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Marché : E.ON renonce à son projet sur le nucléaire

Marché : E.ON renonce à son projet de nouvelle entité pour le nucléaireMarché : E.ON renonce à son projet de nouvelle entité pour le nucléaire

FRANCFORT (Reuters) - Le géant allemand des services aux collectivités E.ON a renoncé à son projet de transfert de ses centrales nucléaires dans une nouvelle entité face aux pressions politiques visant à obliger les électriciens allemands à assumer le coût du démantèlement de leurs installations, estimé globalement à près de 40 milliards d'euros.

L'action a chuté à un plus bas de 20 ans, reculant de 6,27% à 9,06 euros vers 12h00 GMT à la Bourse de Francfort, soit la plus forte baisse de l'indice européen EuroStoxx 50, lui-même en recul de 1,26%.

Elle entraîne dans son sillage tout le secteur européen des "utilities", qui accuse l'une des plus fortes baisses sectorielles en Europe (-1,52%).

E.ON a annoncé en décembre dernier son intention de se scinder en deux pour se séparer de ses activités de production conventionnelle d'électricité et se recentrer sur les énergies renouvelables et les réseaux de distribution, une mutation spectaculaire face à la crise du secteur en Europe et en prévision de l'abandon du nucléaire en Allemagne.

L'électricien prévoyait de transférer vers une nouvelle filiale censée naître au deuxième semestre 2016, Uniper, les 16,6 milliards d'euros de provisions passées au titre du démantèlement de ses centrales nucléaires.

Il juge désormais que ce projet n'a plus de sens avec les changements législatifs en préparation et admet que la scission dans son ensemble pourrait être retardée.

"Cette décision nous préserve contre les risques pesant sur la mise en oeuvre de notre stratégie", affirme le président du directoire d'E.ON, Johannes Teyssen, dans un communiqué.

"Nous ne pouvons pas attendre et nous n'attendrons pas d'éventuelles décisions politiques susceptibles de retarder la scission d'Uniper."

Uniper devrait être constituée le 1er janvier comme prévu et la scission devrait intervenir au second semestre 2016, a ajouté Johannes Teyssen.

PERTE NETTE ATTENDUE POUR 2015

Dans le cadre de la législation actuelle, les entreprises qui créent des filiales sont responsables de ces dernières pour une durée de cinq ans.

Pour empêcher les électriciens allemands d'échapper au paiement du démantèlement des centrales nucléaires, dont la dernière doit fermer d'ici 2022 en Allemagne, un projet de loi prévoit d'obliger les compagnies électriques à prendre en charge le démantèlement des centrales et le stockage des déchets radioactifs jusqu'au bout.

Même s'il ne transfère pas ses centrales nucléaires à Uniper, E.ON peut poursuivre son projet de scission qui le verrait conserver les réseaux, les énergies renouvelables et nucléaires et les activités de service tandis qu'Uniper prendrait les centrales électriques restantes, le négoce sur le marché de l'énergie et les activités dans le pétrole et le gaz.

Les actifs d'E.ON dans l'énergie nucléaire en Allemagne représentent environ 8% de son portefeuille de production d'électricité. Il exploite trois centrales en Allemagne et possède des participations minoritaires dans trois autres.

Le groupe devrait accuser cette année une perte nette de l'ordre de cinq milliards d'euros, en raison d'un montant record de provisions pour dépréciations d'actifs au troisième trimestre, d'environ neuf milliard d'euros, a dit Johannes Teyssen.

E.ON impute cette charge à la chute des cours des matières premières et à un "contexte politique et réglementaire insuffisant".

"L'attrait du 'nouvel E.ON' est réduite en raison du passif du nucléaire et les prévisions pour Uniper sont faibles, comme en atteste cette charge", écrit dans une note l'analyste d'Equinet Michael Schäfer, qui maintient sa recommandation sur le titre à "neutre."

Pour l'ensemble de l'exercice 2015, E.ON a maintenu sa prévision d'un bénéfice avant intérêts, taxes, dépréciations et amortissements (Ebitda) compris entre 7,0 et 7,6 milliards d'euros et d'un bénéfice net hors exceptionnel compris entre 1,4 milliard et 1,8 milliard d'euros.

(Christoph Steitz et Harro ten Wolde; Bertrand Boucey et Patrick Vignal pour le service français)

Copyright © 2015 Thomson Reuters

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