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Marché : L'euro maintient ses gains avant l'emploi US

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(CercleFinance.com) - A en juger par son niveau de ce midi sur le marché des changes, la monnaie unique européenne est bien partie pour enregistrer sur la semaine une hausse proche de 2% contre le billet vert américain. A supposer que les très attendues créations de postes américaines attendues cet après-midi ne viennent pas semer le trouble. Demeurant presque stable (+ 0,11%) à 1,3254 dollar, l'euro conserve ainsi son fort gain de la veille (+ 1,14%) et ceux des séances précédentes, d'où une progression toute proche de 2% sur les cinq dernières séances.

Peu à signaler, en comparaison, du côté de la livre et du franc suisse.

Hier après-midi, les cambistes ont suivi de très près la conférence de presse de Mario Draghi, le président de la BCE qui venait de réunir son conseil des gouverneurs. Comme attendu, le principal taux directeur a été maintenu à son plus bas niveau historique (0,50%). La BCE a aussi abaissé ses prévisions pour la zone euro, dont le PIB devrait maintenant se contracter de 0,6% cette année avant de rebondir de 1,1% l'an prochain.

'Draghi s'attend à ce que la faiblesse de taux d'intérêt permette le retour d'une croissance raisonnable dans la zone euro', résumait ce matin un cambiste nord-européen. La BCE estime que le principal risque pour la zone euro est un nouveau ralentissement de son économie. Cependant, la perspective d'une amélioration 'graduelle' des conditions économiques au second semestre est toujours d'actualité, grâce notamment aux exportations, à la détente monétaire et à la faiblesse de l'inflation qui soutient le pouvoir d'achat des ménages.

Les cambistes estiment donc que l'établissement émetteur de Francfort 'n'écarte aucune option et se tient prêt à agir'. Mais pas tout de suite : bien que la banque y réfléchisse, 'elle n'a donné aucun signal indiquant une action imminente', qu'il s'agisse d'une nouvelle baisse des taux directeurs, de taux de dépôt négatifs, de nouvelles mesures de refinancement à long terme (les LTRO) ou d'assouplissement des normes régissant les actifs acceptés comme collatéral.

'Nous nous attendons à ce que la BCE demeure hésitante lors de ses prochaines réunions', ajoute le spécialiste.

“Suite aux propos du président de la BCE et après le maintien du taux, l'euro s'est envolé face au billet vert”, indiquaient ce matin les analystes de Saxo Banque. On notera cependant qu'hier en fin de fin journée, le Dollar Index, qui mesure la valeur du billet contre un panier de devises (et pas seulement l'euro) a perdu jusqu'à 1,8% environ, un mouvement violent pour le marché des changes.

En effet, et ce midi encore, le dollar perd aussi du terrain contre le yen nippon (- 1,67% à 95,7 yens le dollar à cette heure) : en une semaine, c'est 4,7% que le yen a repris contre le dollar. Notons que l'euro perd lui aussi du terrain contre le yen (- 1,36% ce midi à 126,95 yens), ce qui porte son recul sur la semaine à 3%. Le yen avait très fortement baissé ces derniers mois après le lancement d'un “super-QE” par la Banque du Japon. Mais la nouvelle politique monétaire de cette dernière, d'abord saluée presque unanimement, suscite maintenant des doutes, d'autant que des échéances électorales facteur d'incertitude approchent au Japon.

Quoi qu'il en soit, une telle dépréciation du dollar paraît surprenante dans la mesure où nombre de bureaux d'études parient à l'inverse sur une accélération de la croissance américaine, notamment au second semestre et relativement à la dynamique mondiale. L'orientation de la conjoncture US pourrait même être l'une des plus dynamiques, ce qui a justifié nombre de paris haussiers quant à la valeur relative du dollar. Or à court terme, c'est l'inverse qui se produit.

Chez KBC ce matin, les cambistes estiment que Draghi a aussi fait comprendre qu'il n'était, à ce stade, pas nécessaire d'assouplir davantage la politique monétaire de la BCE. En conséquence, l'euro a été porté contre ses devises concurrentes. De plus, parallèlement et toujours selon le bureau d'études, 'le dollar a été pilonné alors que les investisseurs craignaient une déception du côté des créations de postes', indicateur majeur pour l'économie US attendu cet après-midi.

Toujours selon KBC, qui reste prudent dans ses explications, 'les investisseurs ont apparemment craint que le dollar perde du soutien en cas de chiffre décevant. Le billet vert a alors été vendu contre l'ensemble de ses contreparties', se risque l'analyste, qui ajoute que le mouvement a pu être accéléré par des prises de bénéfices.

Ce matin sur l'agenda statistique, on a appris que l'excédent commercial de l'Allemagne s'était établi à 18,1 milliards d'euros en avril, contre 18,8 milliards d'euros en mars, selon les chiffres du bureau de statistiques publiés vendredi. Plus encourageant : toujours en Allemagne, la production industrielle attendue stable a finalement augmenté de 1,8% en avril 2013 après une hausse de 1,2% le mois précédent.

Mais c'est bien évidemment le rapport sur l'emploi américain, attendu à 14h30, qui constituera le point d'orgue économique de la semaine. Le consensus table sur environ 160.000 créations de postes au mois de mai et un taux de chômage stable à 7,5%.

Rappelons que ce chiffre était de 165.000 en avril, de 138.000 en mars, de 332.000 en février et de 148.000 en janvier. En moyenne mensuelle, si le chiffre attendu par le consensus était publié tout à l'heure, la moyenne mensuelle de créations de postes reviendrait de 196.000 de janvier à avril à moins de 189.000 de janvier à mai. Cette moyenne était de 182.300 en 2012.

Ces données devraient apporter 'plus de précisions sur le timing d'un éventuel changement de politique monétaire de la part de la banque centrale américaine', estime Barclays Bourse.

'L'état du marché du travail est un indicateur clé dans les débat de la Fed, au moins officiellement', souligne Aurel BGC.


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