Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : L'opération géante Verizon-Vodafone attendue ce lundi

Marché : L'opération géante Verizon-Vodafone attendue ce lundi

Marché : L'opération géante Verizon-Vodafone attendue ce lundiMarché : L'opération géante Verizon-Vodafone attendue ce lundi

par Kate Holton

NEW YORK/LONDRES (Reuters) - Verizon Communications et Vodafone Group se préparent à annoncer ce lundi un accord à 130 milliards de dollars (98 milliards d'euros) assurant à l'opérateur américain le contrôle total de sa filiale mobile Verizon Wireless, si les conseils d'administration des deux groupes donnent leur feu vert, a-t-on appris de sources proches du dossier.

Vodafone a confirmé dimanche soir dans un communiqué être en discussions avancées avec Verizon sur la vente de sa participation de 45% dans Verizon Wireless pour 130 milliards de dollars, ce qui constituerait la troisième plus importante opération de fusion-acquisition (M&A) de tous les temps.

L'annonce de l'accord et la présentation de ses modalités pourraient intervenir après la clôture de la Bourse de Londres, ont dit à Reuters des sources proches du dossier.

En prévision, l'action Vodafone a ouvert en hausse de 4,2% à la Bourse de Londres lundi et conservait vers 9h40 GMT un gain de 383 à 214,3 pence.

La sortie de Verizon Wireless marque la fin d'une époque pour Vodafone, entreprise emblématique au Royaume-Uni qui a mené une série d'acquisitions au cours des 20 dernières années pour s'implanter dans une trentaine de pays en Europe, en Afrique et en Inde.

Son OPA de 203 milliards de dollars sur l'allemand Mannesmann en 1999, la plus importante acquisition de tous les temps, avait été menée en parallèle à son entrée sur le marché américain, qui avait abouti l'année suivante à la création de Verizon Wireless, détenu à 55% par Verizon et à 45% par le groupe britannique.

Le nouveau Vodafone sera une société plus petite, moins rentable et plus dépendante des marchés matures d'Europe mais l'opérateur pourrait utiliser le produit de la vente de Verizon Wireless pour accroître ses investissements et réaliser des acquisitions ciblées.

Amputé de sa branche américaine, Vodafone pourrait aussi faire à son tour l'objet de spéculations d'OPA, ce qui explique en partie la flambée de son cours de Bourse, revenu à son meilleur niveau depuis avril 2001.

L'opérateur britannique a gagné quelque 13% en Bourse depuis que les premières informations sur l'accord ont filtré jeudi. Son niveau actuel lui confère une capitalisation boursière de 104 milliards de livres (122 milliards d'euros).

L'accord soumis aux conseils d'administration des deux groupes prévoit que Vodafone reçoive 60 milliards de dollars en numéraire, 60 milliards en actions Verizon et 10 milliards supplémentaires dans le cadre d'opérations annexes qui porteraient le montant total à 130 milliards de dollars, ont déclaré deux sources proches du dossier samedi.

Selon les sources, Verizon a obtenu des financements auprès de JPMorgan Chase & Co, Morgan Stanley, Barclays et Bank of America Merrill Lynch.

Le financement serait réparti à parts égales entre les quatre banques, ont dix deux sources.

LES ACTIONNAIRES ATTENDENT UNE PART DU GÂTEAU

La création de Verizon Wireless, aujourd'hui le premier réseau de téléphonie mobile aux Etats-Unis, a été une réussite mais les relations entre Verizon Communications et Vodafone se sont rapidement dégradées et chacun a très vite cherché à racheter les parts de l'autre.

En 2004 déjà, Vodafone était prêt à se désengager pour jeter son dévolu sur l'activité de téléphonie mobile d'AT&T, finalement acquise par Cingular.

Dans leur bras de fer, Verizon Communications - qui avait le contrôle opérationnel de la coentreprise - a suspendu ses versements de dividende pendant six ans, de 2003 à 2008, pour pousser - sans succès - son partenaire britannique vers la sortie.

Les dernières discussions en date avaient été révélées par Reuters en avril et des sources évoquaient alors un montant de 100 milliards de dollars. Vittorio Colao, le directeur général de Vodafone, avait alors clairement fait savoir qu'il prendrait son temps et ne céderait ses 45% qu'à un juste prix.

Les discussions sont entrées dans le vif du sujet il y a quelques semaines, Verizon ayant conscience que la remontée des taux d'intérêt et la baisse de son cours de Bourse - en recul de plus de 4% en août - lui compliqueraient la tâche s'il tardait trop. Le groupe dirigé par Lowell McAdam a du coup accepté de monter son prix à 130 milliards de dollars, selon les sources.

Même à ce prix, le rachat des parts de Vodafone sera une bonne opération pour Verizon Communications qui aura les moyens de rembourser ses créanciers. Verizon Wireless a dégagé en 2012 un flux de trésorerie (free cash-flow) de 28,6 milliards de dollars.

Vodafone, de son côté, a obtenu un montage fiscal avantageux pour l'opération, de telle sorte que la facture à régler au fisc devrait être limitée à environ cinq milliards de dollars.

Les actionnaires de Vodafone espèrent toucher au moins une part du gâteau sous forme de dividende spécial mais le groupe pourrait aussi choisir d'en investir une partie.

Autres gagnantes dans l'affaire, les banques impliquées dans l'opération devraient se partager des commissions représentant au moins 200 millions de dollars.

Véronique Tison et Marc Angrand pour le service français

Copyright © 2013 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...