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Marché : Athènes privilégie la compétitivité sur le solde budgétaire

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par George Georgiopoulos et Francesco Guarascio

ATHENES (Reuters) - Abaisser l'objectif d'excédent budgétaire primaire après 2018 permettrait à la Grèce de réduire les impôts et de gagner en compétitivité, a déclaré lundi le ministre grec des Finances, qui exhorte par ailleurs les créanciers de son pays à conclure rapidement son examen et à alléger sa dette.

Euclide Tsakalotos estime que l'objectif d'excédent primaire (c'est-à-dire hors service de la dette) pourrait être ramené à 2,5% du PIB au-delà de 2018, alors qu'il est actuellement de 3,5%, une proposition qui n'a pas l'aval des créanciers européens.

"Certains pays disent que le principal problème de la Grèce n'est pas la dette mais la compétitivité", a-t-il dit lundi lors d'une conférence à Athènes, renvoyant à des propos tenus la semaine dernière par son homologue allemand Wolfgang Schäuble.

"Si tel est le cas, je ne vois rien de mieux que de réduire ses excédents", a-t-il ajouté.

"Voici ce que je propose: ramenons l'objectif d'excédent budgétaire primaire de 3,5% à 2,5%; le gouvernement grec s'engagera à affecter la différence d'un point à des allègements fiscaux pour les PME (...) afin de stimuler la compétitivité".

S'exprimant lors de la même conférence, Benoit Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a dit qu'Athènes devait s'en tenir aux conditions de son programme d'aide pour réussir son examen de santé.

Bien qu'il ait promis d'en finir avec l'austérité, le Premier ministre Alexis Tsipras a signé en juillet 2015 un troisième programme d'aide international, synonyme de rigueur. Il a été par la suite réélu grâce à ses promesses de préserver les retraites, les salaires et la code du travail.

"SANS CONCLUSION, PAS DE SOLUTION"

Les négociations entre Athènes et ses créanciers ont buté la semaine dernière sur des divergences tenant aux objectifs budgétaires et aux réformes des marchés du travail et de l'énergie, pierres angulaires de la deuxième revue des réalisations accomplies par la Grèce.

En outre, un désaccord persistant entre l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) sur les objectifs budgétaires à moyen terme ne permet plus guère à la Grèce d'espérer une prompte conclusion de cette revue.

La position qu'adopte la Grèce lors des négociations est conforme à ce qui est prévu dans le plan de renflouement mais l'UE veut faire des concessions au FMI pour le convaincre de rester partie prenante, a expliqué Tsakalotos. De fait, le FMI n'a toujours pas décidé s'il participerait au renflouement.

"Sans cette conclusion, il n'y aura pas de solution pour la dette et sans cette solution nous ne pourrons bénéficier de l'assouplissement quantitatif", a-t-il expliqué, allusion au massif programme de rachat d'actifs, essentiellement obligataires, de la Banque centrale européenne (BCE), dont la Grèce est exclue.

"Sans assouplissement quantitatif, nous ne pourrons revenir sur les marchés fin 2017 ou début 2018".

Mario Draghi, le président de la BCE, a déclaré lundi à la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen qu'il y avait encore quelques soucis quant à la gestion de la dette grecque sur la durée.

Tsakalotos a dit qu'il y avait eu des progrès pour ce qui est de mesures d'allègement de la dette à court terme, qui sera sans doute l'un des principaux sujets de débat de l'Eurogroupe, réunion des ministres des Finances de la zone euro, le 5 décembre prochain.

Mais Athènes attend également de pouvoir discuter d'un allègement des dettes à moyen et long termes après cette réunion, a-t-il ajouté.

Deux hauts fonctionnaires grecs ont signalé qu'une réunion exceptionnelle de l'Eurogroupe était prévisible avant Noël, afin de faire le point des derniers désaccords avec le FMI.

L'un d'eux anticipe un premier accord sur les réformes le 5 décembre et un arrangement définitif avec le FMI deux semaines plus tard, sur l'allègement de la dette et les objectifs budgétaires au-delà de 2018.

"La pire des hypothèses serait celle d'un nouveau report", a-t-il dit, observant que les négociations risquaient d'être plus délicates si aucun accord n'était passé avant la fin de l'année compte tenu des élections prévues en 2017 en Allemagne.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)

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