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Marché : L'inversion de la courbe du chômage envisagée par l'Insee

Marché : L'Insee prévoit 1,6% de croissance en 2016Marché : L'Insee prévoit 1,6% de croissance en 2016

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Le chômage devrait tomber à 9,5% de la population active à la fin de l'année en France métropolitaine, soit 0,4 point de moins qu'en 2015, prédit jeudi l'Insee, donnant enfin corps à l'inversion de sa courbe après laquelle le gouvernement court depuis 2013.

Dans une note de conjoncture publiée jeudi, l'institut anticipe dans le même temps que la croissance de l'économie française atteindra 1,6% cette année, après 1,2% en 2015, grâce à la bonne tenue de la consommation des ménages et à l'accélération de l'investissement des entreprises.

Il souligne que, avec les baisses de charges des entreprises et les aides à l'embauche dans les PME, cette croissance sera plus riche en emplois, avec pour effet que le taux de chômage BIT devrait revenir à 9,5%, son meilleur niveau depuis l'automne 2012, au début du quinquennat de François Hollande.

Une épée de Damoclès pèse cependant sur ces prévisions, celle d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, un risque que l'Insee n'a pas voulu quantifier.

"Clairement, l'hypothèse d'un 'Brexit' est un aléa négatif", a déclaré Vladimir Passeron, chef du département conjoncture de l'Insee, sans toutefois chiffrer son impact.

"C'est un choc qui concernerait en premier l'économie britannique et qui dépendra beaucoup de la vitesse avec laquelle l'incertitude sera levée sur la nature des accords commerciaux entre l'Union européenne et le Royaume-Uni", a-t-il dit.

En attendant, le ministre des Finances, Michel Sapin, s'est félicité des prévisions de l'Insee, qui font plus que conforter le scénario de croissance de 1,5% de l'économie française retenu par le gouvernement pour cette année.

"Ces prévisions nous incitent à continuer à mettre en oeuvre nos politiques de soutien à l’activité, à l’emploi et au pouvoir d’achat", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le rythme élevé de la croissance des trois premiers mois de 2016, revu fin mai à +0,6% (0,1 point de plus que précédemment), explique que l'Insee soit un peu plus optimiste que les organisations internationales, dont les attentes se situent entre 1,3% et "près de 1,5%".

A plus court terme, l'institut ne voit le PIB du deuxième trimestre progresser que de 0,3%, là où il anticipait avant 0,4%, puis 0,3% à nouveau au troisième et 0,4% au quatrième.

UN DÉFICIT COMMERCIAL EN HAUSSE

Alors que l'économie française avait été largement portée l'an passé par des facteurs extérieurs - taux d'intérêt très faibles, baisse du pétrole et de l'euro, reprise dans le sud de l'Europe - ceux-ci devraient encore jouer en 2016, mais dans une moindre mesure.

Car l'accélération attendue sera avant tout due à la demande intérieure, avec une consommation des ménages (+1,6%) qui enregistrerait sa plus forte hausse depuis 2010 grâce au redémarrage de l'emploi et à un investissement des entreprises en progression de 4,7%, ce qui n'était pas arrivé depuis 2007, sur la lancée de son début d'année très fort.

S'y ajoute une évolution positive de deux postes qui ont pesé sur la croissance l'an passé, l'investissement des ménages, à la faveur d'une amélioration du marché immobilier, et celui des administrations.

Il reste un gros point noir, le commerce extérieur, qui devrait contribuer négativement à hauteur de -0,7 point au PIB français cette année et dont l'Insee constate la dégradation en parallèle au rebond des investissements des entreprises.

Le déficit commercial hors énergie pourrait selon lui atteindre 22 milliards d'euros, soit l'équivalent d'un point de PIB et un plus haut depuis 2011.

S'agissant de l'emploi, l'institut table sur 139.000 créations nettes de postes dans le secteur marchand cette année, soit 30.000 de plus qu'en 2015, et 209.000 dans toute l'économie.

L'impact sur ce total du CICE (crédit d'impôt compétitivité emploi) et des baisses de charges du pacte de responsabilité serait encore de 55.000 emplois (80.000 en 2015), auxquels s'ajouteraient 40.000 emplois créés par les aides aux PME.

L'Insee estime enfin que l'accélération de la formation des chômeurs prévue cette année permettra d'en diminuer le nombre d'environ 30.000, ce qui contribuera pour 0,1 point à la baisse du taux global attendue.

(Yann Le Guernigou, édité par Jean-Baptiste Vey)

Copyright © 2016 Thomson Reuters

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