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Marché : L'économie française restera au point mort au 1er semestre

Marché : L'économie française restera au point mort au 1er semestreMarché : L'économie française restera au point mort au 1er semestre

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Stagnante depuis la mi-2011, l'économie française risque fort de rester au point mort au premier semestre et ne pourra renouer avec la croissance d'ici fin 2013 qu'à la faveur d'une amélioration de l'environnement global, estime l'Insee.

Et si une franche récession est exclue, ce surplace prolongé entraînera une nouvelle hausse du taux de chômage, qui se rapprocherait au début de l'été de ses plus hauts niveaux depuis près de 16 ans.

Dans sa dernière note de conjoncture publiée jeudi, l'Institut revoit légèrement en baisse sa prévision de croissance pour le premier trimestre 2013, à 0% contre +0,1% anticipé en décembre, et confirme celle de 0,1% pour le deuxième trimestre.

"On reste sur plusieurs trimestres de dynamique très faible et on pense que ça va encore continuer sur le premier semestre", déclare Jean-François Ouvrard, chef de la division synthèse conjoncturelle de l'Insee.

Pour Cédric Audenis, chef du département de la conjoncture, "le climat est dégradé, mais pas plus dégradé qu'il y a six mois", du fait notamment du socle de résistance apporté par le haut niveau des prestations sociales qui soutient le pouvoir d'achat des ménages.

Sur le front de l'emploi, l'Insee anticipe 74.000 suppressions de postes dans les secteurs marchands au premier semestre, avec un taux de chômage au sens du BIT qui atteindrait 10,6% fin juin en France métropolitaine (11,0% avec l'Outre-mer), tout près du record récent de 10,8% enregistré fin 1997.

MOTEURS À L'ARRÊT

L'institut tient compte dans cette prévision des premiers effets du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, un outil qui permet de facto de réduire le coût du travail et que les PME peuvent commencer à activer dès cette année sous forme d'avances de trésorerie, estimant qu'il permettra de sauver 15.000 postes sur la période.

Pour le reste, tous les moteurs intérieurs de la croissance restent à l'arrêt: la consommation des ménages, pénalisée notamment par la dégradation des perspectives de l'emploi et la hausse des prélèvements, leurs achats de logements ou encore les investissements des entreprises.

S'agissant de ces derniers, l'Insee prévoit que le recul entamé au deuxième semestre 2012 se poursuivra, ne serait-ce que parce qu'ils se situent à un niveau encore élevé à ce stade du cycle économique.

De plus, la faiblesse du taux d'utilisation des capacités de production limite les anticipations d'engagements d'investissements des entreprises, qui reculeraient de 0,5% au premier comme au deuxième trimestres.

La seule lueur d'espoir dans ce tableau est le redressement sensible des perspectives personnelles de production dans le secteur manufacturier apparu dans l'enquête Insee sur le climat des affaires de février, qui contraste avec la dégradation constatée dans les services.

L'Insee estime en conséquence que la dégradation de la production manufacturière, qui a reculé de 2,4% au deuxième semestre 2012, va s'atténuer progressivement (-0,7% au premier trimestre et -0,2% au deuxième).

0,1% D'ACQUIS FIN JUIN

Dans ce contexte, les exportations (+0,6% au premier trimestre, +0,7% au deuxième) devraient constituer le principal soutien de l'économie française, reflétant l'embellie en marche dans les grandes économies émergentes et aux Etats-Unis et le rebond attendu de l'Allemagne.

L'Insee voit trois aléas susceptibles d'affecter ses prévisions. Le premier porte sur le taux d'épargne des ménages, qui permet à ceux-ci de lisser les à-coups du pouvoir d'achat liés notamment à la hausse des prélèvements.

Même si un léger rebond est attendu début 2013, l'institut n'exclut pas ainsi que sa tendance baissière s'interrompe si les perspectives de revenus généraient, du fait de la crise, des comportements de plus grande prudence, ce qui aurait un impact certain sur la consommation.

Le second tient à la croissance américaine, avec toutes les incertitudes liées à la politique budgétaire outre-Atlantique, et le troisième, positif cette fois, au prix du pétrole.

L'Insee a fondé ses dernières prévisions sur un prix du baril stable autour de 100 dollars pour le Brent de la mer du Nord mais n'exclut qu'il soit finalement plus bas.

Il estime enfin l'acquis de croissance de l'économie française pour 2013 à 0,1% à la fin du premier semestre.

A ce niveau, il faudrait que le PIB augmente de 0,2% au troisième trimestre puis de 0,3% au quatrième pour atteindre sur l'année la croissance de 0,1% prévue par la Commission européenne comme par l'OCDE, en attendant que le gouvernement révise ses propres prévisions.

"Une croissance (positive) en 2013 est du domaine du possible, même du vraisemblable", déclare Cédric Audenis, en ajoutant qu'on peut espérer pour cela une "amplification" dans les prochains mois des signaux positifs qui viennent actuellement de l'extérieur.

"Mais d'ici la fin du premier semestre, on ne voit qu'une stabilisation, pas encore de rebond !".

Edité par Marc Joanny

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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