dit qu'il faudrait du temps pour mesurer pleinement les effets de ses nouvelles mesures d'assouplissement monétaire, déjà dévoilées mais pas encore mises en oeuvre au moment de cette réunion, notamment les rachats d'obligations d'entreprises et un nouveau cycle de prêts à très bas taux.

Dans les "minutes" de sa réunion des 14 et 15 juin publiées mercredi, la Fed a dit de son côté qu'elle ne relèverait pas ses taux d'intérêt tant qu'elle n'aurait pas une vision plus claire des conséquences du référendum britannique sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne (UE).

LA BCE PRÊTE À UTILISER TOUS SES INSTRUMENTS

Le président de la BCE Mario Draghi a récemment déclaré que le Brexit aurait un impact négatif cumulé sur la croissance en zone euro de 0,3% à 0,5% sur les trois prochaines années.

Les responsables de la politique monétaire ont réaffirmé que la banque centrale était prête à utiliser tous les instruments à sa disposition dans le cadre de son mandat si cela s'avère nécessaire au vu des perspectives d'inflation en zone euro.

Pour la BCE, l'un des problèmes principaux pourrait être la fuite des investisseurs vers les obligations souveraines les mieux notées constatée depuis le référendum en Grande-Bretagne, un mouvement qui limite le montant des obligations disponibles dans le cadre de son programme de rachat d'actifs de 1.740 milliards d'euros.

Près du tiers des obligations de la zone euro ne sont plus éligibles à ce programme dit d'assouplissement quantitatif car leur rendement est inférieur au taux de dépôt de la BCE qui est de 0,4%, selon des données de Tradeweb publiées jeudi.

D'après le compte-rendu de la réunion de la BCE, un participant a remarqué que les marchés s'attendaient à ce qu'il soit difficile de trouver suffisamment de dette souveraine à acquérir, ce qui pourrait accentuer la volatilité des cours.

Bien qu'elle puisse acquérir d'autres actifs si elle ne trouve pas assez de dette souveraine, la BCE a noté que les investisseurs restaient attachés à certains segments du marché et que la composition des achats restait de ce fait importante.

Certains analystes s'attendent à ce que la banque centrale manque bientôt de dette allemande, irlandaise et portugaise à acquérir en raison des limites qu'elles s'est fixées, ce qui pourrait l'obliger à modifier légèrement certains de ses critères si elle veut continuer à atteindre son objectif de 80 milliards d'euros d'achats d'actifs par mois jusqu'en mars 2017, date à laquelle le programme actuel doit prendre fin.

Toute extension du programme, anticipé par de nombreux analystes, obligerait presque certainement la BCE à modifier les limites qu'elle s'est imposées ou la répartition des actifs qu'elle peut acheter.

(Bertrand Boucey et Juliette Rouillon pour le service français)

Copyright © 2016 Thomson Reuters

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