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Marché : L'Italie veut aider ses banques face aux retombées du Brexit

Marché : L'Italie veut aider ses banques face aux retombées du BrexitMarché : L'Italie veut aider ses banques face aux retombées du Brexit

par Gavin Jones

ROME (Reuters) - Le gouvernement italien se prépare à venir en aide à ses banques pour les protéger contre les retombées du référendum britannique sur l'Union européenne, qui a déclenché une chute des valeurs bancaires en Bourse, a-t-on appris de plusieurs sources lundi.

Les capitalisations boursières des deux principales banques du pays, UniCredit et Intesa Sanpaolo, ont chuté lundi de 8% et 10,9% respectivement, après des reculs de plus de 20% vendredi en réaction à la victoire du camp du "Leave" lors du scrutin britannique.

Rome craint désormais que les banques italiennes, déjà pénalisées par 360 milliards d'euros de créances douteuses - un tiers du total de la zone euro - ne soient attaquées par des fonds spéculatifs.

Une source bancaire informée des débats en cours au gouvernement a déclaré que les autorités se préparaient à contrer toute attaque spéculative, ce qui pourrait passer par l'octroi de garanties publiques.

"Quand on voit les marchés, il est évident qu'il ne faut pas perdre de temps, mais nous sommes en position de faire face à toute difficulté et à faire tout ce qui est nécessaire, dans le cadre des règles, pour régler les problèmes qui émergent", a dit Matteo Renzi lors d'une conférence de presse à Berlin après une réunion avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français, François Hollande.

Selon une source gouvernementale, le président du Conseil italien devait plaider lors de cette rencontre en faveur d'une souplesse accrue des autorités européennes concernant les dépenses publiques de son pays et les aides publiques au secteur bancaire. Interrogé à ce sujet lors de la conférence de presse, Matteo Renzi a botté en touche et déclaré que les institutions nationales et européennes travailleraient de concert pour apporter "calme et confiance" aux citoyens.

RENFORCER LE FONDS ATLANTE

Parmi les mesures envisagées à Rome figurent une garantie publique pour des émissions obligataires des banques qui seraient souscrites par l'établissement public Cassa Depositi i Prestiti (CDP) et par le Trésor, mais aucune décision n'est imminente, a précisé la source.

Le gouvernement veut renforcer ou doubler le fonds public d'aide au secteur bancaire Atlante, créé en avril dans le but de décharger les banques d'une partie de leurs créances douteuses et d'apporter des capitaux frais à certaines d'entre elles, a expliqué la deuxième source.

Le quotidien Il Fatto Quotidiano a rapporté que le gouvernement envisageait des prises de participation de l'Etat dans des banques en difficulté, à financer à hauteur d'environ 40 milliards d'euros par une augmentation de la dette publique, mais la deuxième source a démenti l'existence d'un tel projet.

Le journal ajoute que le gouvernement Renzi a déjà engagé des discussions avec la Commission européenne sur le dossier du soutien public au secteur bancaire.

Deux autres quotidiens, le Corriere della Sera et La Repubblica, ont rapporté que Rome invoquerait les exemptions prévues par les règles européennes en cas de situations "exceptionnelles" pour aider les banques si la chute de leur valeur boursière devait se poursuivre.

(avec Stefano Bernabei, Giuseppe Fonte et Isla Binnie à Rome, Silvia Aloisi à Milan, Wilfrid Exbrayat, Marc Angrand et Bertrand Boucey pour le service français)

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