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Marché : Echec de la réunion de la dernière chance sur le budget US

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par Richard Cowan

WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis se dirigent tout droit vers le gel automatique de 85 milliards de dollars de crédits publics après une réunion de la dernière chance vendredi entre Barack Obama et les chefs de file du Congrès qui s'est terminée sans aucune avancée.

Le président américain et le vice-président Joe Biden ont reçu le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, le chef du groupe républicain au Sénat Mitch McConnell ainsi que John Boehner, président (républicain) de la Chambre des représentants, et Nancy Pelosi, chef de la minorité démocrate à la chambre des représentants.

Barack Obama, qui a organisé une conférence de presse après la réunion, a dit espérer que les républicains reviennent à la table des négociations. Selon lui, il faudra deux semaines à deux mois pour qu'ils acceptent de reprendre les discussions.

Prié de dire s'il pourrait les contraindre à rester à la Maison blanche tant qu'un accord n'aurait pas été trouvé, Barack Obama a balayé cette éventualité. "Je ne suis pas un dictateur, je suis le président", a-t-il répondu.

Cette mesure, appelée "séquestre", a été adoptée en 2011 pour pousser le Congrès à trouver un compromis sur la réduction du déficit budgétaire, et entrera en vigueur ce vendredi.

Après avoir passé une heure avec les deux principaux responsables politiques du parti républicain et leurs homologues du parti démocrate, le président américain a dit qu'il continuerait de tout mettre en oeuvre pour qu'un compromis "fondé sur le bon sens" soit trouvé après l'entrée en vigueur du gel automatique des dépenses, ce vendredi.

Républicains et démocrates divergent sur les conséquences de cette mesure, mais le FMI redoute qu'il n'affecte la fragile reprise de la croissance. Si la mesure est pleinement appliquée, la prévision de croissance, actuellement de 2%, devrait être amputée d'un demi-point, selon le Fonds monétaire international.

La majeure partie des crédits concernés seront gelés dans les sept premiers mois. Le Congrès pourra les débloquer à tout moment en cas d'accord. La moitié doit être prélevée sur le budget de la Défense.

L'impact immédiat devrait être très limité, mais la Maison blanche a expliqué ces derniers jours que l'ensemble des administrations seraient touchées, du contrôle aérien aux gardes-côtes en passant par l'éducation, la santé et l'immigration.

"IDIOT"

Lors de sa conférence de presse, Barack Obama a relativisé les conséquences du "séquestre". "Nous nous en sortirons. Cela ne va pas être l'apocalypse", a-t-il déclaré.

"C'est simplement idiot. Et ça va faire mal. Cela va affecter les individus et l'économie dans son ensemble."

Première conséquence concrète de cette mesure : les autorités ont ordonné cette semaine la remise en liberté de centaines de sans-papiers en invoquant le coût de leur détention. Le camp conservateur a accusé les pouvoirs publics d'avoir voulu créer un choc pour lui forcer la main.

"En tant que nation, nous ne pouvons pas nous traîner d'une crise annoncée à une autre", avait plaidé le président jeudi dans un communiqué.

Ce constat n'a guère ému le chef de file des républicains Mitch McConnell, qui avait déclaré qu'aucun compromis de dernière minute ne sortirait du chapeau.

Pour sortir de l'impasse, Barack Obama exige le démantèlement de niches fiscales qui profitent essentiellement aux plus hauts revenus ainsi que l'abrogation d'exonérations accordées aux compagnies pétrolières et des avantages fiscaux des fonds de pension.

Après avoir accepté à contrecoeur un alourdissement de la fiscalité dans le cadre de l'accord de décembre sur le "mur budgétaire", les républicains excluent toute concession.

Visiblement résignés, les services publics ont commencé à se serrer la ceinture et à informer leur personnel. La conséquence la plus concrète de la "séquestration" pourrait être l'envoi à quelque 2,8 millions de fonctionnaires et de militaires d'un préavis de mise en disponibilité temporaire.

Personne n'imaginait il y a deux ans que cette disposition entrerait un jour en vigueur, mais les deux camps n'ont trouvé aucun terrain d'entente et se renvoient aujourd'hui le balle.

"C'est le séquestre du président. C'est son équipe qui a insisté dessus", a lancé John Boehner.

Jay Carney, porte-parole de la Maison blanche, a rétorqué : "Le compromis, c'est accepter des mesures qui ne sont pas à 100% conformes à ce qu'on veut. Le président l'a fait et refait. Malheureusement, les républicains n'y semblent pas disposés au sujet du séquestre, il pourrait donc entrer en vigueur".

Avec Steve Holland, Thomas Ferraro et Roberta Rampton, Jean-Philippe Lefief, Tangi Salaün, Nicolas Delame et Danielle Rouquié pour le service français

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