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Marché : Guerre des nerfs entre Athènes et Bruxelles

Marché : Guerre des nerfs entre Athènes et BruxellesMarché : Guerre des nerfs entre Athènes et Bruxelles

par Renee Maltezou et Francesco Guarascio

ATHENES/BRUXELLES (Reuters) - Déclarations contradictoires et démentis n'ont cessé de circuler mardi entre Athènes et Bruxelles, attestant de l'atmosphère de profonde défiance dans laquelle baignent les nouvelles négociations sur un troisième plan de renflouement de 86 milliards d'euros.

Les divergences portent aussi bien sur le rythme et la conduite des négociations que sur la question de la réouverture de la Bourse d'Athènes et la nécessité ou pas pour le gouvernement de promulguer de nouvelles lois avant tout accord, en passant par les volées de bois vert de l'ex-ministre des Finances Yanis Varoufakis à l'encontre des créanciers sur son blog.

Les deux parties ne sont même pas parvenues à s'entendre sur le moment où les négociations ont vraiment démarré.

Un haut fonctionnaire grec aux Finances a dit que les chefs des délégations de la Commission européenne (CE) et du Fonds monétaire international (FMI) arriveraient mercredi à Athènes pour discuter du plan de renflouement.

Les négociations dites techniques doivent être bouclées d'ici vendredi et pourraient s'accompagner de discussions "de suivi" durant le week-end si nécessaire, a-t-il ajouté.

"Les deux parties veulent parvenir à un accord le plus tôt possible", a dit le haut fonctionnaire.

Des responsables de l'exécutif européen ont toutefois démenti ces ordres du jour successifs, affirmant que les chefs de la mission européenne étaient déjà sur place et que les discussions avaient commencé depuis lundi. Ils ont bien souligné qu'on ne forcerait pas la main aux créanciers, tout accord exigeant au préalable des engagements précis et écrits sur les réformes.

DIVERGENCES D'INTERPRÉTATION

Il n'y a pas de "date limite fixe" pour la conclusion d'un protocole d'accord, a expliqué Mina Andreeva, porte-parole de la CE. Si tout le monde s'en tient aux engagements pris lors du sommet des 12-13 juillet, "un accord d'ici la seconde quinzaine d'août est envisageable", a-t-elle ajouté.

Le haut fonctionnaire grec aux Finances estime, lui, que l'obligation pour la Grèce de légiférer sur les réformes avant de s'entendre sur l'aide financière ne se justifie pas au vu des déclarations produites par le sommet et des échanges qui ont suivi.

Côté créanciers, le point de vue est tout autre: Athènes doit édicter des mesures encadrant plus rigoureusement les préretraites et revoir sa fiscalité agricole avant que toute nouvelle aide ne soit déboursée. La Grèce aura besoin d'argent frais avant le 20 août, date à laquelle elle devra rembourser 3,5 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE).

Après son arrivée au pouvoir en janvier, le parti de la gauche radicale Syriza du Premier ministre Alexis Tsipras a tenté dans un premier temps de revenir sur les mesures d'austérité prévues par le précédent plan de renflouement et d'exclure le FMI de toute nouvelle discussion.

Lorsque les négociations sur une nouvelle assistance ont finalement commencé, elles ont été transférées à Bruxelles, sans le moindre accès aux ministères grecs, à la différence de ce qui se passe aujourd'hui. Alexis Tsipras avait tenté de déplacer la discussion sur le champ du politique pour s'épargner l'obligation de présenter des propositions de réforme dûment détaillées et chiffrées.

L'OMBRE DE VAROUFAKIS

L'ombre de Varoufakis, dont Tsipras a dû se défaire en acceptant ce mois-ci des conditions d'aide encore plus dures, plane sur les nouvelles discussions.

L'universitaire marxiste a démissionné lorsque Tsipras a rejeté sa proposition radicale de créer un système de paiement parallèle pour contourner la fermeture des banques locales et l'imposition d'un contrôle des capitaux le 28 juin dernier.

Bien qu'éloigné du pouvoir à présent, il n'en reste pas moins un souci pour le Premier ministre puisqu'il continue de tirer à boulets rouges sur le compromis d'aide financière, traitant les créanciers de colonialistes.

Andreeva a qualifié de "fausses et infondées" les affirmations de Varoufakis selon lesquelles les créanciers ont pris le contrôle du secrétariat général du ministère des Finances, chargé des recettes publiques.

"La Commission et le FMI n'assurent qu'une assistance technique à l'administration fiscale et ne contrôlent évidemment pas le secrétariat général aux recettes publiques", a-t-elle déclaré. "Soutenir que la troïka contrôle ce secrétariat est tout simplement faux", a-t-elle ajouté en reprenant l'ancien terme pour désigner le FMI, la CE et la BCE.

Lors d'une réunion mardi du comité politique de Syriza, trois de ses onze membres ont exigé que le gouvernement rompe les négociations avec les créanciers.

Panagiotis Lafazanis, le dirigeant de la Plate-forme de gauche, l'aile la plus radicale du parti, a également multiplié les attaques contre les partisans d'un nouveau plan d'aide, affirmant que ceux-ci voulaient écarter toute proposition alternative en cherchant à la "criminaliser".

(Wilfrid Exbrayat et Guy Kerivel pour le service français)

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