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Marché : La Banque du Vatican va faire peau neuve

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par Philip Pullella

CITE DU VATICAN (Reuters) - La Banque du Vatican a gelé les comptes de plus de 2.000 de ses clients et a mis fin à ses "relations" avec 3.000 autres dans le cadre d'une restructuration qui a absorbé l'essentiel de ses bénéfices, dit-elle dans son rapport financier publié mardi.

Mis à mal depuis plusieurs années par les scandales et les soupçons de blanchissement d'argent, l'établissement autrefois connu sous le nom d'Institut pour les oeuvres de religion (IOR) va en outre se doter d'une nouvelle direction et d'un nouveau conseil d'administration.

Sur les 3.000 comptes fermés, 2.600 étaient inactifs depuis plusieurs années. La banque, qui compte 15.500 clients, doit encore se débarrasser de 359 d'entre eux, jugés incompatibles avec ses critères.

De 86,6 millions d'euros en 2012, les bénéfices sont tombés l'année suivante à 2,9 millions du fait de cette restructuration entamée après l'arrivée d'Ernst von Freyberg à la présidence et du recours à des compétences extérieures, comme celles du groupe financier Promontory, pour mettre la banque en conformité avec les normes de transparence.

UN PROCESSUS "DOULOUREUX MAIS NÉCESSAIRE"

Sans les fermetures de comptes et ces dépenses extraordinaires, les bénéfices auraient été de 70 millions d'euros, soulignent les auteurs du rapport.

Le Vatican avait déjà annoncé il y a plusieurs mois que les résultats de l'exercice 2013 ne seraient pas bons. Dans un communiqué, Ernst von Freyberg dit avoir fait preuve d'une "tolérance zéro à l'égard des activités suspectes" et assure que ce "processus douloureux mais nécessaire a dégagé l'avenir de l'IOR".

Un bénéfice net de 57,4 millions d'euros a ainsi été réalisé au cours du premier semestre 2014, selon le communiqué.

Le cardinal australien George Pell, qui dirige le Secrétariat à l'économie créé cette année pour superviser les finances du Vatican et mettre un terme aux scandales financiers, doit par ailleurs annoncer mercredi l'arrêt des activités d'investissement, a-t-on appris de sources proches du Saint-Siège.

La banque, dont la présidence devrait revenir à l'homme d'affaires français Jean-Baptiste de Franssu, n'aurait ainsi plus de fonctions de gestion d'actifs mais assurerait des prestations de paiement et de conseil financier pour les ordres religieux, les oeuvres caritatives et le personnel du Vatican. Les actifs du Saint-Siège seront quant à eux gérés par un nouveau département, dit-on de mêmes sources.

Après avoir envisagé la fermeture de l'établissement, le pape François, élu en mars 2013, a finalement opté pour une réforme en profondeur.

Il a également nommé un Conseil de l'Economie composé de 15 prélats et laïcs venant de partout dans le monde et chargé de définir la politique économique du Saint-Siège et du Secrétariat à l'Economie. Jean-Baptiste de Franssu en fait partie.

(Wilfrid Exbrayat et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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