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Marché : L'Espagne craint la contagion italienne

Marché : L'Espagne craint la contagion italienneMarché : L'Espagne craint la contagion italienne

par Jesús Aguado

MADRID (Reuters) - Le gouvernement espagnol continue à étudier la possibilité d'une aide internationale, a déclaré lundi le ministre de l'Economie, Luis de Guindos, ajoutant que Madrid risquait de souffrir de l'impact des incertitudes politiques en Italie.

Cette contagion était déjà à l'oeuvre lundi puisque l'écart de rendement entre les obligations d'Etat espagnoles et allemandes à dix ans remontait de 20 points de base, à 436 points à la mi-journée. Elle reste toutefois loin du record de plus de 650 points inscrit en juillet.

Le rendement des emprunts espagnols à dix ans s'affichait à 5,63% vers 13h00 GMT, contre 5,49% vendredi, tandis que la Bourse de Madrid cédait 1,46%.

"Chaque fois qu'il y a des doutes (...) par exemple dans le cas de l'Italie aujourd'hui, quand il y a des incertitudes sur la stabilité politique d'un pays voisin comme l'Italie, cela nous affecte immédiatement", a dit Luis de Guindos dans un entretien à une radio publique espagnole.

La décision de Mario Monti, le président du conseil italien, de présenter la démission de son gouvernement sitôt le budget 2013 adopté au parlement provoque un regain de tensions sur le marché de la dette italienne et à la Bourse de Milan.

Les analystes jugent toutefois faible le risque à court terme encouru par l'Espagne en raison de l'instabilité italienne.

"Le risque est très limité à cause du programme d'achats d'obligations (annoncé par) la BCE. On ne va pas assister à une envolée des taux d'intérêt comparable à celle qu'on a connue avant l'été mais il y aura à l'évidence des tensions qui se traduiront peut-être par une demande plus faible lors des prochaines adjudications obligataires", explique Jose Luis Martinez, économiste de Citigroup.

"LA MEILLEURE DÉCISION POUR L'ESPAGNE"

Le Trésor espagnol doit mettre à prix jeudi des obligations à 28 ans, une échéance longue à laquelle il ne s'était pas risqué depuis au moins deux ans.

Les marchés attendent de l'Espagne une décision sur une éventuelle demande d'aide financière internationale pour soulager les finances de l'Etat.

Une telle demande déclencherait la mise en oeuvre des OMT (opérations monétaires sur titres), le mécanisme de rachat d'obligations souveraines mis en place par la Banque centrale européenne (BCE) mais conditionné à une demande d'aide du pays concerné.

"Il s'agit d'un instrument que le gouvernement espagnol prend en considération et nous prendrons la décision qui est la meilleure pour l'Espagne", a assuré Luis de Guindos.

El Pais, le quotidien le plus vendu du pays, appelle lundi dans son éditorial le président du gouvernement, Mariano Rajoy, à cesser de tergiverser sur ce point.

"Repousser une demande d'intervention de la Banque centrale européenne sur le marché revient à condamner l'économie à une récession prolongée qui se traduira malheureusement par une forte hausse du chômage", estime le journal.

Pour El Pais, la détente récente des rendements obligataires espagnols est un "mirage".

"Si la prime de risque n'est pas rapidement réduite (...), la défiance des marchés envers l'Espagne persistera et la récession sera incertaine et tardive", juge l'éditorial.

Luis de Guindos, lui, a dit observer des signes encourageants sur la conjoncture.

Benoit Van Overstraeten et Marc Angrand pour le service français, édité par Catherine Monin

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