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Marché : Davos au chevet d'une reprise mondiale fragile

Marché : Davos au chevet d'une reprise mondiale fragileMarché : Davos au chevet d'une reprise mondiale fragile

LONDRES/DAVOS (Reuters) - L'affirmation de la reprise économique mondiale et la perspective d'une réintégration de l'Iran dans le jeu international seront en toile de fond du Forum économique mondial qui s'ouvre mercredi à Davos.

Plus de 1.500 dirigeants d'entreprise et une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement, dont le président iranien Hassan Rohani, sont attendus du 22 au 25 janvier dans la petite station de sports d'hiver suisse pour se pencher au chevet d'une économie mondiale encore convalescente.

Des taux d'intérêt au plus bas dans les grands pays développés et des liquidités toujours abondantes devraient conforter une reprise mondiale qui s'est affirmée en 2013.

Les facteurs de risque toutefois ne manquent pas, de la normalisation amorcée de la politique monétaire américaine aux craintes de déflation en Europe en passant par l'ampleur des crédits douteux en Chine ou l'absence de réformes structurelles au Japon.

INÉGALITÉS

Le rapport sur les risques mondiaux publié mi-janvier par les organisateurs du Forum économique mondial relève l'accroissement des inégalités de richesse comme la principale source d'incertitude pour cette année.

Ce document de soixante pages, élaboré avec des entreprises spécialisées dans le risque et l'assurance comme Marsh & McLennan, Swiss Re, Zurich Insurance Group et des chercheurs universitaires comme ceux de l'Université nationale de Singapour, Oxford Martin School ou Wharton School, établit une liste des principales menaces pour l'économie mondiale sur dix ans.

"La sensibilité grandissante des opinions publiques sur la question des inégalités de richesse, qui ont augmenté depuis les années 80, imposera aux dirigeants politiques et aux élites mondiales d'agir avec précaution", souligne David Cole, l'un des auteurs du rapport réalisé après une enquête auprès de plus de 700 experts.

"Je suis un fervent partisan du capitalisme mais il y a un moment où le capitalisme peut aller trop loin et il est important que des mesures soient mises en place - qu'elles soient réglementaires, gouvernementales ou fiscales - afin d'éviter des excès en termes de répartition des revenus et des patrimoines", ajoute-t-il.

"L'OGRE DE LA DÉFLATION"

Le changement climatique apparaît comme le deuxième facteur de risque systémique par ordre d'importance selon le rapport.

Si la situation des finances publiques demeure précaire dans de nombreux pays, la probabilité de crise sur les dettes souveraines a en revanche diminué.

Les incertitudes entourant la reprise mondiale n'en alimenteront pas moins les échanges entre les participants du Forum placé cette année sous le signe de la recomposition de l'ordre mondial et de ses conséquences sociales, politiques et pour le monde des affaires.

Aux Etats-Unis, l'amélioration de l'activité et du marché de l'emploi a poussé la Réserve fédérale à amorcer une normalisation de sa politique monétaire malgré la faiblesse persistante de l'inflation qui souligne la fragilité de la reprise selon certains économistes et responsables monétaires.

Le ralentissement de la hausse des prix au sein de la zone euro, voire leur baisse dans certains des pays membres, fait craindre que le bloc ne bascule dans la déflation.

La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, qui interviendra jeudi à Davos, a lancé une mise en garde sans équivoque la semaine dernière.

"Si l'inflation est le génie, alors la déflation est l'ogre qu'il faut combattre avec vigueur", a-t-elle dit lors d'un discours à Washington le 15 janvier.

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, qui sera aussi présent à Davos où il avait été salué l'année dernière comme le sauveur de la zone euro, s'est dit prêt à agir mais semble peu enclin à se lancer dans une politique d'achats massifs d'actifs, à l'instar de celle conduite par ses homologues de la Fed, de la Banque d'Angleterre ou de la Banque du Japon (BoJ).

La politique volontariste de reflation conduite par les autorités nipponnes - dont les deux principaux protagonistes, le Premier ministre, Shinzo Abe, et le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, font aussi le voyage de Davos - a donné de premiers résultats. L'absence de réformes structurelles destinées à renforcer le potentiel de croissance à long terme fait craindre qu'ils ne soient sans lendemain.

Aux inquiétudes sur les grands pays industrialisés s'ajoutent les craintes sur certains pays émergents, Chine en tête où la croissance ralentit et où la solidité des banques et l'évolution du financement non bancaire suscitent des interrogations quant à la stabilité financière.

Paul Carrel et Ben Hirschler, Marc Joanny pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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