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Marché : L'Allemagne pas sûre d'avoir évité la contraction au 2e trimestre

Marché : Baisse de l'excédent commercial en juin en AllemagneMarché : Baisse de l'excédent commercial en juin en Allemagne

par Michelle Martin

BERLIN/FRANCFORT (Reuters) - - Les exportations et les importations allemandes ont augmenté en juin, signe que la crise ukrainienne ne pénalisait alors qu'à la marge la première économie d'Europe, mais ce rebond est insuffisant pour apaiser les craintes d'une contraction du produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre.

Les chiffres publiés vendredi par l'Office fédéral des statistiques montrent une hausse de 4,5% des importations en données corrigées des variations saisonnières (CVS), la plus forte hausse d'un mois sur l'autre depuis novembre 2010, après une baisse marquée (-3,4%) en mai.

Les exportations, qui avaient reculé de 1,1% en mai, ont quant à elles progressé de 0,9%, près de deux fois plus qu'attendu par les économistes interrogés par Reuters.

Sur l'ensemble du deuxième trimestre, les exportations ont légèrement augmenté par rapport aux trois mois précédents et les importations ont reculé. Mais même en intégrant ce modeste soutien de la balance commerciale, certains économistes estiment que le PIB pourrait avoir reculé sur avril-juin. La première estimation officielle sera publiée jeudi prochain.

"(Le commerce extérieur) n'aura probablement pas compensé totalement les très mauvais chiffres de la production industrielle (...), ce qui signifie que le PIB devrait s'être légèrement contracté au deuxième trimestre", explique Christian Schulz, économiste senior de Berenberg Bank.

Selon le consensus Reuters, le PIB allemand devrait avoir stagné au deuxième trimestre après une croissance de 0,8% sur janvier-mars, dopée par la douceur inhabituelle de l'hiver. Mais un nombre croissant d'observateurs n'excluent plus une contraction du PIB, ce qui serait une première depuis la fin 2012.

LA RUSSIE ET LE MOYEN-ORIENT INQUIÈTENT

D'autres indicateurs publiés ces tout derniers jours ont en effet déçu les attentes, comme les commandes à l'industrie, qui ont subi en juin leur plus forte baisse depuis près de trois ans, et la production industrielle, qui n'a progressé que de 0,3%, bien moins qu'attendu.

Pour Carsten Brzeski, économiste senior d'ING, les exportations auront sans doute été l'unique moteur de la croissance allemande au deuxième trimestre.

La préoccupation première des entreprises allemandes est aujourd'hui la crise en Ukraine et l'escalade des sanctions économiques réciproques entre la Russie et l'Occident.

Les exportations allemandes vers la Russie, qui représentent 3,3% du total, ont déjà chuté d'environ 15% sur les cinq premiers mois de l'année par rapport à la période correspondante de 2013.

Environ 10% des entreprises exportatrices allemandes écoulent une partie de leur production en Russie et certaines d'entre elles, comme le groupe de défense Rheinmetall ou le fabricant de médicaments génériques Stada, ont averti cette semaine des risques que fait peser la crise ukrainienne et ses retombées économiques sur leur activité.

"En dépit des résultats positifs du premier semestre de l'année, nous sommes préoccupés par l'escalade du conflit commercial avec la Russie", a déclaré vendredi Anton Börner, le président de l'organisation patronale BGA, qui regroupe quelque 120.000 grossistes, exportateurs et sociétés de services.

"Les conflits au Moyen-Orient font aussi peser une menace sur l'économie mondiale et pèsent donc sur les exportations allemandes."

L'excédent commercial allemand s'est réduit en juin à 16,2 milliards d'euros, contre 18,8 milliards en mai. Il est toutefois en hausse sur l'ensemble du premier semestre, à 99,3 milliards contre 97,9 milliards un an plus tôt.

(Marc Angrand pour le service français, édité par Nicolas Delame)

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