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Marché : Alger assure coopérer totalement dans l'enquête sur Tibéhirine

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PARIS (Reuters) - Les Algériens "coopèrent totalement" avec la justice française dans l'enquête sur les moines de Tibéhirine, assassinés durant la guerre civile algérienne en 1996, a assuré le Premier ministre algérien jeudi à Paris.

Abdelmalek Sellal a précisé que le juge algérien invitait les experts français à assister à l'analyse des échantillons prélevés sur les crânes des religieux en octobre dernier lors d'un déplacement du juge d'instruction Marc Trévidic.

Les familles des sept religieux assassinés, dont les corps n'ont jamais été retrouvés, avaient récemment accusé Alger de faire "obstruction" à l'enquête française en refusant de transférer ces prélèvements jugés cruciaux.

"Il y a une excellente coopération", a déclaré jeudi Abdelmalek Sellal lors d'une conférence de presse à Matignon.

"Le juge algérien a lancé une invitation aux experts français pour assister à l'analyse des échantillons, conformément à la procédure", a-t-il ajouté.

"Donc il n'y a strictement aucun problème dans cette affaire en matière d'évolution du dossier."

Patrick Baudouin, avocat des familles des moines, a déclaré accueillir cette déclaration "avec satisfaction."

"Mais j'attends que ça se concrétise dans les faits", a-t-il dit à Reuters, soulignant que le juge français n'avait pas à ce jour reçu d'invitation de la part de son homologue algérien.

Le juge d'instruction chargé de l'enquête en France, Marc Trévidic, a pu se rendre en Algérie du 13 au 17 octobre pour procéder à l'exhumation et à l'autopsie des têtes des moines, après deux reports de son voyage. Mais il n'a pas pu rapatrier les prélèvements recueillis.

Dans une lettre adressée mercredi au chef de l'Etat, Me Patrick Baudouin faisait état de leur "préoccupation" en raison notamment d'un "risque important de dépérissement des preuves".

Il lui demandait de "placer les autorités algériennes en face de leurs obligations juridiques".

Début novembre, Marc Trévidic avait lui-même appelé Paris à faire pression sur Alger pour faciliter le rapatriement en France de ces prélèvements, dont une expertise pourrait, selon Patrick Baudouin, permettre des avancées significatives de l'enquête.

Les corps des moines n'ont jamais été retrouvés, ce qui a alimenté des rumeurs sur la cause de leur mort. Les autorités algériennes affirment que les sept religieux ont été décapités par des islamistes qui les avaient enlevés, une thèse qui a été confortée par une revendication attribuée au Groupe islamique armé (GIA).

(Elizabeth Pineau, avec Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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