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Marché : Athènes promet des réformes avec le soutien total de Paris

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PARIS (Reuters) - La Grèce a promis de présenter jeudi au plus tard des propositions de réforme de son économie pour obtenir une nouvelle aide de ses créanciers, avec le soutien de la France qui a promis de "tout faire" pour éviter un "Grexit".

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a plaidé mercredi sa cause devant les députés européens à Strasbourg, au lendemain du sommet de la zone euro qui a décidé de se donner jusqu'à dimanche pour conclure un accord avec la Grèce.

A quatre jours de l'échéance, Alexis Tsipras, fort de sa victoire au référendum par lequel les Grecs ont dit "non" aux exigences formulées par ses partenaires de l'UE, s'est engagé à présenter jeudi les propositions de réformes qui lui sont demandées tout en restant vague sur leur contenu.

"Demain, nous allons soumettre des propositions concrètes pour un accord juste, des propositions de réforme fiables", a-t-il déclaré à l'issue d'un long débat qui a vu le clivage droite-gauche éclater parfois avec une grande virulence. "Nous demandons votre soutien pour changer la Grèce."

"Nous voulons trouver un compromis honorable pour éviter une rupture qui serait une rupture avec la tradition européenne, nous sommes tous conscients des enjeux et nous sommes prêts de notre côté à prendre nos responsabilités historiques."

Il a également demandé un rééchelonnement de la dette grecque jugée insoutenable par le FMI, a-t-il dit, non pour faire peser la charge sur les contribuables européens, mais pour trouver une solution qui sortira l'Europe de son impuissance à régler une crise de l'endettement "qui s'autoalimente".

ATHÈNES PROMET DE REFORMER LES RETRAITES

Parallèlement, la Grèce a envoyé une lettre au Mécanisme européen de stabilité (MES) dans laquelle elle s'engage à réformer dès la semaine prochaine son système de retraites et sa fiscalité pour obtenir de ses partenaires européens un prêt de trois ans couvrant les remboursements de sa dette.

Dans cette missive rendue publique par le gouvernement, Athènes promet aussi d'honorer ses obligations financières.

"Nous avons confiance dans le fait que les Etats membres comprennent l'urgence de notre demande de prêt étant donné la fragilité de notre système bancaire, notre pénurie de liquidités disponibles, nos obligations à venir, notre accumulation d'arriérés sur le plan intérieur et notre volonté affichée d'apurer nos arriérés vis-à-vis du FMI et de la Banque de Grèce", écrit le ministère grec des Finances.

Le président du MES, le ministre des Finances néerlandais Jeroen Dijsselbloem, a demandé au FMI de l'aider à évaluer la soutenabilité de la dette grecque, une des conditions de l'octroi de ce prêt, et à demandé l'avis de la Commission et de la Banque centrale européenne.

A quatre jours de l'échéance, les enjeux sont très élevés, d'autant plus que la plupart des gouvernements européens sont exaspérés par la stratégie d'Alexis Tsipras qui a selon eux convoqué un référendum alors qu'un accord était proche.

"C'est vraiment la toute dernière chance pour la Grèce", a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk. "Faites-vous aider par vos amis."

Sans accord politique avec la Grèce sur un programme de réformes d'ici dimanche, la Banque centrale européenne (BCE) cessera de soutenir les banques grecques et le chaos menace, a averti le gouverneur de la Banque de France.

UNE "MUSIQUE DIFFÉRENTE"

"L'économie grecque est au bord de la catastrophe, il faut absolument un accord dimanche prochain, c'est le dernier délai. Après ça sera trop tard", a déclaré sur Europe 1 Christian Noyer, membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

"Je crains que s'il n'y a pas d'accord dimanche ce soit l'effondrement de l'économie grecque et le chaos", a-t-il ajouté. Pour lui, "il peut y avoir des émeutes".

L'inquiétude gagne le reste du monde et l'administration Obama a prévenu les Européens qu'un effondrement de la Grèce serait une grave erreur géopolitique.

"Il y a beaucoup d'inconnues si cette affaire va jusqu'à un effondrement total en Grèce", a dit le secrétaire américain au Trésor, Jack Lew. "Je pense que cette inconnue est un risque pour les Européens et pour l'économie mondiale."

Dans ce contexte, la France a mis tout son poids dans la balance en faisant clairement savoir pour la première fois qu'elle ne laisserait pas tomber la Grèce, dont elle a toujours été le parrain européen, à la fois pour son entrée dans l'UE et dans la zone euro.

"Nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro et la France fera tout pour ça", a dit le Premier ministre Manuel Valls lors d'un débat à l'Assemblée sur le dossier grec, ajoutant que cela pouvant mener à la "dislocation" de l'Europe.

Le gouvernement français insiste sur l'importance du contenu de la lettre accompagnant la demande d'aide envoyée au MES et le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, dont le pays a subi une austérité féroce, est du même avis.

"La musique (faite par le gouvernement grec-NDLR) est différente de celle entendue jusqu'à présent", a-t-il dit.

(Service français, édité par Yves Clarisse)

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