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Marché : L'horizon budgétaire s'assombrit un peu plus en Grèce

par Harry Papachristou et George Georgiopoulos

ATHENES (Reuters) - Le gouvernement grec a annoncé mercredi s'attendre pour 2013 à une récession pire qu'anticipé jusqu'à présent et il réduit de plus de la moitié sa prévision d'excédent budgétaire primaire, soulignant le lourd tribut payé aux plans d'austérité successifs lancés ces dernières années.

La version définitive du projet de budget 2013 montre ainsi que la détérioration régulière des perspectives économiques menace d'annuler la majeure partie des effets bénéfiques des coupes dans les dépenses exigées par les bailleurs de fonds du pays, l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

Les ministres des Finances de la zone euro se sont entretenus du dossier grec au cours d'une téléconférence peu après la publication de ces chiffres, pour constater à la fois les progrès accomplis et l'étendue du chemin qui reste à parcourir.

"Il y a eu des progrès considérables", a déclaré le ministre allemand Wolfgang Schäuble à l'issue de cette téléconférence avant de souligner que le travail de la "troïka" (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) en Grèce était loin d'être achevé.

La troïka doit rendre dans les prochains jours un rapport d'étape sur les finances publiques et les réformes structurelles grecques, dont est censé dépendre le versement des prochaines tranches du plan d'aide.

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a dit espérer qu'un accord puisse être avalisé lors de la prochaine réunion des Dix-Sept, le 12 novembre.

Athènes prévoit désormais un excédent primaire (hors service de la dette) de 0,4% du produit intérieur brut (PIB) l'année prochaine, contre 1,1% évoqué initialement. Il s'agirait néanmoins du premier excédent primaire enregistré depuis 2002, après un déficit primaire prévu à 1,5% du PIB cette année.

L'économie grecque devrait se contracter de 4,5% en 2013 et non de 3,8% comme anticipé jusqu'à présent. Et le ministère des Finances prévoit un retour à la croissance timide en 2014 avec une hausse de 0,2% du PIB.

Conséquence: l'excédent primaire ne devrait atteindre 4,5% du PIB qu'en 2016, soit deux ans plus tard que prévu à l'origine par le plan d'aide UE-FMI. Un écart de deux ans au centre des discussions des ministres des Finances des Dix-Sept.

Cinq années consécutives de récession ont déjà réduit le PIB grec d'environ 20% au total et un Grec sur quatre est aujourd'hui au chômage.

LA DETTE PUBLIQUE À 191,6% DU PIB EN 2014

La dette publique, elle, devrait atteindre 189,1% du PIB l'an prochain et culminer à 191,6% en 2014 avant de revenir à 184,9% en 2016 selon les dernières prévisions.

Pour Giada Giani, analyste de Citigroup à Londres, le ratio prévu l'an prochain montre que "la pression du FMI sur les décideurs politiques européens en faveur d'une nouvelle restructuration de la dette, qui pourrait concerner les créanciers publics, devrait augmenter".

"La question clé est de savoir comment rendre la dette grecque de nouveau supportable et il semble qu'il n'y ait pas d'autre solution que de passer par une nouvelle restructuration."

Le projet de budget 2013 est marqué par des coupes sévères dans les dépenses publiques, censées convaincre les bailleurs de fonds internationaux de poursuivre le versement des aides promises à Athènes.

Le gouvernement d'Antonis Samaras doit mettre en oeuvre au cours des prochaines années des réductions de dépenses et des augmentations d'impôts et de taxes d'un montant global de 13,5 milliards d'euros tout en menant des réformes structurelles réclamées par l'Union européenne et le Fonds monétaire international en échange de leur aide.

L'adoption du budget 2013 par le Parlement ne devrait pas poser de difficulté, les trois partis de la coalition gouvernementale ayant accepté de le voter.

Le gouvernement a parallèlement fait voter à une courte majorité ce mercredi un article clé du projet de loi sur les privatisations - contesté par une partie de la coalition - qui vise à supprimer l'obligation du maintien d'une participation minimale de l'Etat au capital d'un certain nombre d'entreprises.

Un texte distinct portant sur les réformes structurelles doit être présenté la semaine prochaine aux parlementaires et le petit parti de la Gauche démocratique, membre de la coalition, a déjà annoncé qu'il s'opposerait aux mesures de réforme du marché du travail.

Les deux principaux syndicats du pays ont quant à eux appelé à deux jours de grève générale, les 6 et 7 novembre.

"Nous n'allons pas laisser le gouvernement faire encore plus de mal au peuple grec", a déclaré Ilias Iliopoulos, secrétaire général de l'Adedy, la principale centrale syndicale de la fonction publique.

Harry Papachristou, Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison

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