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Marché : La Banque d'Italie veut des pouvoirs accrus après Monte Paschi

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BERGAME, Italie (Reuters) - Le gouverneur de la Banque d'Italie, Ignazio Visco, a demandé samedi que les autorités de régulation du secteur bancaire aient le pouvoir d'intervenir pour renvoyer les mauvais dirigeants, tout en défendant le rôle de son institution dans la surveillance de la banque Monte dei Paschi di Siena.

Réagissant aux critiques concernant la supervision de la banque toscane, il a réaffirmé que la banque centrale s'était comportée de façon adéquate, mais il a demandé une plus grande marge de manoeuvre en cas de situations exceptionnelles.

"Le superviseur devrait avoir le pouvoir d'intervenir quand, sur la base de preuves solides, il juge nécessaire de s'opposer à la nomination de dirigeants ou de les congédier", a dit Ignazio Visco, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), dans un discours à la conférence de l'association italienne des marchés financiers Assiom-Forex.

Ces commentaires font écho à des remarques du président de la BCE, Mario Draghi, qui a également appelé à un élargissement du pouvoir des régulateurs afin qu'ils puissent obliger les dirigeants à partir dans les cas où les banques se retrouvent en difficulté à cause d'erreurs de gestion.

L'affaire de fraude et de corruption entourant la troisième banque italienne empoisonne la vie politique de la Péninsule à l'approche des élections législatives des 24 et 25 février. Elle éclabousse également la Banque d'Italie, accusée d'avoir failli dans son rôle de superviseur.

La Banque d'Italie a défendu à plusieurs reprises son rôle dans cette affaire, dont les origines remontent à l'époque où Mario Draghi dirigeait la Banque d'Italie entre 2006 et 2011.

Elle a déjà lancé des procédures disciplinaires contre l'ancienne direction de la banque et pourrait infliger des amendes d'ici le mois prochain, a déclaré le vice-gouverneur de la Banque d'Italie, Fabrizio Saccomanni, à des journalistes.

L'ex-administrateur délégué de Monte dei Paschi, Antonio Vigni, interrogé par des magistrats cette semaine, a dû démissionner en janvier 2012 sous la pression de la Banque d'Italie et après le départ du président Giuseppe Mussari en avril 2012.

Après deux semaines de gestion du scandale, les dirigeants de la banque et la Banque centrale italienne tentent de sortir de la phase de gestion de la crise et pensent pouvoir mettre en place le plan de sauvetage de 3,9 milliards d'euros.

Les "Monti Bonds", comme sont appelés les instruments de crédit mis en place dans le cadre de ce plan, devraient être signés "très prochainement", a déclaré le président de Monte dei Paschi, Alessandro Profumo, à la presse en marge de la conférence.

La banque a annoncé mercredi que le montant définitif des pertes relatives à des opérations sur dérivés entre 2006 et 2009 était de 730,3 millions d'euros à la fin de 2012.

Un rapport de la brigade financière italienne a aussi révélé vendredi que la banque avait conclu avec la Bank of New York un accord secret de dernière minute qui lui a permis de tromper les autorités de supervision et de mener à bien l'acquisition de sa concurrente Antonveneta.

Francesca Landini, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Jean-loup Fiévet

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