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Marché : François Hollande accélère dans sa politique d'offre

Marché : François Hollande accélère dans sa politique d'offreMarché : François Hollande accélère dans sa politique d'offre

PARIS (Reuters) - François Hollande a annoncé mardi son intention de faire encore baisser de 15 milliards d'euros le coût du travail en France, donnant corps au "pacte de responsabilité" proposé aux entreprises en échange d'engagements sur l'emploi.

Le chef de l'Etat a estimé que si la politique de redressement de la compétitivité entamé il y a 18 mois donnait de premiers résultats, ils étaient encore "trop fragiles".

"Nous n'avons pas encore gagné la bataille pour l'emploi", a-t-il reconnu en introduction de la troisième conférence de presse de son quinquennat, ajoutant qu'il s'agissait "d'aller plus vite, plus loin, d'accélérer et d'approfondir" dans une politique d'offre ouvertement revendiquée.

Le pacte de responsabilité, annoncé lors de ses voeux le 31 décembre et dont les travaux préparatoires seront lancés le 21 janvier, doit répondre à cet objectif avec le premier de ses quatre chantiers, la baisse du coût du travail.

Pour cela, François Hollande a promis que les entreprises ne financeraient plus la branche famille de la sécurité sociale à l'horizon 2017, comme elles le réclament de longue date, ce qui représentera une économie de quelque 35 milliards d'euros.

Il a précisé toutefois que ce montant s'entendait en intégrant l'impact du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), soit 20 milliards d'euros à l'horizon 2015, qui pourrait basculer en baisse de charges à partir de 2016.

L'effet net serait donc de quelque 15 milliards d'euros.

"C'est la condition pour que les entreprises retrouvent de la marge", a-t-il dit, en soulignant que, sans elles, "il ne peut y avoir de créations d'emplois dans la durée."

OBJECTIFS CHIFFRÉS D'EMBAUCHES

Il a annoncé dans le même temps son intention de moderniser la fiscalité des entreprises, ce qui passera notamment par la suppression d'un certain nombre de taxes coûteuses à collecter et ce dès le projet de loi de finances 2015.

Pour répondre aux inquiétudes du patronat, qui avait salué l'annonce du pacte de responsabilité, le président a promis dans le même temps de fixer une trajectoire de prélèvements obligatoires pour les entreprises jusqu'à la fin du quinquennat pour encourager l'investissement.

S'agissant des contreparties qui seront négociées avec les entreprises, il a annoncé qu'elles devraient être définies au niveau national et déclinées par branches professionnelles, avec notamment "des objectifs chiffrés d'embauches, d'insertion des jeunes, de travail des seniors, de qualité de l'emploi, de formation".

Un observatoire sera mis en place pour s'assurer de leur mise en place.

Le Medef réclame une baisse de 100 milliards d'euros des prélèvements obligatoires, répartis entre le coût du travail et les impôts, et estime possible de créer ainsi un million d'emplois.

Le pacte de responsabilité intègrera d'autre part une nouvelle étape du "choc de simplification" qui doit permettre de réduire les procédures inutiles ou coûteuses et de "faciliter la prise de décision" des chefs d'entreprise.

Les travaux doivent déboucher sur une conférence sociale prévue au printemps, qui donnera lieu à un document sur lequel le gouvernement engagera sa responsabilité devant le Parlement.

BAISSE DES DÉPENSES PUBLIQUES

François Hollande est resté évasif sur le financement des mesures annoncées mais a exclu un transfert des charges des entreprises vers les ménages.

De même il a réaffirmé la nécessité de continuer à réduire les déficits publics, ce qui passera par un effort de 50 milliards d'euros sur les dépenses pour la période 2015-2017.

Une loi de programmation des finances publiques et sociales pour la période 2015-2017 présentée à l'automne permettra d'en savoir plus.

Toutes les dépenses publiques seront examinées et un conseil stratégique de la dépense fera des évaluations chaque mois. Si l'Etat sera au coeur du processus, les collectivités territoriales seront aussi mises à contribution via notamment une clarification "stricte" des compétences entre les différents échelons .

Elles seront aussi invitées à se regrouper, y compris les régions, avec des "incitations puissantes" et des dotations qui varieront selon les regroupements.

Yann le Guernigou et Jean-Baptiste Vey, avec Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse

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