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Marché : L'euro sans tendance entre Draghi et l'emploi US

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(CercleFinance.com) - La monnaie unique européenne confirmait vendredi midi la reprise amorcée hier face au dollar dans le sillage de la conférence de presse de la Banque centrale européenne. Si son président Mario Draghi a levé une partie des craintes découlant du précédent chypriote, la BCE apparaît maintenant à cours de munitions. Vendredi midi, l'euro reste stable (- 0,02%, à 1,2930 dollar), avant la publication du rapport américain sur l'emploi pour mars.

Certes, selon nombre d'intervenants, l'euro a pris 0,68% hier face au dollar après que Mario Draghi ait confirmé que la solution appliquée à l'économie et au système bancaire chypriote n'était pas un “modèle” pour les autres pays de la zone euro. La neutralité est maintenant de mise.

L'euro se montait également attentiste contre le yen (- 0,14% à 124,32 yens l'euro ce midi), ce qui ne doit pas faire publier un très forte appréciation de 4,36% enregistrée hier.

L'actualité des banques centrales a été très chargée jeudi, ce qui suscite des commentaires sur la détermination dont fait preuve la Banque du Japon (BoJ), par contraste avec la retenue de la Banque centrale européenne (BCE).

Les économistes de la banque canadienne Desjardins, qui soulignent que la BoJ a l'intention de doubler la base monétaire nippone d'ici fin 2014 : “la donne a changé au Japon avec l'arrivée du nouveau gouverneur, Haruhiko Kuroda. La politique monétaire ne sera maintenant plus établie par le taux d'intérêt des fonds à un jour, mais plutôt par la base monétaire.”

“En théorie”, ajoute Desjardins, “plus la base monétaire est élevée, plus la quantité de monnaie en circulation augmente, et plus l'inflation risque de s'accroître. Ainsi, en doublant la base monétaire d'ici la fin de 2014, la BoJ espère que l'inflation remontera plus rapidement à sa cible de 2 %. Pour doubler la base monétaire, la BoJ achètera davantage d'obligations gouvernementales ainsi que d'autres types d'actifs.'

Mais si 'on met les bouchées doubles au Japon et on attend en Europe', estime aussi Desjardins, où la BCE n'a guère annoncé de nouveauté, si ce n'est en relevant les risques qui pèsent sur la reprise en zone euro au second semestre.

Selon les analystes d'Oddo, c'est la gêne qui dominait lors de la conférence de presse du patron de l'établissement émetteur de Francfort : 'le discours de Mario Draghi s'est assombri depuis le mois dernier, prenant acte des mauvaises nouvelles économiques et politiques des dernières semaines. La BCE n'a plus beaucoup de munitions, son artillerie n'a jamais été conçue pour combattre des problèmes de fragmentation entre pays de la zone euro. Bref, l'embarras était évident.'

Oddo croit comprendre que la BCE ne restera pas de marbre si les indicateurs conjoncturels devaient se dégrader encore : 'si le climat des affaires ne se reprend pas dès ce mois-ci et, plus encore, si des tensions financières devaient réapparaître dans la zone, une action de la BCE dès le mois prochain est donc envisageable.' Reste à savoir quelles seront ces mesures, qui pourraient être centrées sur la transmission de la politique monétaire à l'économie réelle et le financement des PME, par exemple.

Le commentaire n'était pas plus positif chez Aurel BGC : 'la BCE cherche tous les moyens à sa disposition pour contribuer à l'amélioration de la situation et évier que les risques négatifs sur les perspectives conjoncturelles se réalisent.' Mais 'bien que préoccupés de la dégradation de la conjoncture et des risques que la modeste amélioration attendue ne se produise pas, les banquiers centraux européens apparaissent quelque peu désarmés.'

Un cambiste nord-européen prend acte des réflexions de la BCE sur la transmission de la politique monétaire, mais indique que 'le problème, toutefois, est celui de la crédibilité. Du point de vue des investisseurs, la BCE est à court de munitions, tout spécialement car elle estime que des baisses de taux d'intérêt (maintenus à 0,75%) ne seront pas bénéfiques à l'économie'.

Bref, les économistes de la banque canadienne FBN indiquent que 'le dollar américain peut encore monter si le marché prend à nouveau peur. Comme Chypre et l'Italie l'ont montré, le pire n'est peut-être pas passé en ce qui concerne la situation économique et politique européenne. En outre, un ralentissement induit par les coupes budgétaires automatiques aux États-Unis au T2 pourrait ranimer l'aversion pour le risque et une ruée vers le dollar américain.'

Dans ce contexte, les statistiques de la matinée sont passées inaperçues. Tel est le cas des ventes de détail, qui en zone euro ont baissé en volume de 0,3% dans la zone euro en février par rapport à janvier. Idem pour les commandes à l'industrie allemande, pourtant en rebond de 2,3% en février 2013, alors que les économistes attendaient une diminution d'environ un point de pourcentage.

Il faudra attendre, cet après-midi, la statistique-clé de la semaine : les créations de postes aux Etats-Unis en mars, après 236.000 en février, et le taux de chômage qui était le mois dernier de 7,7%.

Jusqu'en milieu de semaine, le consensus attendait grosso modo 200.000 nouveaux postes. Mais l'enquête de l'organisme privé ADP, plus précoce et calculée sur une base différente de l'estimation du Bureau of Labor Statistics (BLS) fédéral attendu tout à l'heure, a fait état de 158.000 créations seulement, soit moins que prévu.

Certains analystes ont révisé en baisse leurs prévisions des chiffres du BLS après la publication de ceux d'ADP, en prenant par exemple davantage en compte les anticipations par les entreprises des réductions de dépenses fédérales découlant du “sequester” budgétaire.


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