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Marché : Allianz défend Pimco, sa filiale américaine déstabilisée

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par Jonathan Gould

MUNICH (Reuters) - Allianz, le premier assureur d'Europe, a pris mercredi la défense de sa filiale américaine de gestion d'actifs Pimco, faute de parvenir à endiguer les retraits de capitaux dont souffre cette dernière.

Le groupe allemand s'est vu reprocher par certains de ses investisseurs une supervision déficiente de Pimco, le premier investisseur obligataire du monde avec près de 2.000 milliards de dollars (1.435 milliards d'euros) d'actifs.

La filiale s'est illustrée ces derniers mois par des rendements décevants (-1,9% en 2013, sa première baisse depuis 1999, selon Morningstar) et le départ de son directeur général, Mohamed El-Erian, en froid avec le cofondateur Bill Gross.

Mais devant l'assemblée générale réunie à Munich, le président du directoire d'Allianz, Michael Diekmann, a appelé les investisseurs à privilégier les perspectives à long terme, soulignant que Pimco avait affiché des rendements supérieurs à ceux de bon nombre de ses rivaux au cours de la majeure partie du dernier quart de siècle.

"Il n'y a vraiment aucune raison de nous soumettre à la question ou d'avoir peur de la fin du monde", a-t-il dit.

Il a ajouté que les clients de Pimco étaient satisfaits de la création par Pimco d'une nouvelle équipe de six directeurs adjoints des investissements chargée d'épauler Bill Gross après le départ de Mohamed El-Erian.

"Les responsabilités au sein de Pimco ont été redistribuées et clairement organisées", a-t-il expliqué. "Elles reposent désormais sur un plus grand nombre d'épaules."

Pimco a enregistré depuis un an 55 milliards de dollars de sorties de capitaux de son fonds vedette, le Pimco Total Return Fund, supervisé par Bill Gross.

Les investisseurs ont aussi retiré près de deux milliards de dollars des fonds de Pimco spécialisés dans la dette des marchés émergents au cours des quatre premiers mois de l'année, les rendements s'étant dégradés après des prises de positions risquées en Russie, au Brésil et au Mexique.

Malgré ces sorties, les actifs sous gestion pour compte de tiers d'Allianz sont restés globalement stables au premier trimestre, mais uniquement grâce à la hausse de leur valeur de marché.

"L'image de Pimco se lézarde, entraînant avec elle le cours de l'action Allianz", a toutefois déclaré lors de l'AG Ingo Speich, gérant de portefeuille d'Union Investment, dixième actionnaire d'Allianz selon les données Thomson Reuters.

L'ACTION ALLIANZ NE BRILLE PLUS

Il a rappelé que le cours de l'assureur avait enregistré depuis le début de l'année une performance inférieure d'environ cinq points de pourcentage à celles de l'indice Stoxx européen du secteur et du Dax de la Bourse de Francfort.

"Qu'allez vous faire pour qu'enfin Pimco ne fasse plus les gros titres pour de mauvaises raisons ? Allez vous vous impliquer davantage à Newport Beach ?", a interrogé Ingo Speich, en référence au siège de Pimco en Californie.

Trois actionnaires importants d'Allianz ont déclaré à Reuters souhaiter voir le groupe allemand remettre en question la nouvelle équipe de direction de six membres chez Pimco et détailler une stratégie à long terme permettant de diversifier la filiale au-delà de l'obligataire, entre autres.

Certains actionnaires considèrent que Bill Gross, surnommé "le roi de l'obligataire" à Wall Street, a eu les coudées trop franches depuis qu'Allianz a racheté Pimco en 2000.

La contribution de la filiale américaine aux profits du groupe a pratiquement quadruplé en dix ans pour atteindre 3,2 milliards d'euros, soit un tiers du bénéfice total. Et aujourd'hui, près des deux tiers des ventes de produits d'investissement d'Allianz sont réalisées en Amérique du Nord.

Le groupe allemand s'était jusqu'à présent peu exprimé sur les performances de Pimco et sur sa direction.

Avant l'AG, Allianz a publié des résultats trimestriels préliminaires marqués par ne légère baisse de son bénéfice net en dépit d'une progression de son activité : le résultat net attribuable aux actionnaires est revenu à 1,64 milliard d'euros contre 1,71 milliard sur les trois premiers mois de 2013.

Le chiffre d'affaires trimestriel a progressé à 34 milliards d'euros, un record dans l'histoire du groupe, contre 32 milliards un an plus tôt.

Les analystes financiers attendaient en moyenne un résultat net de 1,621 milliard d'euros selon les estimations de Thomson Reuters.

L'action Allianz gagnait 0,44% à 11h05 GMT alors que l'indice sectoriel Stoxx était pratiquement stable.

(Thomas Atkins, Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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