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Marché : L'euro retient son souffle, conjectures avant la BCE

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(CercleFinance.com) - Le calme plat était de mise sur le marché des changes, du moins pour la parité euro/dollar, avant la conférence de presse qu'animera, dans quelques heures le président de la BCE Mario Draghi. Les attentes sont nombreuses, mais quelle est vraiment la marge de manoeuvre de l'établissement émetteur de la zone euro ? A cette heure, l'euro reste neutre face au dollar (- 0,05% à 1,3527) comme face au yen nippon (- 0,03% à 137,31), au sterling (+ 0,06% à 0,8303) et au franc suisse (- 0,03% à 1,2226).

La conjoncture américaine est toujours scrutée de près alors que la Réserve fédérale a commencé, depuis le 1er janvier, à réduire les rachats d'actifs obligataires dont les premiers avaient été mis en place dès le début de la crise, fin 2008.

Certaines des statistiques publiées dernièrement sont moins favorables, comme l'indice ISM des directeurs d'achats pour le secteur manufacturier. La plupart du temps, les analystes mettaient ces déceptions sur le compte du “vortex polaire”, cette sorte de cyclone arctique qui engendre une forte vague de froid perturbant (entre autres) l'activité économique en Amérique du Nord.

Chez Barclays Bourse, on indique ce matin : “la responsabilité du mauvais indice ISM manufacturier publié en début de semaine avait, à priori, été causé par les tempêtes de neige (...). Mais le bon indice ISM des services publié hier a sérieusement remis en cause ce lien de cause à effet, renforçant ainsi les doutes sur la vigueur de la reprise économique américaine”.

Cependant, l'attention des opérateurs est retenue aujourd'hui par la conférence de presse qui, tout à l'heure, marquera l'issue de la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE.

“L'euro évolue autour d'un plus bas de 11 semaines ce jeudi en prévision de la réunion des taux de la Banque centrale européenne cet après-midi. La monnaie unique est sous pression dans un climat de spéculations selon lesquelles le ralentissement de l'inflation pourrait pousser les responsables monétaires à renforcer leur vision 'dovish'”, résument les courtiers de RTFX, qui supputent : “la BCE pourrait devoir assouplir davantage sa politique pour faire face à la menace de déflation.”

Chez Natixis, l'économiste Philippe Waechter indiquait ce matin qu'outre la déflation, la BCE doit aussi faire face aux remboursements des LTRO, ces opérations de refinancement bancaires à long terme lancées en 2011/2012. Conséquence des remboursements, le taux au jour le jour Eonia est devenu plus volatile, ce qui réduit la prédictibilité des taux d'intérêt et 'va à l'encontre des orientations souhaitées par Mario Draghi', estime Philippe Waechter.

A propos des LTRO toujours, le taux de son remboursement par les banques commerciales approche des 90% maintenant, la liquidité étant réduite d'autant. De ce fait, le bilan de la BCE se contracte, ce qui caractérise une politique restrictive opposée à celle de la Fed, de la Banque du Japon et de la Banque d'Angleterre qui, à des degrés divers, se sont engagées dans des rachats d'actifs.

Dans ce contexte, qu'attendre de la BCE tout à l'heure ? Une nouvelle baisse du principal taux directeur, par exemple de son niveau actuel (et plus bas historique) de 0,25% à 0,10% par exemple, pourrait limiter la volatilité de l'Eonia. Mais à de si faibles niveaux, 'l'effet d'entraînement macroéconomique sera réduit', commente M. Waechter. Comment forcer les banques à accorder des crédits qu'on ne leur demande pas ?

De toute façon, selon le spécialiste de Natixis, l'essentiel n'est pas là. 'Les apports de liquidités posent plusieurs questions', estime-t-il. Maintenant que les premiers LTRO sont pratiquement remboursés, 'on pourrait imaginer un LTRO à 2 ou 3 ans dans la continuité des deux opérations lancées en 2012', indique M. Waechter.

Dans ce cas, le risque est que comme avec les premiers LTRO, les banques achètent de nouveau de la dette publique, alors même que “2014 sera l'année de la mise en oeuvre de l'Union bancaire qui se justifie notamment par la volonté des autorités de séparer clairement les risques bancaires des risques souverains.'

On peut alors imaginer un LTRO 'ciblé', mais 'les banques seront elles demandeuses ?'. Ou encore que la BCE achète aux banques des crédits titrisés, par exemple ceux de PME, mais 'le marché de la titrisation n'est pas encore d'une taille suffisante pour permettre des opérations de grande ampleur de la BCE', estime Philippe Waechter.

Globalement, “dans l'inventaire de ces mesures, il n'y aura pas de rachats massifs d'actifs gouvernementaux à la façon dont la Fed a acheté des bons du Trésor dans le cadre du Quantitative Easing”, affirme le spécialiste de Natixis. “Cela ne lui est pas permis statutairement sur le marché primaire et sur le marché secondaire, la décision de la cour constitutionnelle de Karlsruhe se fait attendre', indique encore M. Waechter.

Au final, la BCE pourrait se contenter de renouveler les OMT, ces éventuels rachats de dettes souveraines européennes sous conditions annoncées à l'automne 2012. Jamais mis en pratique, ces OMT ont cependant permis de réduire très significativement le risque d'éclatement de la zone euro et les taux d'intérêt des dettes périphériques.

Cette journée boursière sera également marquée par la publication, aux Etats-Unis, des inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage, de la balance commerciale et des chiffres de la productivité.

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