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Marché : Berlin et Washington tancent les pays émergents avant le G20

Marché : Berlin et Washington tancent les pays émergents avant le G20Marché : Berlin et Washington tancent les pays émergents avant le G20

par Wayne Cole

SYDNEY (Reuters) - Aux pays émergents qui leur reprochent les conséquences de leurs politiques monétaires, les grandes économies développées ont rétorqué vendredi qu'ils devaient au préalable balayer devant leur porte.

Les pays émergents veulent que la Réserve fédérale module le dénouement de sa politique d'assouplissement quantitatif (QE) pour en atténuer l'impact sur leurs économies. A quoi les grandes économies développées font valoir que les problèmes auxquels ils sont confrontés sont essentiellement d'origine interne et que les taux d'intérêt locaux doivent être établis en ayant à l'esprit les reprises économiques locales.

"Les marchés émergents doivent prendre leurs propres initiatives pour remettre en ordre leurs finances publiques et mettre en place les réformes structurelles", a dit le secrétaire américain au Trésor Jack Lew lors d'une conférence donnée à Sydney avant une réunion ministérielle du Groupe des Vingt (G20).

Une position reprise en choeur par les ministres des Finances du Japon, de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne. Les pays émergents doivent faire le ménage dans leurs propres comptes avant de faire appel à la solidarité des autres pays du G20, a ainsi dit l'Allemand Wolfgang Schäuble à la chaîne CNBC.

Pour le Japonais Taro Aso, le "tapering" (dénouement) de la Fed est positif car il témoigne d'une meilleure situation économique aux Etats-Unis, même s'il entraîne par ailleurs des sorties de capitaux dans d'autres pays.

"Il est important que les économies émergentes corrigent ces choses en faisant leurs propres efforts", a-t-il dit à Tokyo.

Les monnaies de pays tels que la Russie, la Turquie ou l'Afrique du Sud ont chuté récemment, la perspective de tirer de meilleurs rendements aux Etats-Unis ayant provoqué de massives sorties de fonds.

Le vice-Premier ministre sud-coréen, et ministre des Finances et de la Stratégie, Hyun Oh Seok a avancé que la Fed et d'autres grandes banques centrales pourraient au moins essayer d'éviter les surprises d'ordre monétaire. "Le dénouement du QE doit être entrepris avec soin et avec précision compte tenu du degré d'interconnexion des économies de nos jours", a-t-il déclaré à Reuters.

"UNE BONNE IDÉE"

Jack Lew a sinon appelé la Chine, le Japon et l'Europe à faire de la demande intérieure le moteur de leur croissance. "La reprise aux Etats-Unis est saine et évolue vraiment dans la bonne direction tout en gagnant en intensité mais elle ne peut compenser un manque de demande et de croissance dans d'autres grandes économies", a-t-il lancé.

Le ministre australien des Finances Joe Hockey fait son possible pour recentrer au mieux les débats du G20 et a proposé aux membres du conclave d'adhérer à des objectifs de croissance ambitieux, chacun étant responsable vis-à-vis des autres de leur réalisation.

Et de ce point de vue, il marque quelques points. Son projet est "une bonne idée", a dit jeudi Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). "On pourrait faire mieux et plus si seulement les pays se mobilisaient".

"Si nous pouvions adopter un objectif, ou un élan vers cet objectif, ce serait une bonne chose", a renchéri le ministre des Finances britannique George Osborne. "Je suis tout à fait Joe de ce point de vue".

L'Organisation pour la Coopération et le Développement économiques (OCDE) met en exergue la nécessité vitale d'une sorte de nouvelle donne dans un rapport aux tonalités sombres publié vendredi.

Selon l'organisation, des réformes radicales s'imposent pour doper la productivité et abaisser les barrières commerciales à l'entrée pour éviter de subir à nouveau croissance atone et chômage élevé et permanent.

"Notre message aux ministres des Finances du G20 aujourd'hui sera sans ambigüité: il faut faire dans le structurel, faire dans le structurel pour parvenir à une croissance forte et durable et qui n'oublie personne", a dit son secrétaire général Angel Gurria à la presse.

Pour autant, le principe même d'établir des objectifs concrets n'a eu d'autres retombées que des tensions au sein du G20 par le passé et les propositions de fixer des objectifs de déficit budgétaire ou courant sont restées lettre morte.

De fait, une source gouvernementale allemande y voit une "forme légèrement surannée de planification économique".

Pourtant, une source du G20 a dit qu'il était de plus en plus probable que le communiqué final publié au terme de la réunion de ce week-end comporte bien une référence à un objectif de croissance unique. "Il est fort probable qu'il y ait un objectif de croissance mondial et non pas individualisé pour chaque pays", a-t-elle dit.

Avec Ian Chua, Cécile Lefort, Jane Wardell, Leika Kihara, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

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