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Marché : Entre les émergents et la Fed, l'euro/dollar neutre

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(CercleFinance.com) - Alors que les devises émergentes suscitent toujours des doutes, le marché des changes semblait retenir son souffle alors que se terminera ce soir le dernier conseil de politique monétaire (le FOMC) dirigé par le 'futur ex' président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke. Presque unanime, le consensus des investisseurs parie sur une nouvelle réduction des rachats d'actifs obligataires de la Fed d'une dizaine de milliards de dollars mensuels. Ainsi ce midi, l'euro gagne-t-il symboliquement 0,1% à 1,3668 dollar, soit à peu de choses près le maigre terrain perdu la veille.

Face au yen, la devise européenne se tasse de 0,50% à 140,35 et elle cède également 0,18% contre le franc suisse à 1,2262, quand face au sterling, elle prend 0,19% à 0,8255.

Alors que les inquiétudes financières provenant des pays émergents sont grandes actuellement, le dernier évènement en date nous provient d'au-delà du Bosphore. Hier soir, la Banque centrale de Turquie (BCT) a décidé (selon ses propres termes) d'un 'fort resserrement monétaire' : 'dernièrement, des évènements nationaux et extérieurs ont eu un impact négatif sur la perception du risque, ce qui a conduit à une dépréciation significative de la livre turque et à une augmentation sensible de la prime de risque', constate-t-elle tout d'abord.

En réaction, la BCT a relevé son taux marginal de refinancement au jour le jour de 7,75% à 12%. En outre, le taux 'repo' à une semaine, soit grosso modo celui contre lequel les banques commerciales peuvent obtenir des espèces en gageant des emprunts d'Etat, est passé d'un coup de 4,5 à 10%. C'est ce dernier taux, et non plus le taux marginal de refinancement, qui sera utilisé dans les prochaines semaines pour fournir l'essentiel de la liquidité, précise la BCT.

Volontariste, la 'banque des banques' d'Ankara indique qu'elle 'mettra en oeuvre toutes les mesures nécessaires à sa disposition afin de limiter l'impact négatif de ces événements (pré-cités, ndlr) sur l'inflation et la stabilité macroéconomique du pays'.

Selon Nomura, 'la banque centrale turque a pris des mesures afin de stabiliser la devise nationale' : 'la BCT a adopté une politique monétaire orthodoxe et a mis fin aux actions qui avaient prévalu lors de la phase d'assouplissement quantitatif', estime Olgay Buyukkayali, qui dirige l'équipe Changes de la banque japonaise pour la région Europe/Afrique/Moyen-Orient.

Cette décision s'inscrit à la suite de celles des banques centrales de Chine et d'Inde, qui ont également été bien acceuillies.

Se montrant rassurés, la plupart des marchés d'actions sont repartis de l'avant ce matin en vue de la Fed. Comme leurs confrères, les courtiers de Monex Capital considèrent qu'il “existe une certitude absolue que la Fed, à l'issue du FOMC (le comité de politique monétaire, ndlr) qui se terminera ce soir, va continuer la réduction de ses rachats d'actifs (soit le fameux “tapering”, ndlr)”. Le consensus table grosso modo sur une nouvelle réduction de dix milliards de dollars par mois, ce qui ramènerait “l'enveloppe” mensuelle à 65 milliards de dollars, contre 85 milliards en décembre et 75 milliards en janvier.

Le comité de politique monétaire (FOMC) de la banque centrale américaine a commencé hier et se terminera ce soir par un communiqué, à 20 heures.

Mais comme le précise Aurel BGC ce matin, 'ce FOMC n'est pas suivi d'une conférence de presse. M. Bernanke, pour le dernier FOMC de sa présidence, ne pourra pas distiller des mots pour rassurer les investisseurs'.

Le prochain comité de politique monétaire américain, qui sera présidé par Janet Yellen, n'interviendra que les 18 et 19 mars prochains. Il sera suivi d'une conférence de presse et donnera lieu à l'une des révisions trimestrielles des projections macro-économiques établies par la banque centrale.

Saxo Banque se montre cependant inquiet. Résumant les épisodes précédents, les analystes rappellent que les devises émergentes 'avaient été soutenues par le flux massif de liquidités depuis la mise en place du premier 'Quantative Easing' (QE) en 2008. Aujourd'hui, elles sont sanctionnées par le ralentissement de rachat d'actifs (de la Fed), puisque cela entraîne la fuite de capitaux vers des actifs jugés moins risqués comme le dollar américain ou la monnaie unique européenne, les devises émergentes présentant une croissance fragile et des risques géopolitiques élevés.'

Et ils poursuivent : 'si Ben Bernanke annonce aujourd'hui un second resserrement, les devises émergentes pourraient en pâtir et atteindre de nouveaux records historiques de dépréciation. Le peso argentin, le rouble russe, le rand sud-africain, mais encore la livre turque seront donc à surveiller aujourd'hui'.


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