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Marché : La BCE appelle les banques à participer à la reprise économique

Marché : La BCE appelle les banques à participer à la reprise économiqueMarché : La BCE appelle les banques à participer à la reprise économique

par Annika Breidthardt

FRANCFORT (Reuters) - Des responsables de la Banque centrale européenne ont souligné mercredi l'importance pour la relance de l'économie de la zone euro que les banques répondent à la demande croissante de crédit, tout en laissant entendre que la BCE pourrait envisager des nouvelles injections de liquidités dans le système.

Yves Mersch, membre du directoire de la BCE, a déclaré que la banque centrale préparait plusieurs instruments à utiliser au cas où elle déciderait de prendre de nouvelles mesures de politique monétaire à sa réunion de juin, en saluant, comme son collègue Peter Praet, la reprise progressive de la demande de crédit.

"Nous avons constaté que la demande de crédit progressait à nouveau. Cela pourrait déboucher sur une pénurie d'offre", a dit Yves Mersch lors d'une conférence, tout en appelant les banques à jouer leur rôle dans la reprise et à distribuer des prêts.

Dans une interview à Die Zeit, Peter Praet a lui aussi indiqué que la BCE préparait un ensemble de mesures pour sa réunion de juin, dont l'octroi aux banques d'un nouveau programme de prêts à plus long terme (LTRO), éventuellement assortis de certaines conditions.

"Il est très important pour la reprise économique que les banques répondent également à cette demande (croissante de crédit)", a-t-il déclaré à l'hebdomadaire allemand.

La BCE a injecté plus de 1.000 milliards d'euros fin 2011 et début 2012 dans le système bancaire en mal de refinancement. Ces prêts arrivent à échéance au début de l'an prochain mais les banques en ont remboursé plus de la moitié par anticipation.

Ces commentaires de deux membres du directoire de la BCE ont été faits après que des sources ont indiqué à Reuters que les projets de la BCE incluaient des mesures ciblées visant à favoriser le crédit aux petites et moyennes entreprises.

L'INFLATION EN LIGNE DE MIRE

La BCE pourrait également décider d'une baisse de ses trois taux directeurs et notamment d'un taux de dépôt négatif, ce qui serait une première dans l'histoire de l'institution. Un taux négatif signifie que les banques devraient verser un intérêt pour placer leur trésorerie en dépôt à la BCE, plutôt que de l'utiliser pour distribuer des prêts. (voir)

Peter Praet a ajouté qu'il ne voyait pas la BCE s'embarquer dans un programme d'assouplissement quantitatif - qui revient, comme la Réserve fédérale américaine, la Banque d'Angleterre ou la Banque du Japon, à faire tourner la planche à billets - sauf si les conditions économiques se détérioraient en zone euro.

"(De telles mesures) ne seront envisagées que si l'évolution de l'inflation de la zone euro était vraiment pire que nous le pensions", a-t-il poursuivi.

Yves Mersch a ajouté pour sa part que la BCE pouvait racheter de la dette souveraine sur le marché secondaire dans le cadre de son programme de rachats obligataires et n'était pas limitée dans son action par l'attente du jugement de la Cour de justice de l'Union européenne sur la légalité de ce programme.

La BCE a lancé en 2012 ce programme d'achats obligataires illimités dit OMT (opérations monétaires sur titres) - qui n'a jamais été utilisé - à un moment où l'hypothèse d'un éclatement de la zone euro était prise au sérieux sur les marchés.

la Cour constitutionnelle allemande a renvoyé cette année à la Cour de justice européenne le dossier des plaintes contre ce l'OMT, tout en disant qu'il y avait lieu de penser que ce programme allait au-delà du mandat de la BCE et violait la règle lui interdisant de financer directement les Etats membres.

Yves Mersch a reconnu qu'il était tout à fait clair que les achats d'obligations souveraines sur le marché primaire ne figuraient pas parmi les instruments à la disposition de la BCE.

"Ceci dit, notre mandat inclut la possibilité de racheter, sous certaines conditions, des obligations d'Etat sur le marché secondaire si cela s'avérait nécessaire du point de vue de la politique monétaire", a-t-il dit.

L'euro, en baisse de 2% depuis jeudi dernier quand la BCE a évoqué de probables mesures à sa prochaine réunion monétaire de juin, se maintenait à 1,3708 dollar vers 13h30 GMT, près d'un creux de cinq semaines touché mardi face au billet vert.

La BCE redoute à la fois que la vigueur de l'euro, qui s'était rapproché la semaine dernière du seuil symbolique de 1,40 dollar, et la faiblesse de l'inflation ne pèsent sur la timide reprise qui semble s'installer dans la zone euro.

(Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)

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