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Marché : Astrazeneca rejette l'offre améliorée de Pfizer

Marché : Astrazeneca rejette le nouvelle offre de PfizerMarché : Astrazeneca rejette le nouvelle offre de Pfizer

LONDRES (Reuters) - Le laboratoire pharmaceutique américain Pfizer a annoncé vendredi avoir relevé son offre à 50 livres par action, soit 63 milliards de livres, sur son concurrent britannique AstraZeneca, qui l'a aussitôt rejetée, estimant que le prix le sous-évaluait "considérablement".

Le rachat d'AstraZeneca par Pfizer, qui interviendrait dans une vague de concentrations dans le secteur pharmaceutique, donnerait naissance au numéro un mondial du secteur.

Mais le conseil d'AstraZeneca a dit avoir rejeté "sans hésiter" la proposition de Pfizer, estimant que le prix de 50 livres par action mis sur la table ne constituait pas une base appropriée pour ouvrir des discussions.

Pfizer précise que ce prix représente une prime de 39% par rapport au cours de clôture de 35,86 livres du 3 janvier 2014, date qui correspond à la veille de la première approche du groupe en vue d'un rachat d'AstraZeneca.

Pfizer, le numéro un américain de la pharmacie, avait dit lundi avoir déjà été éconduit à deux reprises par AstraZeneca, numéro deux du secteur en Grande-Bretagne, une fois début du janvier et une deuxième fois le 26 avril.

Avant la nouvelle offre présentée ce vendredi, Pfizer avait fait une proposition à 46,61 livres par action.

Lundi, le groupe britannique avait déjà affirmé être persuadé du bien-fondé de sa stratégie d'indépendance.

Après avoir ouvert en légère hausse, le titre AstraZeneca, qui avait bondi de 14,38% lundi après que Pfizer a annoncé son intérêt pour le groupe britannique, a reculé de plus de 1% en matinée à la Bourse de Londres, avant d'effacer une partie de ses pertes, les investisseurs anticipant une nouvelle surenchère de Pfizer. Depuis le début de la semaine, l'action a pris plus de 18%.

"Nous pensons que Pfizer devra encore améliorer son offre pour aboutir à une ouverture des négociations, bon nombre d'investisseurs citant un prix compris entre 52 et 55 livres (...)", a déclaré Mark Clark, analyste chez Deutsche Bank.

Certains experts ajoutent que, pour aller vite, Pfizer n'hésitera pas à surenchérir encore davantage, le groupe américain voulant agir avant une éventuelle modification des dispositions fiscales aux Etats-Unis.

OPPOSITION POLITIQUE

Les analystes avaient largement anticipé un relèvement de l'offre par Pfizer ainsi qu'une partie en numéraire plus importante.

Le groupe américain ajoute que les actionnaires du groupe britannique recevront, pour chaque action AstraZeneca détenue, 1,845 action de la nouvelle entité et 15,98 livres en numéraire. Cela porte la partie cash de l'opération à 32% du total contre 30% précédemment.

A 50 livres par action, l'offre de Pfizer valorise AstraZeneca à 63 milliards de livres (77 millions d'euros ou 106 milliards de dollars).

En vertu de la réglementation boursière britannique, Pfizer avait jusqu'au 26 mai pour annoncer son intention de soumettre une offre en bonne et due forme ou renoncer à son projet.

L'acquisition d'AstraZeneca, lui-même issu de la fusion du suédois Astra et du britannique Zeneca en 1999, permettrait à Pfizer de se renforcer dans les traitements contre le cancer mais aussi de se domicilier fiscalement au Royaume-Uni, où les taux d'imposition sont plus bas.

Le groupe américain a accumulé des milliards de dollars de bénéfices à l'international qu'il veut éviter de rapatrier aux Etats-Unis où ils seraient lourdement taxés.

Le rachat d'AstraZeneca par Pfizer, qui constituerait la plus importante acquisition d'un groupe britannique par une entreprise étrangère, a suscité une levée de boucliers en Grande-Bretagne.

Le Parlement britannique a annoncé son intention d'enquêter sur le projet de rachat d'AstraZeneca par Pfizer afin de s'assurer que les emplois et la recherche scientifiques seront préservés en cas de succès.

Dans la foulée du Parlement, un groupe de scientifiques britanniques a ensuite exhorté le gouvernement à agir pour empêcher l'industrie pharmaceutique du pays d'être absorbée par la vague de concentration mondiale du secteur.

La réputation de Pfizer en Grande-Bretagne est ternie depuis que le groupe a fermé voici trois ans un grand centre de recherche à Sandwich, dans le sud de l'Angleterre, où le Viagra fut inventé, avec la perte de près de 2.000 emplois.

Afin de vaincre les résistances politiques, le directeur général de Pfizer Ian Read a écrit au Premier ministre David Cameron pour lui dire que la création d'un nouveau centre de recherche planifiée par AstraZeneca à Cambridge serait menée à terme.

Ian Read a également assuré qu'un site de fabrication serait conservé à Macclesfield et que 20% des effectifs de la nouvelle entité seraient basés en Grande-Bretagne.

Le gouvernement britannique a dit étudier les assurances apportées par Pfizer.

"La lettre du directeur général de Pfizer est un signe positif", écrivent les services du Premier ministre David Cameron dans un communiqué. "Le gouvernement étudiera ces propositions avec soin pour vérifier si elles apportent suffisamment de garanties sur nos priorités".

Interrogé sur la BBC, David Willetts, ministre des Sciences et des Universités, a déclaré que Londres avait fait pression sur Pfizer pour que le groupe prenne des engagements en matière de préservation des emplois et des facilités de recherche.

"Au bout du compte, la décision appartient aux actionnaires d'AstraZeneca", a-t-il ajouté.

(Kate Holton, Benoit Van Overstraeten pour le service français)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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