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Marché : HSBC va réduire ses effectifs de près de 50.000 personnes

Marché : HSBC réduit sa présence dans la banque d'investissementMarché : HSBC réduit sa présence dans la banque d'investissement

par Lawrence White et Steve Slater

HONG KONG (Reuters) - HSBC, la première banque européenne, va réduire ses effectifs de près de 50.000 personnes, imposer un régime minceur à sa banque d'investissement et amputer d'un quart ses actifs dans le but de simplifier ses structures et d'améliorer des performances médiocres.

La banque a dit mardi que la moitié des réductions d'effectifs résulteront de la cession de ses activités en Turquie et au Brésil.

L'autre moitié correspondra à des suppressions de postes représentant environ 10% des 233.000 salariés restants au travers d'une rationalisation des activités informatiques et de back office et de fermetures d'agences. Environ 7.000 à 8.000 suppressions de postes concerneront la Grande-Bretagne, soit un sixième des effectifs de HSBC dans ce pays, mais la banque assure qu'il ne s'agira que de départs naturels.

Les effectifs totaux de HSBC seront ainsi ramenés à environ 208.000 personnes d'ici 2017 contre 295.000 à fin 2010 et 258.000 à fin 2014, sachant que la banque prévoit d'embaucher dans les activités à forte croissance et dans sa division en charge de la conformité.

Ces mesures, qui font partie du deuxième plan stratégique présenté par le directeur général Stuart Gulliver depuis son arrivée aux commandes en 2011, visent à améliorer la rentabilité de la banque. Sa précédente tentative a été entravée par la montée des coûts liés à la conformité, les amendes auxquelles la banque a dû faire face, l'environnement de bas taux d'intérêt et le manque de dynamisme de la croissance.

"Couper dans les effectifs n'est pas nécessairement la solution à moins que le management ne rende la banque considérablement moins complexe", a commenté James Antos, analyste chez Mizuho Securities Asia.

A la Bourse de Londres, le titre HSBC a ouvert en hausse de 0,9% avant de céder la totalité de ses gains et de sous-performer aussi bien l'indice Footsie que l'indice sectoriel des banques européennes.

HSBC a dit qu'elle réduirait de 25% le total de ses actifs pondérés des risques d'ici 2017, soit l'équivalent de 290 milliards de dollars (257 milliards d'euros), dont 140 milliards dans la division de banque d'investissement et de financement (BFI) qui se trouvera amputée d'un tiers.

Le poids de la BFI dans le bilan sera ainsi ramené à moins d'un tiers à cet horizon contre 40% actuellement.

Les investisseurs attendaient des mesures plus radicales pour la banque d'investissement, que Stuart Gulliver avait dirigée pendant cinq ans avant d'être promu à la tête du groupe et dont les résultats ont déçu ces dernières années.

REDUCTIONS DE COÛTS

"Les coupes dégagent des marges significatives pour que le groupe puisse financer la croissance de ses actifs en Asie, absorber l'inflation de ses actifs pondérés des risques tout en préservant sa capacité à verser un dividende en progression.", a toutefois estimé Gurpreet Singh Sahi, analyste chez Goldman Sachs.

Stuart Gulliver s'est dit convaincu que HSBC était désormais "au début d'une période prolongée de croissance du dividende."

Il a déclaré qu'il allait mettre en oeuvre des réductions de coûts allant jusqu'à cinq milliards par an d'ici 2017. Il en coûtera 4,5 milliards de dollars sur les trois prochaines années pour les réaliser.

HSBC a réduit son objectif de rendement des fonds propres à "plus de 10%" d'ici 2017, au lieu d'un objectif précédent de 12-15% d'ici 2016.

La banque a confirmé la vente de ses filiales turque et brésilienne tout en maintenant une présence au Brésil pour servir sa clientèle d'entreprises. Elle prévoit de restructurer des activités insuffisamment performantes au Mexique et aux Etats-Unis pour en améliorer la rentabilité.

HSBC a ajouté qu'elle vise à croître en Asie en y développant ses activités d'assurance et en renforçant sa présence dans le delta de la rivière des Perles en Chine.

Pour certains analystes, les changements annoncés ne vont pas assez loin mais d'autres les jugent significatifs.

"Le marché va sans doute réagir positivement car cela va donner aux investisseurs une idée beaucoup plus claire de la direction choisie par HSBC", a ainsi commenté Steven Leung, vendeur actions chez UOB Kay Hian in Hong Kong.

La banque a par ailleurs détaillé 11 critères, parmi lesquels figurent le niveau de croissance du pays, les taux d'imposition et l'attitude du gouvernement en place envers le système bancaire, pour évaluer l'opportunité d'un transfert de son siège londonien en Asie.

Cette évaluation sera conduite d'ici la fin 2015 et Stuart Gulliver a précisé qu'un éventuel transfert du siège s'étalerait sur deux ans, une fois la décision prise.

HSBC doit aussi procéder à la scission de sa banque de détail au Royaume-Uni, qu'elle n'est pas certaine de conserver.

Cette banque, scindée pour répondre aux contraintes réglementaires britanniques et qui sera rebaptisée, représentera environ les deux tiers des revenus de HSBC en Grande-Bretagne, soit 11 milliards de dollars et 57% de ses effectifs dans le pays avec 26.000 personnes.

(avec Donny Kwok, Véronique Tison et Marc Joanny pour le service français)

Copyright © 2015 Thomson Reuters

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