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Marché : La bataille du budget chamboule le calendrier de la Fed

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par Alistair Barr

WASHINGTON (Reuters) - Après la bataille politicienne du budget qui a mené l'Amérique au bord du précipice, la Réserve fédérale pourrait devoir attendre le début 2014 pour constater une vigueur suffisante de l'économie lui permettant de commencer à réduire ses rachats d'obligations du Trésor, estiment des économistes.

Les indicateurs dont elle disposera pour le mois d'octobre risquent en outre d'être peu sûrs après les 16 jours de fermeture des services fédéraux non essentiels, parmi lesquels le bureau des statistiques du département du Commerce.

L'accord de dernière minute signé mercredi soir entre démocrates et républicains au Congrès a permis la fin du "shutdown" du gouvernement et, surtout, évité un défaut de paiement qui aurait fait retomber la première économie mondiale en récession.

Il ouvre la voie à la publication de statistiques qui avaient été retardées, à commencer par les chiffres de l'emploi, de la production industrielle et des ventes au détail de septembre. Les indicateurs d'octobre, en revanche, reposeront sur des enquêtes probablement incomplètes puisque les statisticiens du département du Commerce et d'autres agences fédérales ont été au chômage technique la moitié du mois.

De plus, la Fed voudra s'assurer, avant de lever le pied, que le "shutdown" n'aura pas eu d'effets durables sur l'économie et l'emploi.

Selon une enquête réalisée par Reuters auprès de plus de 70 économistes, la paralysie des services gouvernementaux pourrait amputer de 0,3 point de pourcentage la croissance du produit intérieur brut en rythme annualisé au quatrième trimestre, qui ressortirait ainsi à 2,3% - un chiffre considéré comme insuffisant pour faire baisser le taux de chômage.

OCTOBRE EXCLU

Il apparaît du coup exclu que la Fed envisage de commencer ce mois-ci à réduire ses rachats d'actifs, actuellement au rythme de 85 milliards de dollars par mois.

La Fed réunit son comité de politique monétaire les 29 et 30 octobre, puis les 17 et 18 décembre.

"Octobre n'est plus envisageable. Décembre n'est pas un scénario impossible mais devient de plus en plus improbable. Je pense que le débat va se reporter sur les réunions de janvier et de mars", déclare Eric Lascelles, chef économiste chez RBC Global Asset Management à Toronto.

Mais la crise budgétaire risque de se rallumer précisément à ce moment-là, l'accord de mercredi ne prévoyant le financement du gouvernement que jusqu'au 15 janvier tandis que le plafond de la dette devra à nouveau être relevé le 7 février au plus tard.

"Si la Fed veut être cohérente, elle devrait attendre mars. C'est là que horizon sera vraiment dégagé", observe Michael Feroli, chez JPMorgan à New York.

Si la Fed passe son tour en décembre, un autre facteur l'incitera à attendre la réunion de mars. Le président Ben Bernanke quitte ses fonctions le 31 janvier et un changement de cap monétaire n'est pas très vraisemblable à la réunion qui se tiendra à l'avant-veille de son départ.

Pourtant, si elle attend mars, la Fed ajoutera encore 255 milliards de dollars à son bilan - de quoi hérisser ses membres les plus réfractaires au programme d'assouplissement quantitatif comme la présidente de l'antenne de Kansas City, Esther George, qui a plaidé jeudi pour un début de normalisation de la politique monétaire dès la réunion d'octobre.

Le compte rendu de la réunion de septembre, quand la Fed a pris les marchés à revers en maintenant finalement le rythme de ses rachats d'actifs, montre que plusieurs des 19 membres du comité fédéral de politique monétaire (Fomc) étaient pour le moins partagés.

DÉCEMBRE, ALORS ?

Pour ces raisons, la Fed pourrait bien pencher pour décembre, à condition que l'économie ait surmonté l'impact de la crise budgétaire et de la fermeture des services fédéraux.

La possibilité d'une nouvelle empoignade entre élus démocrates et républicains en début d'année ne devrait pas faire reculer la banque centrale, ne serait-ce que parce qu'elle n'a aucun intérêt à lier sa politique monétaire à un Congrès de plus en plus imprévisible.

"Si les actifs à risque se comportent bien en décembre, si les chiffres de l'emploi s'améliorent, si le taux de chômage baisse, alors oui une réduction des rachats d'actifs sera sur la table ce mois-là", assure Dean Maki, économiste pour les Etats-Unis chez Barclays à New York.

En juin, Ben Bernanke avait déclaré que la Fed souhaitait entamer le retrait de ses mesures de soutien avant la fin de l'année. Reste à voir si l'état de l'économie le permettra.

"La Fed voudra s'assurer que les conditions du marché du travail ne sont pas différentes de celles de septembre", dit Carl Tannenbaum, chez Northern Trust à Chicago. "Cela n'exclut pas décembre, mais ce sera dur."

Véronique Tison pour le service français

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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