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Marché : Madrid durcit son plan d'austérité sous la pression de l'ue

Madrid durcit son plan d'austérité sous la pression de l'ueMadrid durcit son plan d'austérité sous la pression de l'ue

par Andrés González et Tracy Rucinski

MADRID (Reuters) - Le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a annoncé mercredi un vaste plan d'augmentation des prélèvements obligatoires et de diminution des dépenses publiques destiné à réduire le déficit de l'Etat de 65 milliards d'euros en deux ans et demi.

Dans un discours aux Cortes, interrompu par les railleries et les huées de l'opposition, il a annoncé une hausse de trois points de la TVA, à 21%, dès le 1er août selon une source, et présenté les grandes lignes d'un plan de réduction des indemnités de chômage, ainsi que des traitements et avantages de la fonction publique.

"Ces mesures ne sont pas agréables mais elles sont nécessaires. Nos dépenses publiques dépassent nos ressources de plusieurs dizaines de milliards d'euros", a-t-il déclaré.

Il a également annoncé de nouvelles taxes sur l'énergie, des projets de privatisation des infrastructures portuaires, aéroportuaires et ferroviaires et la suppression d'avantages fiscaux dans le secteur immobilier que son parti - le Parti populaire (PP) - avait rétabli en décembre dernier.

Il n'a cependant pas touché aux retraites - conformément à ses engagements électoraux - et a souligné que ces mesures visaient à transférer la charge fiscale de l'impôt direct sur le travail et le revenu vers l'impôt indirect sur la consommation.

L'Espagne, dont l'économie est en récession - avec un taux de chômage record à 24,4% - voit ses recettes fiscales baisser dangereusement, ce qui compromet la réalisation des objectifs de réduction de son déficit convenus avec l'Union européenne (UE).

Les ministres des Finances de l'UE ont accordé mardi à Madrid un an de plus, soit jusqu'en 2014, pour ramener son déficit à 3% du produit intérieur brut (PIB).

Pour cette année, l'objectif a été assoupli à 6,3% du PIB, mais même ce taux révisé semble difficile à atteindre.

Pendant ce temps, dans les rues de Madrid, des centaines de mineurs manifestaient contre la baisse des subventions à l'exploitation minière, dans un contexte de montée en puissance du mécontentement de la population contre les mesures d'austérité.

BUDGET REMANIÉ DU TOUT AU TOUT

Le niveau élevé du déficit et les difficultés des banques espagnoles, qui pourront recevoir jusqu'à 100 milliards d'euros d'aide européenne, sont au coeur de la crise de la dette en zone euro, avec la crainte que Madrid ne soit acculé à demander un plan de sauvetage, comme la Grèce, le Portugal et l'Irlande.

Le coût des emprunts d'Etat espagnols s'est envolé au cours des derniers mois, le rendement de l'obligation souveraine à 10 ans ayant franchi la barre des 7% considérée comme intenable à long terme. Mercredi, ce taux était retombé à 6,81%.

Avec ces mesures, Mariano Rajoy a totalement remanié son précédent projet de budget, suivant lequel le gouvernement central et 17 régions autonomes avaient mis en place un plan d'économies de 48 milliards d'euros pour 2012, insuffisant pour ramener le déficit en ligne avec les objectifs fixés.

Le président du gouvernement a également annoncé des réformes dans les administrations municipales, la fermeture de certaines entreprises publiques, ainsi que des coupes dans les dépenses budgétaires destinées aux partis politiques et aux syndicats.

Rajoy, qui s'était engagé lors de sa campagne électorale de 2011 à ne pas augmenter la TVA, a déclaré qu'il n'avait pas le choix.

Le taux de base de la taxe sur la valeur ajoutée a été relevé de 18 à 21% et le taux réduit de 8% à 10%, une mesure qui pourrait venir peser encore davantage sur la consommation.

"Nous vivons actuellement un moment crucial, qui déterminera l'avenir de nos familles, de notre jeunesse, de notre système de sécurité sociale et de toutes nos aspirations", a-t-il déclaré au Parlement. "Voilà la réalité. Il faut nous sortir de ce bourbier et nous devons le faire le plus rapidement possible."

Dans un contexte où le quart de la population et la moitié des jeunes sont au chômage, le gouvernement a également annoncé que les indemnités de chômage allaient être ramenées de 60% à 50% au-delà des six premiers mois. Mariano Rajoy a dit que ces mesures visaient à inciter au retour sur le marché du travail.

La Commission européenne a salué ce plan d'austérité , soulignant qu'il aiderait le pays à atteindre ses objectifs en matière de réduction des déficits budgétaires.

Marc Angrand et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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