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Marché : Début 2014 meurtrier pour les entreprises sans salarié

Marché : Début 2014 meurtrier pour les entreprises sans salariéMarché : Début 2014 meurtrier pour les entreprises sans salarié

PARIS (Reuters) - Le nombre de redressements et de liquidations judiciaires d'entreprises sans salarié a bondi sur les deux premiers mois de l'année par rapport à janvier-février 2013, les autres connaissant une amélioration ou au moins une stabilisation, selon une étude présentée mardi par Deloitte et Altares.

L'étude souligne plus largement une forte dichotomie entre des entreprises qui ont réussi à s'adapter aux ternes conditions économiques pour rebondir et d'autres qui ne l'ont pas fait, et ce quel que soit le secteur d'activité et le nombre de salariés.

Sur janvier et février, 11.400 ouvertures de procédures collectives - sauvegardes, redressements judiciaires ou liquidations judiciaires - ont été recensées, soit une hausse de 3,7% par rapport à la même période de 2013 et de 2,1% par rapport à la même période de 2012.

Pour les redressements et liquidations, qui constituent l'immense majorité de ces cas (11.075, soit +3,0%), les chiffres sont très nuancés selon la taille de l'entreprise.

Celles qui ne comptent pas de salarié connaissent une hausse de 13,9% (à 4.639) alors que toutes les autres connaissent un recul, à l'exception de celles 6 à 19 salariés (+0,6%). Ce recul est parfois net : -33,3% pour les entreprises de 100 salariés et plus (26), -8,0% pour celles de 20 à 99 salariés (230) ou -2,4% pour celles de un à cinq salariés (4.936).

Pour les plus petites entreprises, "la situation devrait difficilement s'améliorer", a déclaré Thierry Millon, responsable des études chez Altares à des journalistes. "En revanche, sur les grandes entreprises, il y a un fort clivage entre ceux qui se sont réinventés et ceux qui au contraire, à bout de souffle, n'ont pas d'autre recours que déposer le bilan."

En 2013, 63.100 défaillances ont été recensées, soit une hausse de 3% par rapport à 2012, ce niveau s'approchant de celui de celui de 2009 alors qu'il était en baisse depuis 2010, tous les secteurs étant touchés.

L'an dernier, 32 entreprises faisant plus de 50 millions d'euros de chiffre d'affaires ont été concernées contre 37 en 2012 alors que ce chiffre n'était que de 15-17 avant 2009. Dans le même temps, 575 entreprises de plus de 50 salariés ont été touchées contre 562 en 2012.

"Une partie du tissu économique se trouve en situation de rupture, de défaillance, ou se trouve distancée par rapport au reste des entreprises", a déclaré Guillaume Bouclier, associé chez Deloitte. "On note une dichotomie dans le tissu économique qui ne relève pas des secteurs d'activité, ni de critères de taille."

D'un côté, un tiers des entreprises se sont adaptées à la crise, investissent, innovent et exportent et de l'autre, "un autre tiers rencontre des difficultés grandissantes : des baisses de volumes, des baisses de rentabilité, des baisses de productivité et une absence d'adaptation, de restructuration, qui font qu'elles sont en situation de décrochage", a-t-il ajouté.

Pour ces entreprises, la solution ne passera pas l'obtention de nouveaux crédits mais par des "solutions plus radicales : soit un renforcement du capital pour restructurer, investir (...) ou une solution de reprise" pour éviter leur disparition pure et simple, a souligné Vincent Batlle, associé chez Deloitte.

(Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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