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Marché : Fiat monte à 100% dans Chrysler et bondit en Bourse

Marché : Fiat prend le contrôle total de ChryslerMarché : Fiat prend le contrôle total de Chrysler

par Stephen Jewkes et Deepa Seetharaman et Agnieszka Flak

MILAN/DETROIT (Reuters) - Fiat gagnait plus de 13% à la mi-journée jeudi à la Bourse de Milan après avoir conclu un accord en vue de prendre le contrôle total de sa filiale américaine Chrysler pour 4,35 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros), après plus d'un an d'âpres discussions.

Avec cet accord annoncé mercredi, Sergio Marchionne, l'administrateur délégué de Fiat, conforte sa réputation de négociateur chevronné, près de dix ans après avoir pris les rênes du groupe piémontais aux abois dans un secteur automobile qu'il découvrait alors.

Le groupe basé à Turin rachètera les 41,46% de parts qu'il ne possède pas encore dans Chrysler à un fonds d'assurance santé pour retraités affilié au syndicat United Auto Workers (UAW).

Ce fonds, de type Veba (Voluntary employee beneficiary association), recevra 3,65 milliards de dollars en cash, dont 1,9 milliard de Chrysler et 1,75 milliard de Fiat. Chrysler s'est également engagé à verser au fonds de l'UAW une somme supplémentaire de 700 millions de dollars sur trois ans.

Le groupe italien précise qu'il ne lui sera pas nécessaire de procéder à une augmentation de capital pour financer l'opération.

"LE MARCHÉ VA ADORER"

La somme versée au fonds de l'UAW est moins élevée que ne le prévoyaient certains analystes et elle valorise Chrysler à 10,5 milliards de dollars.

"Nous pensions qu'ils paieraient beaucoup plus que cela", a déclaré un expert d'une grande banque d'investissement basé à Londres. "Le marché va adorer. Marchionne a encore frappé. Il a obtenu un accord qui paraît génial à première vue et il n'a pas besoin de faire une augmentation de capital."

Le titre Fiat a touché en début de journée un plus haut à 6,8850 euros, un niveau sans précédent depuis août 2011.

L'administrateur délégué de Fiat, devenu également directeur général de Chrysler en 2009, lors de la restructuration du constructeur américain en faillite, financée par le gouvernement fédéral, a dû batailler longtemps avec le fonds Veba, qui demandait au départ plus de cinq milliards de dollars.

En septembre dernier, le fonds a exercé une option pour contraindre Chrysler à procéder à une introduction en bourse, une IPO que l'accord de mercredi permettra d'éviter.

Sergio Marchionne rêve depuis longtemps de fusionner les deux groupes pour donner naissance au septième constructeur automobile mondial.

Dans un communiqué, il s'est félicité de la création d'une "structure unifiée qui permettra de mettre en oeuvre pleinement notre vision d'un constructeur mondial".

Chrysler contribue désormais aux bénéfices à Fiat mais les deux entreprises continuent de gérer leurs finances séparément. Une fusion leur permettrait, sans que cela soit une obligation, de combiner leurs trésoreries et ouvrirait à Fiat de nouvelles perspectives d'investissement.

Le fonds de l'UAW a été créé en 2007 pour permettre aux trois principaux constructeurs automobiles américains - General Motors, Ford et Chrysler - de se décharger de leurs obligations en matière de paiement de l'assurance santé de leurs employés à la retraite, qui plombaient leurs comptes.

ENCORE DES DOUTES

L'opération ne lève toutefois pas les doutes que nourrissent un certain nombre d'observateurs sur l'avenir de Fiat, en raison notamment de son endettement, le plus élevé de tout le secteur automobile européen.

"L'endettement net du groupe devrait progresser d'environ 10 milliards d'euros à l'issue de cette transaction, ce qui en fera le fabricant le plus endetté en Europe", souligne Citigroup.

"Nous continuons d'avoir des inquiétudes sur la soutenabilité d'un tel niveau d'endettement."

Qui plus est, rien ne dit que cette fusion suffira à compenser les pertes du constructeur italien en Europe. Le plan de Sergio Marchionne pour renforcer Fiat prévoit des partages de technologie, de trésorerie et de réseaux de concessionnaires avec Chrysler, le troisième constructeur automobile américain.

"C'est une entreprise de plus en plus américaine maintenant, parce qu'en Europe, et surtout en Italie, la conjoncture économique reste difficile", estime Andrea Giuricin, spécialiste des transports à l'université Bicocca de Milan. "Fiat a déjà perdu beaucoup de ses parts de marché en Europe et ce ne sera pas facile de compenser cette perte."

L'accord doit être mis en oeuvre d'ici au 20 janvier.

Avec la contribution de Valentina Za à Milan et Laurence Frost à Paris; Nicolas Delame, Guy Kerivel et Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Marc Angrand

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