Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : L'AMF fait part de ses inquiétudes pour les marchés financiers

Marché : L'AMF fait part de ses inquiétudes pour les marchés financiers

Marché : L'AMF fait part de ses inquiétudes pour les marchés financiersMarché : L'AMF fait part de ses inquiétudes pour les marchés financiers

PARIS (Reuters) - L'Autorité des marchés financiers (AMF) a fait part mercredi de ses inquiétudes sur la tenue des marchés financiers en raison des tensions géopolitiques, du développement d'un secteur financier non régulé ("shadow banking") et des risques d'assèchement de la liquidité sur certains compartiments.

L'année 2015 a en effet été marquée par de nouveaux épisodes de brusque poussée de la volatilité en partie liés au manque de liquidité sur les marchés, en dépit des politiques monétaires ultra-accommodantes menées par de nombreuses banques centrales.

Ce paradoxe d'une liquidité banque centrale abondante et d'une liquidité de marché qui fait soudain défaut résulte de changements structurels qui rendent très probable sa persistance en 2016.

Commentant la situation globale des marchés financiers, Gérard Rameix, le président de l'AMF, a évoqué "un certain nombre d'inquiétudes."

"Cela fait un moment que je n'en ai pas vues autant", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

L'AMF se demande notamment si les marchés financiers seront capables de faire face à un nouvel épisode d'assèchement de la liquidité comme ce fut le cas en 2007, au début de la crise financière, et en 2010 au plus fort de la crise de la dette souveraine au sein de la zone euro.

"La liquidité est satisfaisante mais elle n'est pas acquise. On peut avoir un assèchement de la liquidité", a souligné Gérard Rameix.

UN "SHADOW BANKING" EN EXPANSION

Depuis mi-2014, les actions européennes connaissent une hausse de leur volatilité, alimentée par les craintes ayant entouré dans un premier temps la croissance économique en zone euro suivies depuis l'été dernier par les inquiétudes autour des marchés émergents, Chine en tête, auxquelles se sont ajoutées les tensions géopolitiques à travers le monde, tant en Ukraine qu'au Moyen-Orient.

Les anticipations d'évolution des politiques monétaires et de mesures de soutien économique des grandes banques centrales ont également nourri la volatilité des marchés financiers.

Le développement d'un "shadow banking", c'est-à-dire un système de financement de l'économie alternatif au secteur bancaire classique, est également pour l'AMF un sujet d'attention.

Alors que les établissements bancaires ont vu leur réglementation prudentielle se durcir du fait de la crise, le "shadow banking" s'est développé sans pour autant faire l'objet d'un véritable contrôle des régulateurs.

"C'est une inquiétude de tous les régulateurs, de tous les banquiers centraux", a encore déclaré Gérard Rameix.

Un rapport de la Banque centrale européenne, publié en octobre dernier, a montré que le "shadow banking" détenait 23.000 milliards d'euros d'actifs financiers liés au financement de l'économie de la zone euro fin 2014, soit 38% du total. Cette proportion était de 33% en 2009.

La part des établissements de crédit traditionnels est passée de 55% à 48% sur cette période.

(Matthieu Protard, avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2016 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...