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Marché : Alexis Tsipras exclut de prolonger le programme d'aide à Athènes

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par Deepa Babington et Renee Maltezou

ATHENES (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé dimanche que la Grèce n'accepterait pas une prolongation du programme d'aide financière dont elle bénéficie, laissant craindre des tensions lors du sommet prévu jeudi avec les dirigeants de l'Union européenne qui soutiennent cette solution.

S'exprimant devant le parlement pour un discours très attendu, Alexis Tsipras a annoncé une série de mesures sociales afin de panser les plaies provoquées par plusieurs années d'austérité imposée par le FMI et les créanciers européens.

Il s'est dit déterminé à tenir ses engagements électoraux et a promis la distribution gratuite de nourriture et d'électricité pour les foyers deshérités, l'embauche de fonctionnaires illégalement licenciés, un gel de la baisse des retraites, une réforme du code du travail contre les licenciements massifs et un relèvement du salaire minimum à 751 euros par mois.

Le nouveau chef du gouvernement grec s'est dit optimiste sur ses chances de parvenir à un accord avec ses partenaires européens même s'il anticipe des discussions difficiles.

Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, avait déclaré cette semaine qu'Athènes avait jusqu'au 16 février pour demander une prolongation de son programme d'aide, faute de quoi le soutien de la zone euro ne serait plus assuré.

"Le plan de sauvetage a échoué", a-t-il déclaré. "Le nouveau gouvernement n'est pas fondé à demander sa prolongation parce qu'on ne peut pas demander la prolongation d'une erreur".

A la place, Alexis Tsipras souhaite la conclusion d'un nouvel accord avec ses créanciers, accord qui prendrait notamment la forme d'un programme relais valable jusqu'au mois de juin.

Selon lui, la conclusion d'un tel accord qualifié de "New Deal" pourrait intervenir dans les 15 jours dans le respect des règles communautaires et pourrait constituer une solution viable afin de ne pas plonger le pays dans une nouvelle récession.

Le Premier ministre grec a expliqué aux parlementaires que la Grèce avait l'intention d'honorer le service de sa dette mais que l'austérité ne constituait pas une des obligations européennes de son pays.

L'objectif de son gouvernement, a-t-il poursuivi, est de parvenir à un équilibre budgétaire, argument que le nouveau gouvernement fera valoir lors des négociations.

PANSER LES PLAIES DE L'AUSTÉRITÉ

Ce discours était attendu par les dirigeants européens qui montrent peu d'empressement à répondre favorablement aux demandes du nouveau Premier ministre grec craignant d'assister à une remise en cause générale des réformes exigées en échange d'un programme d'aide de 240 milliards d'euros.

Rappelant que ce programme mis au point par le FMI et l'Union européenne avait été suspendu en raison de son échec, Alexis Tsipras a promis que les premières mesures de son gouvernement viseraient à panser les blessures sociales provoquées par l'austérité menée depuis cinq ans.

"La première priorité de ce gouvernement va être de s'attaquer aux grandes blessures du plan d'aide, de s'attaquer à la crise humanitaire comme nous avons promis de le faire avant les élections", a-t-il dit.

Plusieurs milliers de foyers bénéficieront de dons de nourriture et d'une gratuité de l'électricité, a-t-il ajouté, tandis que les fonctionnaires licenciés illégalement seront à nouveau engagés dans l'administration.

Affirmant être déterminé à porter le salaire minimum à 751 euros par mois, le Premier ministre grec a également annoncé qu'il n'y aurait plus de baisses des retraites et que le code du travail serait réformé pour encadrer les licenciements collectifs. La taxe immobilière sera supprimée et remplacée par une taxe sur les résidences les plus chères.

DU TEMPS POUR NÉGOCIER

Pour réduire les dépenses publiques, il a proposé une limitation du train de vie des ministres et des parlementaires, avec la suppression des voitures de fonction et la vente d'un avion mis à disposition du chef du gouvernement.

Ses principaux combats, a-t-il dit, concerneront la lutte contre la corruption dans la passation de marchés publics et la lutte contre l'évasion fiscale.

S'exprimant peu avant l'allocution du Premier ministre, le ministre des Finances Yanis Varoufakis a dit que la Grèce entendait renégocier le remboursement de sa dette et qu'une sortie de la zone euro signerait la fin de la monnaie commune.

Au cours de la semaine passée, les dirigeants grecs ont détaillé ce qu'ils considèrent comme une étape de transition afin de garantir les finances publiques pendant les prochains mois, le temps de négocier un accord sur la dette.

Plutôt que de récupérer la nouvelle tranche d'aide de 7,2 milliards d'euros actuellement soumise à une évaluation suspensive, le gouvernement grec souhaite pouvoir émettre des obligations à court terme au-delà du plafond de 15 milliards d'euros en vigueur.

Il souhaite également le versement de 1,9 milliard d'euros de bénéfices au titre des obligations détenues par la Banque centrale européenne et par d'autres institutions de la zone euro.

En l'état actuel des choses, le programme d'aide à la Grèce expire le 28 février. Sans ce dispositif, le pays ne bénéficiera plus d'assistance financière du FMI et de la zone euro. Et l'espoir qu'il puisse se financer seul sur les marchés est mince.

(Pierre Sérisier pour le service français)

Copyright © 2015 Thomson Reuters

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