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Marché : Hollande veut un objectif pour le niveau de l'euro

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STRASBOURG (Reuters) - L'Europe doit se fixer un objectif à moyen terme pour le niveau de l'euro afin de prévenir des mouvements "irrationnels" comme la hausse actuelle de la monnaie unique qui menace la reprise économique de la zone euro, a déclaré mardi François Hollande.

L'appréciation de l'euro, qui s'échangeait mardi à plus de 1,35 dollar contre 1,28 en moyenne sur les 200 derniers jours, inquiète les exportateurs français et menace une croissance déjà attendue très faible cette année en France, un pays plus sensible aux hausses de l'euro que l'Allemagne.

Reconnaissant l'indépendance de la Banque centrale européenne, le président français a estimé que les responsables politiques européens avaient eux aussi un rôle à jouer face à des pays comme les Etats-Unis ou la Chine qui utilisent selon lui leur devise à des fins concurrentielles.

"Un taux de change ne se décrète pas", a dit François Hollande lors d'une conférence de presse à Strasbourg. "Mais nous sommes dans un système monétaire international qui n'est pas régulé et avec des compétitions qui se font aussi par le biais des parités et des monnaies. Dès lors, la zone euro doit, par ses chefs d'Etat et de gouvernement, se donner un objectif à moyen terme de change."

"Nous devons nous déterminer sur le moyen terme sur un niveau de change qui nous parait le plus réaliste, le plus compatible avec l'état de notre économie réelle", a poursuivi le président français, en soulignant le risque que la hausse de l'euro réduise à néant les efforts pour redresser les économies de la zone monétaire.

Les responsables politiques européens évitent le plus souvent de parler du niveau de l'euro pour ne pas marcher sur les platebandes de la BCE, seule responsable de la politique monétaire, en particulier les Allemands qui refusent tout interventionnisme dans ce domaine.

BERLIN DONNE LA PRIORITÉ À LA COMPÉTITIVITÉ

Le ministre allemand de l'Economie, Philipp Rösler, a estimé mardi à l'issue d'une rencontre avec son homologue Pierre Moscovici à Paris que "l'objectif doit être d'améliorer la compétitivité et pas d'affaiblir la monnaie".

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a cependant dit le mois dernier son inquiétude face aux perspectives d'une politique monétaire très agressive au Japon, qui pèse sur le niveau du yen par rapport à l'euro.

Des dirigeants de la BCE expliquent quant à eux qu'ils surveillent le niveau de l'euro en raison de ses conséquences sur l'économie de la zone monétaire, mais que ce paramètre est loin d'être le plus important.

Selon François Hollande, les Etats-Unis ne se privent pas d'utiliser le change pour favoriser leur économie, une idée contestée au sein de la BCE.

"Certains pays comme les Etats-Unis ou comme la Chine utilisent aussi leur taux de change à des fins de soutien de leur propre croissance, donc nous devons agir au niveau international pour que nous puissions faire valoir nos propres intérêts", a-t-il ainsi déclaré.

Devant les députés européens, il avait auparavant déploré que "l'Europe laisse sa monnaie, l'euro, vulnérable à des évolutions irrationnelles dans un sens ou dans un autre". "Une zone monétaire doit avoir une politique de change", avait-il plaidé.

Pierre Moscovici avait estimé dimanche que l'euro était "peut-être trop fort" et plusieurs hauts responsables français ont récemment assuré que la France mènerait le "combat" à l'Eurogroupe et au G20 pour un retour à un plus juste niveau des parités.

Selon des économistes, la France est plus menacée par une hausse de l'euro que d'autres pays de la zone euro, notamment l'Allemagne, du fait d'exportations industrielles plus sensibles aux prix.

Une récente étude de Deutsche Bank établi à 1,22-1,24 dollar le niveau de l'euro à partir duquel l'économie française est fragilisée. Pour l'Italie, ce niveau serait de 1,16-1,17 dollar, tandis qu'il serait de 1,54-1,94 dollar pour l'Allemagne et de 1,83-1,90 dollar pour l'Espagne.

En légère hausse face au dollar, l'euro progressait mardi face au yen, à la livre sterling et au franc suisse.

Gilbert Reilhac, avec service France, édité par Jean-Baptiste Vey

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