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Marché : La BCE et l'Eurogroupe ne décèlent pas de risque net de déflation

Marché : La BCE et l'Eurogroupe ne décèlent pas de risque net de déflationMarché : La BCE et l'Eurogroupe ne décèlent pas de risque net de déflation

par Martin Santa et John O'Donnell

ATHENES (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) et l'Eurogroupe ne décèlent pas un risque de déflation bien défini dans la zone euro en dépit d'un net ralentissement de la hausse des prix mais une période prolongée d'inflation faible pourrait être préjudiciable à l'économie.

L'inflation de la zone euro reste coincée dans une "zone dangereuse" - suivant les propres termes de la BCE - en deçà de 1% depuis octobre et elle a encore baissé en mars, à un niveau sans précédent depuis plus de quatre ans de 0,5% en rythme annuel.

"Le taux de croissance de l'inflation est une préoccupation", a dit le vice-président de la BCE Vitor Constancio, lors d'une conférence de presse, à la suite d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe). "Cela semble indiquer que l'Europe et la zone euro peuvent se retrouver dans une période prolongée d'inflation basse et cela peut constituer un frein à la reprise".

"Nous ne percevons aucune perspective de déflation", a-t-il cependant ajouté.

La BCE tiendra jeudi sa traditionnelle réunion mensuelle de politique monétaire mais les économistes pensent qu'elle s'abstiendra pour le moment de toute initiative - classique ou moins conventionnelle - visant à relancer l'inflation.

Le ministre de l'Economie italien Pier Carlo Padoan est en phase avec ce constat. "Il n'y a pas de risque de déflation évident et cela se fonde sur le fait que les anticipations d'inflation à moyen terme sont ancrées à des niveaux normaux autour de 2%, ce qui est l'objectif à moyen terme de la zone euro", a-t-il observé.

"Cela dit, les autorités suivent très attentivement l'évolution de la situation... Il y a une réunion du conseil de la banque centrale jeudi au cours de laquelle la situation sera à nouveau examinée", a-t-il ajouté.

Constancio, qui pense que la croissance s'est poursuivie en zone euro au premier trimestre de cette année, a ajouté que la reprise autoriserait une remontée de l'inflation et ce dès le mois d'avril.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn pense pour sa part qu'une période prolongée de basse inflation "affecterait négativement le processus de rééquilibrage de l'économie de la zone euro".

"D'un côté, cela augmenterait évidemment le revenu réel disponible, mais de l'autre cela ralentirait le rééquilibrage de la zone euro", a-t-il ajouté.

Le Fonds monétaire international appelle régulièrement la BCE à baisser encore ses taux directeurs ou à pratiquer une politique d'assouplissement quantitatif - sous la forme de rachats d'actifs - telle qu'elle se pratique aux Etats-Unis, au Japon ou en Grande-Bretagne.

Comme Rehn, le FMI argue qu'avec une inflation faible, les pays très endettées de la zone euro ont beaucoup de mal à réduire leur endettement, à regagner de la compétitivité et à combattre efficacement le chômage.

En outre, la fermeté de l'euro ne contribue pas à rendre la zone euro plus concurrentielle à l'exportation.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)

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