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Marché : Forte hausse du programme d'émissions de dettes 2015 de la France

Marché : Forte hausse du programme d'émissions de dettes 2015 de la FranceMarché : Forte hausse du programme d'émissions de dettes 2015 de la France

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - La France prévoit d'émettre 188 milliards d'euros de dette à moyen et long terme en 2015, soit l'équivalent du record atteint en 2010 au plus fort de la crise financière, pour couvrir son déficit budgétaire et honorer les remboursements sans précédent de titres arrivant à échéance.

Ce montant annoncé mercredi par l'Agence France Trésor (AFT) est en hausse de 15 milliards par rapport à 2014 mais, grâce à la persistance de taux d'intérêt très bas, le gouvernement ne prévoit pas de dérapage de la charge de la dette.

Il l'anticipe à 44,3 milliards d'euros dans le projet de loi de finances 2015 dévoilé mercredi, au moment où la dette publique de la France vient de franchir la barre des 2.000 milliards d'euros.

Par comparaison, la charge de la dette 2014 était prévue à 46,7 milliards d'euros dans le budget initial. Elle a été ramenée à 44,9 milliards dans la loi de finances rectificative de juillet.

Au vu de la faiblesse actuelle des taux, avec le rendement des échéances dix ans tombé cet été à un nouveau plus bas historique de 1,22%, "on sera assez sensiblement en-dessous" de 44,9 milliards à la fin de l'année, a estimé Ambroise Fayolle, directeur général de l'AFT, au cours d'un point de presse.

Le montant de 188 milliards d'euros d'émissions prévues l'an prochain se compare à celui de 173 milliards de 2014 et tient compte des quatre milliards d'euros de cessions de participations de l'Etat que le gouvernement entend consacrer au désendettement

Il servira à rembourser pour 117,8 milliards d'euros de dettes émises pour l'essentiel au plus fort de la crise de 2008-2010 quand les déficits explosaient, et à financer un déficit budgétaire attendu de son côté en légère hausse, à 75,7 milliards d'euros dans le projet de loi de finances.

Ambroise Fayolle a précisé que le dérapage du déficit de l'Etat 2014, dorénavant attendu à 75,0 milliards d'euros, serait comme les autres années financé principalement par une augmentation de l'encours de la dette court terme (BTF), qui sera de 4,2 milliards d'euros.

35 MILLIARDS DÉJÀ REMBOURSÉS SUR 2015

Le montant du programme 2015 est net de rachats de dettes éventuels qui servent à alléger la charge des remboursements des années suivantes.

Au 30 septembre, l'AFT, l'agence chargée de la gestion de la dette de l'Etat, a ainsi racheté depuis le début de l'année 25,7 milliards d'euros de dette arrivant à échéance en 2015 et 2016.

Elle entend continuer ces opérations de rachat "pour profiter des très bonnes conditions de marché", alors qu'elle a déjà réalisé l'essentiel - 162 milliards sur 173 milliards - de son programme officiel 2014, a souligné son directeur général.

Les rachats opérés ces deux dernières années ont déjà permis de réduire de 35 milliards d'euros le montant des tombées de dettes à moyen et long terme arrivant à échéance l'an prochain.

Au 30 septembre, le taux moyen pondéré (TMP) des titres de deux ans et plus émis cette année par l'Etat français s'élevait à 1,44%, soit 0,10 point de pourcentage en dessous du TMP de 2013 et surtout 1,3 point de pourcentage en dessous du taux moyen des obligations arrivant à échéance en 2014.

Le taux moyen des émissions de titres court est lui remonté à 0,1%, contre 0,06% en 2013. Mais cette hausse ne devrait être que provisoire, les taux des BTF émis depuis la fin août étant passés en territoire négatif.

Pour 2015, le gouvernement s'est donné de la marge en construisant son budget sur des hypothèses de taux à trois mois de 0,05%, soit le niveau du principal taux de refinancement de la Banque centrale européenne que cette dernière s'est engagée à maintenir à un niveau bas pour une longue période.

Quant au taux de l'obligation de référence à dix ans de l'Etat français, il remonterait à 2,2% en moyenne, alors qu'il évolue actuellement sous 1,3%.

Le scénario du projet de loi de finances anticipe aussi une légère remontée, de 0,5% à 0,9%, de l'inflation hors tabac, alors que les obligations indexées sur l'inflation représente de l'ordre de 10% du stock de la dette française.

(Yann Le Guernigou, édité par Jean-Michel Bélot)

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