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Marché : Deutsche Bank défend en AG son augmentation de capital

Marché : Deutsche Bank défend en AG son augmentation de capitalMarché : Deutsche Bank défend en AG son augmentation de capital

par Thomas Atkins et Arno Schuetze

FRANCFORT (Reuters) - Deutsche Bank a défendu son projet d'augmentation de capital de huit milliards d'euros à l'occasion de l'assemblée générale annuelle tenue jeudi, moins d'une semaine après l'annonce de cette décision inattendue.

La première banque allemande a choisi cette solution quelques semaines après avoir, pour la première fois, laissé entendre qu'elle ne pourrait renforcer suffisamment ses fonds propres avant les examens de passage européens qui ont lieu cette année.

"Nous savons que certains d'entre vous sont sceptiques; certains doivent se demander pourquoi ils devraient faire confiance à cette équipe", a dit le co-président du directoire Anshu Jain.

"Nous voulons que Deutsche Bank fasse partie du petit cercle des grandes banques qui seront à la pointe d'une nouvelle ère pour le secteur", a déclaré Jürgen Fitschen, l'autre co-président du directoire.

En annonçant son augmentation de capital, la banque a repoussé ses objectifs fixés à l'origine pour 2015, plaidant la patience dans la mesure où, comme tant d'autres établissements, elle peine à se restructurer et à rétablir sa rentabilité.

Anshu Jain, à qui les actionnaires ont souvent reproché d'être un banquier d'investissement anglo-saxon déconnecté des réalités allemandes, s'est pour la première fois adressé longuement aux actionnaires en allemand, alors qu'il s'exprimait jusque là en anglais.

"Pour ce qui concerne notre environnement, qu'il soit externe ou interne à la banque, certaines difficultés ont été plus rudes que nous ne l'avions anticipé", a dit ce Britannique de naissance indienne lors d'une AG tenue à Francfort et à laquelle assistaient quelque 9.000 investisseurs.

Deutsche Bank, dont l'action a perdu 15% ces 12 derniers mois, alors que l'indice européen des bancaires a gagné 13% dans le même temps, a reçu quelques volées de bois vert durant l'assemblée.

"Quand verra-t-on la fin de ce cauchemar?", s'est interrogé le gérant de fonds Ingo Speich (Union Investment), suivant le texte de son discours. "Actionnaires et investisseurs en ont plus qu'assez de ces batailles judiciaires, de ces amendes et atteintes à la gouvernance et à l'observance des règles", a-t-il ajouté. "La confiance des investisseurs a pour une bonne part été dilapidée et l'augmentation de capital n'arrange en rien les choses".

LA BANQUE D'INVESTISSEMENT RESTE UN PILIER

La banque n'a pas besoin du feu vert des actionnaires pour lancer son augmentation de capital mais certains investisseurs ne se privent pas de la morigéner à ce sujet et sur le fait qu'elle semble tarder à résoudre une longue liste de contentieux hérités de la crise financière de 2008-2009.

"Avec cette augmentation de capital, la banque se fabrique un matelas supplémentaire qui la prépare mieux aux tests de la BCE", remarque Stefan Best, de l'agence Standard & Poor's.

La direction évoque par ailleurs un nouveau contexte riche d'opportunités pour l'activité de banque d'investissement. Des concurrentes européennes telles que Barclays et UBS se sont retirées de segments tels que le trading obligataire, où Deutsche Bank croit en ses chances face aux leaders américains Goldman Sachs et JPMorgan Chase.

"Que la Deutsche Bank ressorte de la crise financière en position de force dans la banque d'investissement, cela reste à voir", a ajouté Stefan Best.

La direction demandera par ailleurs aux actionnaires d'approuver une proposition autorisant le versement aux dirigeants et cadres supérieurs de primes représentant le double de leur salaire de base.

Le droit européen stipule que ces primes ne peuvent dépasser la rémunération annuelle fixe, ou le double si les actionnaires l'acceptent, une disposition censée décourager la prise de risque excessive pointée comme l'un des détonateurs de la crise.

Ce plafonnement des primes est l'une des mesures les plus emblématiques prises par l'Union européenne face à une opinion publique particulièrement mal disposée vis-à-vis des largesses qu'ont pu s'octroyer les responsables d'établissements par ailleurs renfloués avec l'argent du contribuable.

L'action Deutsche Bank gagnait 0,12% à 30,20 euros à la mi-journée.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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