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Marché : Madrid devrait demander l'aide pour ses banques d'ici lundi

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par Julien Toyer et Jan Strupczewski

LUXEMBOURG/MADRID (Reuters) - L'Espagne devrait officiellement solliciter d'ici lundi une aide européenne pour recapitaliser ses banques en difficulté, dont les besoins pourraient s'élever jusqu'à 62 milliards d'euros, selon deux audits indépendants rendus publics jeudi.

A l'issue d'une réunion jeudi soir à Luxembourg des 17 ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, a précisé que l'aide à l'Espagne devrait être initialement fournie par le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Ce prêt sera ensuite repris par le Mécanisme européen de stabilité (MES), structure permanente censée devenir opérationnelle à partir du 9 juillet.

"L'aide financière sera fournie par le FESF jusqu'à ce que le MES puisse être utilisé et elle sera ensuite transférée au MES", a dit Jean-Claude Juncker.

"Nous nous attendons à ce que les autorités espagnoles déposent une demande formelle d'assistance financière d'ici lundi prochain", a ajouté le ministre luxembourgeois.

Cette solution devrait permettre de dissiper une crainte des investisseurs privés: le MES serait un créancier remboursé prioritairement en cas de faillite de l'Espagne, ce qui n'est pas le cas si l'argent provient du FESF.

La demande d'aide formelle devrait être déposée auprès de la zone euro d'ici quelques jours, a précisé le ministre de l'Economie espagnol, Luis de Guindos.

MARGE DE MANOEUVRE

Les ministres des Finances de la zone euro se sont entendus début juin sur le principe d'une aide pouvant atteindre 100 milliards d'euros pour permettre à l'Espagne de recapitaliser son secteur bancaire, fragilisé par l'explosion de la bulle immobilière et la récession économique.

Ce montant maximal laisse une forte marge de manoeuvre, a jugé la Banque d'Espagne, d'autant que, selon elle, les trois principaux établissements du pays (Banco Santander, BBVA et Caixabank) n'ont pas besoin de capitaux supplémentaires dans le cadre d'un scénario de crise.

On ignore encore le montant exact que va réclamer l'Espagne, qui ne veut officiellement pas entendre parler d'une aide directe pour ses finances publiques, contrairement au scénario auquel ont dû se résoudre successivement la Grèce, l'Irlande et le Portugal.

Beaucoup d'intervenants sur les marchés jugent cependant qu'un tel soutien extérieur aux finances publiques espagnoles interviendra tôt ou tard.

Ces doutes ont contribué jeudi à tendre encore les rendements de la dette du pays, contraignant le Trésor madrilène à servir des taux d'intérêt sans précédent depuis 1997 (6,072%)pour emprunter moins d'un milliard d'euros à cinq ans.

Selon le résultat des audits effectués par les cabinets Roland Berger et Olivier Wyman, les banques espagnoles auraient besoin de 51 à 62 milliards d'euros de capitaux supplémentaires pour faire face à une nouvelle grave dégradation de la situation économique et à de nouvelles pertes dans leurs livres de comptes.

Cette estimation est fondée sur un scénario économique fixant un seuil de ratio de fonds propres durs à 6% au cas où le produit intérieur brut (PIB) se contracterait de 4,1% cette année et de 2,1% l'année prochaine.

LE FMI RÉCLAME UNE ACTION ÉNERGIQUE

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une contraction de 1,7% en 2012 et de 0,3% en 2013.

Madrid préfère restructurer plutôt que de fermer des banques en difficulté.

De l'avis du commissaire européen à la Concurrence, Joaquin Almunia, l'Espagne pourrait toutefois devoir se résoudre à abandonner l'une de ses banques récemment renflouées si le coût d'un sauvetage se révélait trop élevé pour les contribuables.

Les dirigeants de l'Union européenne se réuniront en sommet les 28 et 29 juin à Bruxelles pour discuter de solutions à long terme pour tenter de résoudre enfin la crise de la dette dans la zone euro. L'objectif est de consolider les fondations de la zone euro avec une union bancaire et une plus grande intégration budgétaire.

La chancelière allemande Angela Merkel, le président français François Hollande, le président du Conseil italien Mario Monti et le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy doivent se retrouver ce vendredi à Rome pour préparer ce sommet.

Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a invité jeudi les dirigeants européens à "progresser de manière déterminée et énergique vers une union monétaire complète".

Benoit Van Overstraeten, Nicolas Delame et Bertrand Boucey pour le service français

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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