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Marché : De Bernanke au Nikkei, les changes désorientés

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(CercleFinance.com) - Les parités de devises suivaient des tendances contrastées sur les marchés des changes ce midi. Si au lendemain des minutes de la Fed et du discours de Ben Bernanke devant le Congrès, le dollar reste solidement orienté face à la monnaie unique européenne, le yen nippon perd du terrain tout azimut après le décrochage de plus de 7% de l'indice Nikkei.

Après un recul de 0,40% hier, l'euro se reprend ce midi de 0,20% à 1,2880 dollar. La livre reste stable (+ 0,05%) à 0,8548 livre l'euro, mais la monnaie unique européenne dérape de près de 1% contre le franc suisse à 1,2461.

Hier en effet, les cambistes ont suivi de près l'actualité de la Fed, entre d'un côté les “minutes” du dernier comité de politique monétaire (le FOMC) des 30 avril et 1er mai derniers, et de l'autre un discours très attendu sur les perspectives économiques des Etats-Unis prononcé devant les deux chambres du parlement US par le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke.

Les analystes d'Aurel BGC résumaient ainsi la situation : 'si vous comprenez ce qu'un banquier central vous dit, c'est qu'il s'est mal exprimé, avait déclaré Alan Greenspan (prédécesseur de Ben Bernanke, ndlr) en son temps. La communication du Fed, hier, est compliquée pour les marchés. La question essentielle est simple : quand les achats d'obligations du Fed vont-il être réduits ?'.

Mais la réponse, elle, s'avère plus compliquée. Ben Bernanke a répété qu'il entendait éviter un durcissement trop rapide de la politique monétaire, indiquant que dans 'quelques réunions' du FOMC, des changements semblaient envisageables. Le précédent FOMC s'est terminé le 1er mai, le prochain devant se tenir les 18 et 19 juin.

Mais voilà : 'quelques minutes après ces déclarations, les minutes de la dernière réunion du FOMC mettaient en avant que 'plusieurs membres' (du FOMC) envisagent un recul des achats du Fed dès la réunion de juin !', ajoute Aurel BGC.

L'incertitude demeure dont quant à l'avenir des QE, les rachats d'actifs en masse de la Fed (85 milliards de dollars par mois actuellement). Nombre d'intervenants insistent de plus sur les divergences entre les membres du FOMC. Grosso modo, les investisseurs estiment globalement que c'est en septembre que la Réserve fédérale américaine commencera à normaliser sa politique monétaire, ce qui passera probablement par une réduction du montant d'actifs racheté mensuellement.

Pour ces raisons, l'euro est d'abord monté hier jusqu'à 1,2998 dollar avant de corriger brutalement jusqu'à 1,2834 dollar l'euro, en séance.

Un cambiste nord-européen estime que l'essentiel du message de Ben Bernanke porte sur le chômage et l'inflation : 'si les créations de postes passent (durablement) au-dessus des 200.000 par mois et que l'inflation se tend, les QE de la Fed prendront le chemin de la sortie', commente-t-il. L'opérateur estime que l'euro/dollar se dirige, à terme, sous les 1,25 dollar.

Du côté du Japon, l'euro perd 1,32% à 130,63 yens, après qu'hier en séance un record de plus de quatre ans de 133,80 ait été atteint. Le dollar perd également du terrain contre la devise nippone (- 1,65% à 101,45 yens le dollar)

En effet, l'indice d'actions Nikkei a chuté de 7,3% à la clôture de la Bourse nippone ce matin, du jamais vu depuis le tsunami et l'accident nucléaire de Fukushima, le 15 mars 2011. Porté par la politique d'affaiblissement du yen menée par le gouvernement et la Banque du Japon, le Nikkei s'était envolé de près de 80% depuis mi-novembre 2012, grâce notamment aux valeurs exportatrices dopées par la chute du yen. Pratiquement aucune correction marquée n'était intervenue depuis lors, jusqu'à ce matin..

“Cette réaction d'aversion au risque sur les marchés des actions a débordé sur le marché des changes, les parités du yen enregistrant d'importants mouvements de vente”, expliquent les cambistes de RTFX.

Du côté des statistiques, rares sont les nouvelles engageantes parues ce matin. Dans la nuit, on a appris que l'indice d'activité manufacturière PMI pour la Chine tel que le calcule HSBC s'est contracté en mai. Il est revenu de 50,4 en avril à 49,6, la barre des 50 séparant l'expansion de la contraction. Une nouvelle déception pour l'accélération tant attendue de la croissance chinoise.

Dans la zone euro, les cambistes ont appris ce matin que l'indice PMI flash composite Markit s'était redressé de 46,9 en avril à 47,7 en mai, un niveau similaire à la moyenne du premier trimestre qui avait vu l'économie de la région se contracter de 0,2%. Il reste sous la barre des 50, ce qui signale une contraction.

'La baisse des taux directeurs de la BCE d'un quart de point ne semble pas avoir été suffisante pour redonner confiance en une reprise prochaine de l'économie', estime Chris Williamson, chief economist à Markit.

Certes, 'le PMI de la zone euro est ressorti aujourd'hui à un niveau légèrement meilleur que prévu', reconnaissent les économistes de la banque française Natixis. 'Néanmoins, les PMI européens demeurent très en-dessous du seuil de 50 qui marque la distinction entre croissance et contraction de l'activité', s'empressent-ils d'ajouter.

'De plus, les chiffres du mois de mai continuent d'indiquer une forte divergence entre l'Allemagne et la France, malgré une stabilisation de l'indice manufacturier français', poursuit Natixis.'In fine, les PMI publiés aujourd'hui laissent penser que le rythme de la baisse de l'activité en zone euro devrait s'apaiser au deuxième trimestre, même si la contraction devrait perdurer', conclut la banque.

Du côté américain, on attend cet après-midi les traditionnelles inscriptions hebdomadaires au chômage, qui après 360.000 la semaine dernière sont attendues autour de 345.000, ainsi que les ventes de logements neufs pour avril, qui devraient selon le consensus passer de 417.000 en mars à 425.000.


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