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Marché : Madrid sonne l'alerte avant le sommet européen

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par Julien Toyer

MADRID (Reuters) - L'Espagne est déterminée à conserver un accès au marché pour refinancer sa dette et va appeler ses partenaires du sommet européen à utiliser les instruments existants pour stabiliser les marchés financiers, a déclaré mercredi le président du gouvernement Mariano Rajoy.

Alors que les quatre plus grandes économies de la zone euro - Allemagne, France, Italie et Espagne - peinent à estomper leurs désaccords sur les moyens de juguler la crise de la dette, Mariano Rajoy s'est également dit déterminé à se battre pour que l'UE accorde aux banques espagnoles une aide directe et non par l'intermédiaire de l'Etat.

Lors d'un discours au Parlement avant son déplacement jeudi et vendredi à Bruxelles, il a rappelé que l'Espagne ne pourrait pas continuer longtemps à refinancer sa dette sur les marchés aux taux d'intérêt actuels.

Le rendement des obligations souveraines espagnoles à dix ans frôle ces dernières semaines le seuil des 7% au-delà duquel la Grèce, l'Irlande et le Portugal ont dû solliciter un plan d'aide international. Une adjudication de dette à court terme mardi a également débouché sur une forte hausse des rendements.

"Je vais proposer des mesures pour stabiliser les marchés financiers en utilisant les instruments dont nous disposons actuellement", a déclaré Mariano Rajoy en référence aux outils de politique monétaire de la Banque centrale européenne comme les rachats d'obligations souveraines et les opérations de refinancement à long terme (LTRO).

Les LTRO à trois ans menées par la BCE en décembre et février ont permis d'injecter plus de mille milliards d'euros dans le système financier de la zone euro et d'atténuer au moins temporairement l'impact de la crise de la dette.

Toutefois, la BCE n'a fourni récemment aucune indication de son intention de recourir à nouveau à ces outils, appelant au contraire les gouvernements à assumer leurs responsabilités pour résoudre la crise.

UN AXE MADRID-BERLIN ?

Soucieux d'éviter que la recapitalisation des banques ne pèse directement sur la dette publique, Mariano Rajoy a déclaré qu'il demanderait à ses partenaires européens que l'aide officiellement sollicitée lundi par Madrid soit versée directement aux banques.

Il a ajouté qu'il insisterait pour que le Mécanisme européen de stabilité (MES) ne se voit pas accorder le statut de créancier préférentiel.

Cela permettrait de rassurer les investisseurs qui rechignent à acheter de la dette espagnole sur les marchés de peur de passer après les fonds de sauvetage européens en cas de défaut de paiement de l'Espagne.

"Je vais continuer à oeuvrer pour obtenir une recapitalisation directe des banques et faire en sorte que l'aide européenne n'annule pas les droits des autres détenteurs de dette publique", a souligné le chef du gouvernement espagnol.

Cette question sera au menu du sommet européen, a assuré de son côté le ministre de l'Economie Luis de Guindos.

L'Espagne pourrait bénéficier sur ce terrain du soutien de l'Allemagne, qui semble disposée à accepter une utilisation plus souple des fonds de sauvetage européens pour rassurer les investisseurs.

En parlant d'utiliser les "instruments existants" de l'UE pour stabiliser les marchés, Mariano Rajoy semble en retour implicitement appuyer Berlin dans son hostilité à la création d'euro-obligations, proposées par le président François Hollande et le président du Conseil italien Mario Monti.

La chancelière allemande Angela Merkel a répété mardi qu'elle ne voulait pas en entendre parler.

L'Espagne a par ailleurs indiqué mercredi étudier "toutes les options suggérées par l'Union européenne" pour réduire son déficit budgétaire et être sur le point de prendre une décision.

Le secrétaire à l'Administration publique, Antonio Beteta, n'a pas fourni de détails sur ces options lors d'une conférence de presse.

Le ministère du Trésor a précisé peu après dans un communiqué qu'une baisse des salaires des fonctionnaires n'était pas à l'ordre du jour.

"Le secrétaire dément avoir dit qu'une réduction des traitements de la fonction publique était à l'étude, contraitement à ce qui a été publié par diverses agences de presse, qui ont mal interprété ses propos", explique le ministère dans un communiqué.

Avec Andres Gonzalez, Tangi Salaün pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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