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Marché : Athènes ne prolongera pas son offre de rachat de dette

Marché : Athènes ne prolongera pas son offre de rachat de detteMarché : Athènes ne prolongera pas son offre de rachat de dette

par Karolina Tagaris

ATHENES (Reuters) - La Grèce a confirmé vendredi son intention de clore en fin de journée, comme prévu initialement, l'offre de rachat d'une partie de sa dette publique à ses créanciers privés, ce qui doit lui permettre d'atteindre les objectifs fixés par ses bailleurs de fonds internationaux.

Ce rachat constitue l'un des volets du plan d'allégement du fardeau de la dette conclu le mois dernier par Athènes avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), avec pour objectif premier de ramener l'endettement à un niveau soutenable.

Le Trésor grec prévoit de consacrer dix milliards d'euros - apportés par les bailleurs de fonds - au rachat d'obligations d'Etat dont le cours actuel est tombé très loin de leur valeur faciale.

Les modalités de l'offre détaillées lundi sont légèrement plus intéressantes qu'attendu pour les investisseurs concernés, ce qui devrait suffire à assurer son succès et à réduire l'encours de la dette publique d'environ 20 milliards d'euros.

"La procédure sera close aujourd'hui ; prolonger ne s'impose pas", a déclaré un haut responsable du ministère des Finances. Un autre haut fonctionnaire a précisé que l'offre serait officiellement close à 17h00 GMT.

Le ministre des Finances Yannis Stournaras a déclaré à une radio que l'Etat prévoirait des dispositions protégeant les administrateurs des banques d'éventuelles poursuites que pourraient engager des actionnaires en cas de pertes liées au rachat.

"Il y aura la même clause que celle incluse dans le PSI", la restructuration de la dette détenue par les créanciers privés mise en oeuvre en mars, a-t-il dit.

Yannis Stournaras avait auparavant appelé les établissements financiers du pays à accomplir leur "devoir patriotique" pour assurer le succès du plan.

PRESSION SUR LES BANQUES

Déjà très affaiblies par la crise financière et cinq ans de récession, les banques grecques redoutent d'être contraintes d'inscrire dans leurs comptes de nouvelles pertes sur la dette publique.

Elles devraient néanmoins accepter l'offre de l'Etat car leur propre avenir dépend lui aussi du versement à Athènes d'un peu plus de 30 milliards d'euros d'aide internationale, conditionné à la réussite du rachat.

Les banques, qui détiennent pour quelque 17 milliards d'euros d'obligations émises par le Trésor sur les 63 milliards éligibles au rachat, ont demandé ce vendredi à leurs conseils d'administration l'autorisation de prendre part au rachat à hauteur de la totalité de leurs avoirs en obligations, ont indiqué à Reuters deux banquiers.

"Les propositions des banques à leurs conseils d'administration étaient positives quant à l'offre de rachat, demandant l'autorisation de participer jusqu'à hauteur de 100%", a dit l'un deux.

L'autorisation du conseil d'administration n'implique pas forcément qu'une banque donnée propose toutes ses obligations à la vente.

"Toutes les propositions (aux conseils d'administration) étaient positives, estimant que l'offre était avantageuse", a dit le second banquier.

Athènes propose de racheter les obligations concernées dans une fourchette dont le plancher va, selon les échéances, de 30,2% à 38,1% de la valeur d'émission et dont le plafond se situe entre 32,2% et 40,1%.

Le Premier ministre Antonis Samaras a déjà annoncé que des fonds de pension grecs détenant un peu plus de huit milliards d'euros de titres n'accepteraient pas l'offre, ce qui accroît d'autant la pression sur les autres créanciers grecs.

Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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