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Marché : La BCE déterminée à faire remonter l'inflation, dit Mario Draghi

Marché : La BCE se dit prête à agir rapidement si l'inflation reste basseMarché : La BCE se dit prête à agir rapidement si l'inflation reste basse

par John O'Donnell et Eva Taylor

FRANCFORT (Reuters) - Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a ouvert vendredi la voie à des initiatives de politique monétaire plus radicales pour relancer l'économie de la zone euro, estimant que l'inflation "excessivement basse" devait être rapidement augmentée par tous les moyens nécessaires.

"Nous continuerons à faire face à nos responsabilités, nous ferons ce que nous devons faire pour augmenter l'inflation et les perspectives d'inflation aussi vite que possible, comme notre mandat sur la stabilité des prix le réclame", a déclaré Mario Draghi lors d'un congrès bancaire annuel à Francfort.

"Si, sur sa trajectoire actuelle, notre politique n'est pas assez efficace pour y parvenir, ou si de nouveaux risques pour les perspectives d'inflation se matérialisent, il nous faudra augmenter la pression et élargir davantage les canaux à travers lesquels nous intervenons en modifiant en conséquence la taille, le rythme et la composition de nos rachats", a-t-il ajouté.

Mario Draghi a qualifié de difficile la situation économique de la zone euro en soulignant le faible niveau de la croissance et en jugeant qu'il ne fallait pas attendre d'amélioration dans les prochains mois.

Le président de la BCE a dit lundi que les nouvelles mesures d'assouplissement monétaire au sein de la zone euro pourraient porter sur des achats à grande échelle d'obligations souveraines, une politique dite d'assouplissement quantitatif qui a été mise en oeuvre aussi bien par la Réserve fédérale américaine que par la Banque du Japon ou la Banque d'Angleterre.

"Draghi a pratiquement annoncé que la banque centrale allait encore assouplir sa politique rapidement. 'M. Peut-être' s'est transformé en 'M. Certainement'", a commenté Nick Kounis, économiste chez ABN Amro. "Nous pensons que la BCE épuisera toutes les alternatives avant d'en venir aux achats de dettes souveraines", a-t-il toutefois ajouté.

L'EURO BAISSE, LES BOURSES GRIMPENT

Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, notoirement réticent à une accentuation de l'assouplissement monétaire par la BCE, qui s'exprimait après Mario Draghi dans le cadre du congrès, a soigneusement évité d'aborder les questions de politique monétaire et s'est exprimé sur la régulation bancaire.

"Nous ne pouvons pas constamment nous commenter les uns les autres", a déclaré Jens Weidmann à des journalistes en marge de son intervention.

L'euro a accentué ses pertes après les propos du président de la BCE et perdait en début d'après-midi 1,35% face au yen, à 146,2 yens et près de 1% face à la devise américaine, à 1,2414 dollar.

Les Bourses européennes, qui avaient ouvert sur une note timide, ont accru leurs gains : le FTSEurofirst prenait 2% et à Paris, le CAC 40 avançait de 2,69%.

Mario Draghi a reconnu que les systèmes financiers de la zone euro, du Japon et des Etats-Unis étaient différents mais il a souligné que l'assouplissement quantitatif pouvait avoir un impact dans tous les cas au travers des effets de change.

"Il y a des preuves qu'aussi bien les différents programmes d'achats massifs d'actifs de la Fed que le programme d'assouplissement quantitatif et qualitatif de la banque du Japon ont entraîné une dépréciation significative de leur taux de change respectif, même dans une situation où les rendements à long terme étaient déjà très bas, comme au Japon."

Quelques heures seulement après le discours de Mario Draghi, la BCE a annoncé avoir commencé à acheter des titres adossés à des actifs (ABS). Le mois dernier, elle avait déjà entamé ses achats d'obligations sécurisées.

Ces mesures viennent s'ajouter aux prêts massifs à quatre ans à taux très faible (TLTRO) accordés aux banques de la zone euro avec l'espoir de relancer le crédit.

Mario Draghi a évoqué à plusieurs reprises le recours si nécessaire à d'autres mesures non conventionnelles qui pourraient inclure le rachat de dette souveraine, autrement dit de l'assouplissement quantitatif à l'américaine.

(Patrick Vignal et Marc Joanny pour le service français)

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