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Marché : L'Italie promet de maintenir son déficit sous la barre des 3%

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par Giuseppe Fonte et Gavin Jones

ROME (Reuters) - L'Italie respectera "totalement" son objectif de maintenir son déficit budgétaire sous la barre des 3% du PIB cette année, a déclaré jeudi le ministre de l'Economie Fabrizio Saccomanni, alors que l'inquiétude d'un dépassement de cette limite ne cesse de grandir.

Le gouvernement d'Enrico Letta vise un objectif de déficit de 2,9% du PIB (produit intérieur brut) pour cette année, juste en-dessous du plafond de 3% fixé par les critères de Maastricht.

Mais, selon la plupart des observateurs, la contraction de l'économie italienne cette année devrait être bien plus marquée que le recul de 1,3% du PIB retenu par le gouvernement, ce qui rendra l'objectif de déficit budgétaire difficile à atteindre.

Le président du Conseil italien est pris en tenaille entre les engagements en matière de respect des ratios pris vis-à-vis de Bruxelles et les promesses faites par sa coalition, en particulier par son aile droite, de réduire les impôts.

La Banque centrale européenne a déclaré jeudi dans son bulletin mensuel qu'il était "crucial" que l'Italie garde son déficit sous la barre des 3%, soulignant les risques que pourrait susciter une récession plus grave qu'attendu sur les rentrées fiscales et les dépenses de l'Etat.

A la question de savoir si l'Italie allait maintenir son objectif de déficit, Fabrizio Saccomanni a répondu jeudi: "Oui, absolument", ajoutant qu'il avait déjà "rassuré la BCE" À ce sujet.

Malgré les inquiétudes, les coûts de financement à trois ans de l'Italie sont remontés jeudi à leur plus haut niveau depuis mars lors d'une adjudication.

Rome a émis pour 3,42 milliards d'euros de titres à trois ans à un rendement de 2,38%, contre 1,92% lors d'une opération comparable mi-mai. C'est la première fois en trois mois que ce rendement remonte.

Beaucoup de membres du gouvernement de coalition se montrent toutefois beaucoup moins convaincus qu'Enrico Letta par les vertus de l'austérité budgétaire.

"MESURES CONTRE-PRODUCTIVES"

Stefano Fassina, ministre délégué à l'Economie et membre du Parti démocrate, a estimé que même si le déficit continuait à augmenter, tenter de le réduire par des politiques de rigueur serait une erreur et s'avérerait contre-productif.

"Je pense qu'une action correctrice serait dommageable", a-t-il déclaré à la presse au parlement. "Cinq ans de mesures de restriction budgétaire ont fait monter la dette publique de 30 points de pourcentage depuis 2008 dans la zone euro", a-t-il déclaré.

La dette publique italienne, qui s'élèvera à 130% du PIB cette année, est la deuxième plus importante de la zone euro après celle la Grèce.

La plupart des analystes s'attendent à une contraction d'au moins 1,6% cette année. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et les agences Moody's et Fitch prévoient quant à elles une baisse d'1,8% du PIB.

Fin mai, le déficit du secteur public italien s'élevait par ailleurs à 56 milliards d'euros, soit 20 milliards d'euros de plus que l'an dernier et plus que les prévisions du gouvernement, qui tablait sur 55 millions sur l'ensemble de l'année.

La Commission européenne a recommandé le mois dernier de faire sortir l'Italie de la liste des pays à déficit budgétaire excessif, mais elle risque d'y figurer de nouveau en 2014 si la tendance actuelle ne s'améliore pas.

L'ancien ministre de l'Economie Giulio Tremonti a déclaré cette semaine que sans mesures correctrices, le déficit italien atteindrait les 4% cette année.

Avec Roberto Landucci, Gavin Jones et Steve Scherer; Hélène Duvigneau pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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